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Opinions

En pleine pagaille

LN
Le Nouvelliste

October 14, 2020 · Lecture : 3 min

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Par : Robert Paret Sr.

On aura tant dit de la mort de Me Monferrier Dorval, qu'il serait superflu  d’en ajouter mot.De cet homme intègre, compétent et entreprenant, on retiendra, surtout,l'enthousiasme  à vouloir toujours s'impliquer dans les Affaires de son pays. Qu'il s'agisse de réformes à entreprendre au sein de certaines de  nos institutions, de modifications à porter à quelques lois régissant le fonctionnement de l’État, il se sentait toujours concerné.Pour cause, il nous a laissé des réflexions et des enseignements qui seront, à n'en point douter, très utiles et profitables au pays.De part sa vie exemplaire, sa rectitude professionnelle, son comportement citoyen, Me. Monferrier Dorval mérite une place d'honneur dans la Galerie de nos grands patriotes. Que son âme repose en paix !

De nos jours,au-delà de cetragique et douloureux évènement qui endeuille les proches de cet éminent juriste, le miroir de nos illusions nous renvoie l'image d'une société en pleine dégénérescence. Pire …en plein désarroi.

300 × 250

En Haïti, s'il y a un point qui fait l’unanimité c'est l’évidence de vivre dans un pays enlambeaux.Nos institutions sont bancales.Nos infrastructures en mauvais état. Nos établissements de santé publique ainsi que notre système d’éducation scolaire et universitaire sont déficients.Notre environnement est dégradé jusqu'aux os. Notre économie est désarticulée et instable. La corruption gangrène une grande partie de la société.Nous vivons dans un climat d'insécurité perpétuelle qui stresse et affole la population. C’est cette situation d’anarchie endémique qui a provoqué récemment l’assassinat de Me.Dorval, ainsi que celuidu jeune étudiant Grégory Saint-Hilaire. Dans de pareilles circonstances on comprendra pourquoi on assimile Haïti à un bateau qui vogue  sur des eaux tumultueuses, sans gouvernail.

De mémoire d’Haïtien, jamais le pays n'a connu un tel état de délabrementet n'a souffert d'un tel désaveu, voire d'un tel dédain de la communauté internationale. Nous sommes devenus les pestiférés de la Caraïbe.

Déjà en 1983, le Pape Jean Paul II, lors de sa visite en Haïti,  avait lancé un cri d’alarme au constat des violations des droits humains et de la situation précaire du peuple haïtien: « Il faut que quelque chose change en Haïti»avait-il dit. Après la chute de la dictature des Duvalier, iln'en a résulté que la résurgence d'une parole qui, jadis,était cachée sous le boisseau. Une parole qui, malgré sa hardiesse et la justesse des revendications qu'elle charriait,  restait  sourdreaux décideurs d'État.

Face à cette catastrophe, il convient de conjurer ce mal qui ravage le pays. Il importe de chasser les vieux démons autocratiques qui ont toujours hanté notre parcours de peuple, afin de sonner l'hallali autour d'un projet national qui rassure, redonne confiance à toute la population, dans une démocratie qui remplace la pagaille par la sérénité.Il  faudrait de toute urgence finir avec l’ignorance et l’incompétence, surtout au niveau de nos gouvernants.

La misère du peuple haïtien n'a que trop duré. Il ne mérite pas une telle affliction. La clameur de sa colère est si véhémente qu'elle couvre tout le territoire et bien au-delà, en prenant l'allure d'une mise-en-garde lancée à tous ceux qui feignent d'ignorer ses frustrations et le bien-fondé de ses doléances.

A bon entendeur,salut !

Le pays a soif de paix et de progrès.

Robert Paret Sr.

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