En guise de dédicace au préambule de « Fêlures », le poète fait appel à une histoire esquissée. Dans les années 30 sur l’île jouxtant la Corse, la Sardaigne, son grand-père Umberto Angei qui se voit accuser à tort, reconnaît l’auteur, est condamné à six ans de prison. A la veille de sa libération, il est mort dans sa cellule, à cause d’un empoissonnement alimentaire. C'est la version officielle. Traquée par cette injustice tout au long de sa vie, dans ses pensées abstraites, le soir, l’auteur de « Fêlures » entend son aïeul chanter. Il le précise : « Oh pas vraiment, mais il me plait d’imaginer qu’a travers moi il vit toujours et qu’il me glisse ses vers quand mes nuits je rêve. » A ce grand-père, cette ombre effilée qui revient dans ses songes, le poète rend les poèmes de ce premier recueil.
« Fêlures » est un acte nocturne et solennel qu’on ne saurait mettre en lambeaux à partir des termes techniques. Souvenir, simplicité et sensibilité élèvent le recueil vers une sagesse qui peut servir de terreau aux futures visions. C’est aussi une quête, une marche de poète qui impose le respect et la gravité. Comme le disait la philosophe contemporaine Pascale Seys, « Le sublime jaillit du conflit qui oppose, dans notre âme, l’imagination à la raison et si le sublime impose la gravité et le respect, c’est parce qu’il dialogue avec l’infini. »





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