Les avocats de barreaux de plusieurs juridictions judiciaires ont marché, hier jeudi, dans les rues de leurs villes respectives pour dénoncer l’assassinat du bâtonnier de Port-au-Prince, Monferrier Dorval, et exiger que les auteurs et complices de ce crime odieux soient arrêtés et traduits en justice. Ce crime, qui a soulevé l’indignation de toutes les couches de la société, a également défrayé la chronique dans les Antilles françaises, en Afrique, en Europe et dans d’autres régions du monde ayant le français en partage. Si les membres de la basoche n’ont pas pointé du doigt le gouvernement dans ce crime, le refus du Conseil de l’Ordre d’accepter toutes formes d’hommage provenant des autorités de Port-au-Prince exprime la méfiance des hommes de loi vis-à-vis des officiels de l’Etat.

Gardant en mémoire la pratique de l’enquête se poursuit en Haïti, les observateurs, les membres de différents barreaux suivent de près l’évolution de cette enquête qui doit nécessairement aboutir à l’arrestation et au jugement des assassins de cette personnalité qui a marqué son temps. Déjà des voix s’élèvent contre la désinvolture des autorités gouvernementales et policières qui, après le constat légal, ont banalisé la scène du crime. Une patrouille policière, qui devait sécuriser le périmètre du domicile de Me Dorval, s'est écartée de la scène du crime. Cette patrouille avait-elle reçu l’ordre de sécuriser la scène du crime jusqu’à ce qu’une autre patrouille assure la relève ? Après le constat légal, quel suivi les autorités policières avaient-elles fait pour s’assurer que la patrouille soit véritablement sur les lieux ?