EmploiAnnonces
Le Nouvelliste
S'identifier
  • À la une
  • À la minute
  • Culture
  • Economie
  • Editorial
  • International
  • Les remous de l'actualité
  • National
  • Opinions
  • Sport
  • Ticket Mag
Le Nouvelliste

© Le Nouvelliste 2026

Les sections du site

CultureEconomieÉditorialNational
OpinionsSociétéSportTicket

Les services

L'applicationContactez nousDeuilsPetites annonces
Annonces immobilièresToutes nos archivesRSS

Groupe Le Nouvelliste

Magik9Printemps de l'artTélé 20
Livres en folieArtisanat en fête
FacebookInstagramTwitterYoutube
Conditions générales d'utilisationPolitique de confidentialitéConditions générales d'abonnementSuppression de compte
FR|EN
Opinions

Coronavirus: la décentralisation à  l'épreuve

GC
Guison CELESTIN Licencié en science du développement Mémorand en Travail Social

June 9, 2020 · Lecture : 5 min

🇫🇷Lire en français
Suivre sur Google Actualités

La Covid-19 met presque toutes les grandes administrations à genoux. Les administrations occidentales se questionnent sur la vitesse de propagation de la maladie mais surtout sur son développement chez des personnes qu’on croyait au départ exemptes telles les enfants et les jeunes. En Haïti,  la pandémie prend sa vitesse de croisière de façon spectaculaire avec 204 nouveaux cas testés positifs en date du 7 juin 2020 et trois (3) décès. Ce qui porte à 3 538 cas au total dont 54 décès. Le taux de létalité oscille entre 1,5% globalement. Il est un fait que le pays ne fait pas assez de test, ce qui porte à croire que le nombre de personnes positif à la Covid-19 qui circule en toute liberté dans les 10 départements géographiques du pays est largement supérieur au chiffre officiel communiqué par le Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP). Depuis le 19 mars, date où Haïti a officiellement enregistré ses deux premiers cas, des voix se sont élevées pour exiger une meilleure gestion de la pandémie. Cette meilleure gestion passe par une meilleure communication et l’implication des acteurs incontournables dans la chaine de réponse. Jusqu’à présent, ces appels se sont révélés vains si l’on regarde le comportement des citoyennes et citoyens dans les espaces publics et la sortie de plusieurs responsables de collectivités territoriales tels des maires, des membres de CASEC (Conseil d’Administration de la Section Communale) et d’ASEC (Assemblée de la Section Communale). Rappelons que ces entités (Municipalité, CASEC, ASEC) sont des entités de proximité. Dans une gouvernance de proximité et si on veut donner des résultats plus ou moins satisfaisants ne serait-ce que dans le cas de la Covid-19, elles ne doivent en aucun cas être à l’écart. 

Quels devraient être  le rôle des collectivités territoriales dans la gestion de la Covid-19 ?

Il est important de se référer au cadre légal des Collectivités territoriales en Haïti.  La Constitution de 1987 reconnait trois niveaux de décentralisation dans le pays que sont la section communale, la commune et le département (Titre V, Articles 61 et suivants) [1]. Selon Oriol et al. [2] les collectivités territoriales devraient permettre un réaménagement des pouvoirs et des responsabilités pour une meilleure gestion de l'espace national ; un rapprochement des citoyens des centres de décision ; une valorisation de l'autorité des responsables locaux. Globalement, comme Etat unitaire, les autorités centrales devraient mettre à la disposition des autorités locales des moyens efficaces pour s'acquitter de leurs tâches.

300 × 250

Il est un fait indéniable que le message des autorités de proximité a de plus de chance d’atteindre sa cible et de provoquer le changement souhaité que si le message provient d’une autorité ou de quelques autres personnes géographiquement ou institutionnellement plus loin de la communauté.  Ainsi, dans la gestion de la covid-19, les collectivités territoriales devaient être en première ligne en ce qui a trait à la sensibilisation de la population sur les mesures de prévention et le comportement à adopter face aux personnes touchées par la pandémie. Près de trois mois après l’apparition de la covid-19, les autorités centrales peinent à trouver la bonne formule pour faire comprendre à la population que l’installation d’un centre de prise en charge des personnes infectées ne représente pas de danger pour elle. Les acteurs des collectivités territoriales se plaignent comme tout le monde de manque de moyens et de l’ignorance sur ce qui se fait dans les communautés où ils assurent la « gouvernance ».

