« On enterre une femme à deux heures, et à onze heures et demie le mari est dans la cuisine, devant miroir fendu, accroché au-dessus de l’évier. » L’incipit du chef-d’œuvre de Stig Dagerman, qui date de 1948, commence par ces mots. C’est une mère qui est morte en laissant un mari et un fils de vingt ans. Il est peut-être trop tard pour savoir qui elle était, mais son absence prendra un poids que sa présence n’avait pas su porter. Entre le père et le fils, c’est-à-dire le veuf et l’orphelin de mère, naîtront à tour de rôle la peur, la tendresse, une suspicion mutuelle, la jalousie, la haine et l’amour puisque la frontière entre ces dernières n’est qu’un amalgame de petites nuances du moment.
Divisé en dix-sept chapitres, « L’enfant brûlé » nous entraîne dans les méandres d’une histoire qui porte littéralement la cicatrice d’une brûlure. Mais aussi, ce livre élève lecteur vers la subtilité d’un souvenir qui va jusqu’à altérer le quotidien d’une famille. L’enfant est brûlé physiquement par une chandelle qui symbolise l’absente lors du repas de funérailles. Et moralement brûlé, il est consumé par son chagrin. Mais à travers ses larmes il voit, observe, comprend. Malgré sa douleur il trouve de la beauté solennelle.






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