Des fleurs, des bougies, des ballons de baudruche blancs ornent un portrait d’Evelyne Sincère, souriante et pleine de vie, dans son uniforme d’école. Ce vendredi matin, 6 novembre 2020, ce site de décharge, perché entre Delmas 24 et Nazon, lieu où le corps sans vie et bafoué de cette jeune fille de 22 ans a été retrouvé, se transforme en mémorial. « Fò rezistans ». Pour dire qu’on s’en souvient. Artistes, jeunes et citoyens lambda s’en souviennent. Ils sont tous là, sous ce soleil ardent, pour rendre hommage à cette ancienne élève de classe terminale dont la vie a été cruellement volée. Pour Evelyne Sincère, pour nous autres aussi.

« Ici on a souvent tendance à penser qu’on ne devrait pas se sentir concerné par un crime ne touchant pas directement un proche de sa famille ou une connaissance. Toutefois, si en tant que jeunes, on ne se mobilise pas pour pousser l’État à embrasser ses responsabilités et à garantir la sécurité à tout le monde, on n’a qu’à patienter jusqu’à notre tour. Aujourd’hui, il est question d’Evelyne. Elle a été séquestrée dans ces conditions, puis tuée. Demain, ce sera probablement un de nos proches, une sœur, ou une connaissance », a expliqué Christopher Philémon, a.k.a San Cristobal, t-shirt noir autour de la tête. Il était le premier à lancer l’appel sur les réseaux sociaux.