À n’en point douter, sur le papier, cette initiative très louable s’avère encore aujourd’hui être un pas dans la bonne direction pouvant contribuer à endiguer l’accélération de la vulnérabilité du pays face aux effets du changement climatique. En prenant ce décret, l’administration politique en place à l’époque avait envoyé un signal clair sur sa volonté de combattre le braconnage des ressources naturelles, telles que la mer, les plages, les mangroves, les récifs coralliens… en signifiant au reste du pays que désormais l’État ne restera plus passif alors que des ressources marines et côtières sont de plus en plus exposées à des menaces anthropiques comme la surpêche, l’extraction des coraux, la coupe des mangroves, l’urbanisation, etc.

Or, force est de constater que plus de sept ans plus tard, les bonnes intentions de la présidence de Michel Martelly pour la protection des aires marines du Sud sont restées lettre morte. Du moins, pour ce qui est de la coupe des mangroves. Fin novembre 2020, l’équipe de reporters qui s’est rendue sur place pour les besoins de ce reportage a constaté que la coupe des mangroves s’est poursuivie allègrement dans le Sud, et peut-être plus intensivement qu’avant le décret de 2013.