Eadwig Augustin, ING.
3 mai 2021
La démocratie se nourrit de la vitalité de partis politiques qui constituent un creuset d’idées dont le bouillonnement en leur sein favorise l’élaboration et la mise en œuvre de bonnes politiques publiques dans la gestion d’un État. Cependant ce nécessaire pluralisme politique s’accommode mal du pullulement de regroupements, car cela ne peut, sans contredit, que constituer une entrave au processus de démocratisation. Nous ne devons certes pas d’emblée douter de la bonne foi des uns et des autres, mais nous pouvons craindre - bien que nous présumions que c’est parfois le cas – que seul l’égotisme de certaines personnes ne puisse leur faire croire qu’elles sont investies d’une certaine mission, sans doute divine, pour la rédemption du pays.
Nous partons du postulat qu’aucun parti politique n’est immuable dans ses démarches,vu que sa survie dépend de son adaptabilité aux réalités du moment. Aussi une adhésion de nouvelles ressources à l’une des grandes structures politiques existantes, dont la philosophie s’harmonise tant soit peu aux leurs, serait-elle plus indiquée. Que nenni ! Pourtant, une intégration au sein d’un parti leur offrirait l’opportunité d’imprimer à ce dernier de nouvelles orientations conformes à leur vision, participant ainsi à sa modernisation, sa régénération sans pour autant provoquer une rupture radicale d’avec les idées qui ont présidé à sa naissance et constitué son essence.
Il n’est pas nécessaire d’être grand clerc pour constater que certain politicien s’entoure, lorsqu’il n’est pas seul membre de son parti, d’un quarteron de gens qui peuvent difficilement développer un argumentaire pour mettre en exergue les idées maîtresses qui constitueraient le socle de son parti. Il est évident aussi que certains d’entre eux n’y voient qu’une occasion pour garnir leur carte de visite, se façonner une image publique ou aménager une passerelle pour se nicher dans tout prochain gouvernement. Ce n’est certes pas la motivation de tous, mais en même temps ils ne réalisent pas - ou refusent tout simplement de réaliser - que leur acte est tant soit peu suicidaire et comme corollaire provoque une parcellisation de l’électorat et l’anéantissement de leur rêve.
Nous pensons que, pour une saine démocratie, il faudrait que les pouvoirs de l’État adoptent certaines dispositions législatives qui réglementeraient le fonctionnement des partis politiques et surtout édicteraient les conditions minimales pour leur constitution. Somme toute, cela aiderait sans nul doute à dissuader certains à se lancer dans l’aventure de fonder un parti politique. De plus, nous sommes d’avis que fonder un parti suppose avoir non seulement une compréhension profonde des problèmes auxquels vous croyez pouvoir apporter une solution, mais aussi une vision du pays, ce qui n’écarte pas une certaine dose d’onirisme porteur d’espoir, pouvant faire ainsi miroiter- et pourquoi pas - une société paradisiaque.
Eadwig Augustin, ING.
eadaugustin@yahoo.fr
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