Cette nouvelle constitution change, entre autres, le régime politique du pays. Elle maintient la garantie des droits fondamentaux, et fait néanmoins sauter les verrous que les constituants de 1987 avaient placés pour marquer la rupture avec le régime duvaliériste qu’avait connu le pays. « Le constat général est que la Constitution de 1987 constitue une source d’instabilité. En premier lieu, la dépossession du Président de la République, élu au suffrage universel, du pouvoir de conduire la politique de la Nation, au profit du Premier ministre nommé, crée une tension au sommet de cet exécutif bicéphale. En second lieu, l’émiettement des partis politiques rend improbable l’existence de majorités au Parlement bicaméral. Les dysfonctionnements qui en découlent génèrent une logique de marchandage des votes des lois, des politiques générales des Premiers ministres, de ratification des accords et conventions internationaux. Il en est de même des votes relatifs à la nomination des grands commis de l’État qui doit être approuvée par le Parlement conformément à la Constitution. De cette façon, les fonctions judiciaires, les postes dans la haute administration publique et dans la diplomatie finissent par être transformés en prébendes au bénéfice des parlementaires », avance, entre autres, le comité consultatif dans les propos introductifs de cet avant-projet de nouvelle constitution. 

Un président qui dispose de pouvoirs élargis