Face à la recrudescence des cas de kidnapping, la banalisation des crimes de sang, la prolifération de gangs disposant d’armes de guerre, l’abandon du territoire par les pouvoirs publics, la mal gouvernance, la précarité socioéconomique, l’acceptation plus que tacite du « bandit légal », le pire devient un horizon indépassable. Le pire s’impose à nous, presque  comme des évidences tristes et assommantes.

Au déni du réel, vaine résistance, il y a cet inventaire implacable, l’addition des digues sautées sous des yeux saisis, parfois blasés, convaincus que notre pâte d’Haïtiens est mauvaise. À s’en convaincre ou pas, les faiseurs font. L’autorité s’exerce dans des contresens dangereux, dans des violations décomplexées de la Constitution et des lois, des symboles et des mythes fondateurs de la patrie. La force  de l’État ne réside plus dans la capacité de ses dirigeants à respecter et faire respecter la Constitution et les lois. C’est le temps, la poursuite de ces temps où l’on prend tout de force, à la Hussarde.