L’Etat garant de la bonne marche de la République. J’interpelle le chef de l’Etat face à la situation inacceptable que confronte cette institution républicaine qu’est le Palais de Justice de Port-au- Prince, le symbole du temple de Thémis. Elle fut dans le temps le porte-étendard de la lumière du droit à égal accès pour toutes et tous. L’espace auquel on se réfère quand on veut entendre une parole de liberté et de justice. Les étudiants en droit, les citoyens de tout rang et grade ont défilé à ce haut lieu pour assister à des plaidoiries hors normes des années durant. Ils se rappellent sûrement des avocats comme Newton CHARLES, Théodore ARCHILE, Justin O. FIEVRE, Napoléon AUBOURG, François Nicolas LEGER, Constantin MAYARD-PAUL, Gérard GOURGUE, Jean VANDAL, Mireille Durocher BERTIN et j’en passe.
Ce pilier de la démocratie est au point mort. Le temple de Thémis de la capitale de la première république noire n’a pu se relever dix ans après le séisme dévastateur du 12 janvier 2010. Notant que ce séisme a détruit toutes les institutions qui symbolisent l’autorité de l’Etat. Toutes ont disparu en moins d’une minute. Mais depuis, les soi-disant autorités n’ont rien fait pour doter le pays de bâtiments publics dignes de son rang. Elles oublient que la justice constitue le rempart contre toutes les mauvaises aventures. Elles préfèrent livrer le grand boulevard qui mène à ce bâtiment logeant provisoirement le Palais de Justice de la capitale aux gangs armés, au vu et au su de tous. Personne n’a pipé mot face à ce spectacle de la honte, sachant que la peur diminue l’écoute. Bref, le personnel judiciaire est en proie à une situation de détresse au quotidien.Certains gangs développent une synergie avec les autorités pour faire disparaître tout ce qui est justice et droit en Haïti, fondant ainsi sur les dépouilles dans une nouvelle "république bananière".
Depuis trois ans, on fait semblant que quelque chose fonctionne au Palais de Justice de Port-au-Prince, pourtant rien ne marche véritablement. Nous sommes tous des lâches, on préfère dénoncer tout bas. Les politiques et les citoyens ne doivent pas être hypocrites envers leur pays. La notion de citoyenneté est presque vidée de son sens réel. Seuls les gangs armés coordonnent le destin du peuple en matière de justice au Bicentenaire. Ce sont eux qui décident quand les audiences doivent se tenir à la rue qui mène au grand boulevard du président Dumarsais Estimé (construit pour la commémoration de notre Bicentenaire de l’Indépendance). Moi, j’ai vu des commissaires, avocats, juges, policiers, greffiers, huissiers, justiciables qui se sont logés à même le sol sous les balles des bandits du Village-de-Dieu au cours de la période dite “Pays lock” à maintes reprises au Palais de Justice de Port-au-Prince. A l’aube de cette année 2020, la situation devient pire qu’auparavant, puisqu’on constate une délocalisation des principales institutions de l’Etat vers d’autres lieux de la capitale. (La Primature, le Parlement, l’EDH, Le BMPAD…) Il suffit tout simplement aussi de constater le dysfonctionnement total de la Cour d’Appel de Port-au- Prince à cause de l’inélégance de certains membres des trois pouvoirs de l’Etat et vous comprendrez l’état d’esprit de nos dirigeants.





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