En raison du rôle que joue l’économie dominicaine dans la région depuis une vingtaine d’années, l’investiture du nouveau chef d’Etat de ce pays est considéré comme un événement. La presse de la région ne saurait passer sous silence la cérémonie d’investiture du président du pays le plus avancé de la Caraïbe. En Haïti, c’est la première fois qu’il y avait autant de médias à s’intéresser à l’investiture d’un président dominicain. Il en est de même pour les internautes haïtiens. De  1996 à 2020, la République dominicaine a tenu le flambeau de la stabilité politique en organisant des élections tous les quatre ans. Cette stabilité politique a permis au pays de Juan Bosch de devenir la première destination touristique de la Caraïbe. Ce n’est pas sans raison que l’Organisation mondiale du tourisme classe ce pays au premier rang en termes d'arrivées, de recettes en devises et d'offre hôtelière de classe mondiale. Entre 2012 et 2020, la présidence dominicaine via son site web officiel informe que plus de 46,9 millions de touristes ont séjourné dans la république voisine.

Depuis plus d’une dizaine d’années, à chaque grand événement qui se produit en République dominicaine le sous-développement d’Haïti est passé en revue par les grands médias occidentaux. Pourquoi notre pays  s’effondre-t-il ? Les déclarations de Luis Abinader sur Haïti, depuis son élection à la présidence de la République dominicaine le mois dernier, ont poussé certains hommes d’affaires haïtiens à prendre position sur les relations haïtiano-dominicaines. Wilhelm Lemke et Claude Bernard Craan, respectivement présidents de l’Association des Industries d’Haïti (ADIH) et de la Chambre de Commerce et d’Industrie d’Haïti (CCIH), estiment que le président dominicain est réaliste et que les relations commerciales entre les deux pays doivent être équilibrées. Les points de vue de ces deux hommes d’affaires haïtiens sur le déséquilibre des relations commerciales entre les deux pays se partageant l’île Hispaniola sont commentés quotidiennement par les observateurs dans les médias et sur les réseaux sociaux. La grande question demeure qui va donner le signal ?