À St-Raphaël, au prolongement de Savane Diane, dans la brousse balayée par le vent glacial de la nuit, des bandits spécialisés dans le vol de bétails ont fait un carnage à une cérémonie de vaudou. Ils ont tué un hougan et cinq autres paysans qui invoquaient les « lwa » pour les protéger contre les voleurs, ces pilleurs de labeur. L’État est absent. Il n’y a personne pour assurer la sécurité du territoire dans son  entièreté. Les gangs prolifèrent, se renforcent, recrutent, imposent leur loi.

Ce week-end, à l’Arcahaie, un match de foot vire au drame. On déplore deux morts par balle, des blessés, une route nationale bloquée et des misères pour les usagers de cette voie. Des fans de Violette ont été battus, des véhicules ont été cassés, des journalistes attaqués. C’est une histoire de coups de coude, de carton rouge, d’expulsion de deux joueurs. L’un, côté Violette, l’autre, le défenseur vedette de l’équipe de l’Arcahaie. Il est dit que c’est en représailles après un incident lors d’une précédente confrontation. Mais là, il n’y a pas de proportion. La passion a pris le pas. Des Haïtiens ont oublié que le foot est un jeu. Des Archelois  se sont couverts de honte. L’esprit sportif se cherche un sens.