Si les collectivités territoriales étaient véritablement reconnues comme telles, elles devraient être les premières à identifier les espaces où on pourrait installer des centres de prise en charge. Vu que l’état d’urgence est décrété et la situation socioéconomique précaire d’une bonne partie de la population, dans un Etat démocratique qui respecte ses citoyens, des interventions devraient être faites en termes de distribution des kits alimentaires, sanitaires et autres. Ce serait aux collectivités territoriales d’indiquer où se trouve les personnes à risques et apporter l’assistance par ordre de priorité/vulnérabilité. Elles devraient avoir des données à jour sur le nombre de familles, leurs adresses, la composition moyenne de chaque famille et toute autre information pertinente qui faciliterait une meilleure intervention. Des arrêtés communaux par exemple, découlant des mesures du gouvernement central mais adaptés à la réalité locale, devraient être pris par les Mairies pour protéger la population et controler la propagation de la pandémie.

Qu’est-ce qui empêche aux collectivités territoriales d’avoir un centre de ressources communautaires où on a les informations sur les ressources (humaines, matérielles, financières …) locales qu’on peut utiliser en cas de pandémie ou dans n’importe quelle autre situation ?

D’un autre registre, est-ce que les autorités centrales veulent vraiment que les collectivités soient autonomes ? L’article 64 de la constitution fait obligation à l’Etat d’établir au niveau de chaque section communale les structures propres à la formation sociale, économique, civique et culturelle de sa population. Combien de Sections communales aujourd’hui qui sont dotées de telles structures ?

Au moins quatre conditions doivent être réunies pour parler de collectivités territoriales [3]. D’abord, la reconnaissance d'une personnalité juridique distincte de celle de l'Etat et l'existence d'affaires locales à la charge de la collectivité ; ensuite la désignation des autorités locales dans la localité et par la collectivité locale elle-même ; puis le contrôle de l'Etat, sur les actes et sur les personnes des autorités locales ; et finalement la disposition de moyens suffisants permettant à la collectivité de réaliser ses activités. En fonction de ce qui précède, peut-on conclure que les collectivités territoriales constituent un projet en Haïti ?

Tout compte fait, 33 ans après le avoir choisi la décentralisation comme stratégie de gouvernance, on n’a ni une décentralisation par services où  des organismes publics spécialisées devaient être créés ni une décentralisation géographique où des collectivités locales devaient être créées et fonctionnelles. La covid-19 est un fait en plus mais de trop qui montre que des collectivités territoriales fonctionnelles sont une nécessité en Haïti. Que les actrices/acteurs s’en rendent comptent et s’y engagent.

Références bibliographiques

[1]  Constitution de la République d’Haïti de 1987

[2] DORNER, Véronique. La Décentralisation en Haïti, Bulletin de l'APAD [En ligne], 1998 mis en ligne le 20 décembre 2006, consulté le 29 mai 2020. URL http://journals.openedition.org/apad/565  

[3] OUÉDRAOGO, Sayouba. Décentralisation, Développement local et EESS, document de cours.

Guison CELESTIN

Licencié en science du développement

Mémorand en Travail Social

Faculté des Sciences Humaines

Université d’Etat d’Haïti.

celestinguison@gmail.com

Suivez-nous sur WhatsApp

Lire aussi

Opinions5 novembre 2026

C’est maintenant ou jamais : Haïti ne peut plus se permettre de rater ce moment historique

Opinions5 novembre 2026

Haïti : jusqu'à quand normaliserons-nous l'inacceptable ?

Opinions5 novembre 2026

Raciste, moi ? Autopsie d’un déni

Opinions5 novembre 2026

Cinq milliards de dollars sous surveillance : le regard menaçant du GAFI sur l'économie haïtienne

Commentaires

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.

Les commentaires sont modérés avant publication. Votre e-mail n'est pas publié.