EmploiAnnonces
Le Nouvelliste
S'identifier
  • À la une
  • À la minute
  • Culture
  • Economie
  • Editorial
  • International
  • Les remous de l'actualité
  • National
  • Opinions
  • Sport
  • Ticket Mag
Le Nouvelliste

© Le Nouvelliste 2026

Les sections du site

CultureEconomieÉditorialNational
OpinionsSociétéSportTicket

Les services

L'applicationContactez nousDeuilsPetites annonces
Annonces immobilièresToutes nos archivesRSS

Groupe Le Nouvelliste

Magik9Printemps de l'artTélé 20
Livres en folieArtisanat en fête
FacebookInstagramTwitterYoutube
Conditions générales d'utilisationPolitique de confidentialitéConditions générales d'abonnementSuppression de compte
FR|EN
Opinions

Institut National de Recherche sur le Sel et la Santé (Inarssan) de l’UEH à laFDS

Réflexions sur le retour en force de la Covid-19 (1re partie)

LN
Le Nouvelliste

June 14, 2021 · Lecture : 9 min

🇫🇷Lire en français
Suivre sur Google Actualités

Le retour en force de la Covid-19 ou Covid nous interpelle au niveau de l’Inarssan pour plusieurs raisons. La Covid nous a violemment arraché des collaboratrices et collaborateurs très proches et très chers. Elle s’est manifestée avec furie pour avoir  si rapidement fait tant de victimes en comparaison avec la première vague où jusqu’en mai 2020 on avait 3 941 cas confirmés et 64 décès. Cette deuxième vague s’est présentée avec des caractéristiques pétulantes pour les cliniciens, les épidémiologistes, scientifiques et autres. A date nous en sommes à 16 079 cas confirmés et 346 décès.

La grande question pour nous de l’Inarssan est la suivante : comment peut-on mettre un frein à cette fureur de cette pandémie ?

Revoir l’historique de la Covid en Haïti, scruter la situation actuelle et proposer quelques recommandations pour contenir ce fléau, tel est le cahier des charges pour l’Inarssan.

300 × 250

Rappel historique

On a enregistré des cas de Covid en Haïti vers la mi-mars. On a eu aussi des morts à cette époque. Au niveau du Centre haïtien d’hypertension (CHH) et de l’Institut national de recherche sur le sel et la santé (INARSSAN) on a dû intervenir dans la fourrée du développement ou l'extension de la pandémie quand les discours à la radio, la télévision et dans les conférences n’adressaient pas ou ne formulaient pas correctement, à notre avis, ce qui se passait.

On a eu à sortir, avec la collaboration des membres et étudiants de la FMP et de  l’INARSSAN, trois articles initialement entre avril et mai 2020 traitant de la Covid. Dont :(Corona virus et l’hypertension, le 1er avril 2020 ; Coronavirus et le diabète, le 7 avril 2020, et Coronavirus et le surpoids, 11 mai 2020, voir Le Nouvelliste en ligne) et deux articles par nos étudiants de la FMP : Coronavirus et chloroquine, puis coronavirus et artemisiaannua. Ces deux derniers articles sont en presse pour le livret de l’Inarssana à paraitre comme :

Institut national de recherche sur le sel et la santé

à la FDS de l’Université d’État d’Haïti.

Inarssan contre Covid-19

Notre confrontation, ou face à face avec Covid a été tragique et a occasionné l’article intitulé : Histoire poignante de l’origine et de l’application du traitement 100% de succès de Covid-19 en Haïti, publié dans Le Nouvelliste en ligne le 16 juin 2020. Ce furent les trois premiers cas traités avec anticoagulant en Haïti. A date nous traitâmes dix cas selon ce protocole sans enregistrer de décès.

Pourquoi la Covid n’avait pas fait de dégâts en Haïti dès la première vague ?

Effectivement, la première vague de Covid vit jusqu’en mai 2020, soit 3 941 cas confirmés et 64 décès pour une population de 11 millions d’habitants.

Nous y voyons plusieurs raisons :

La population est jeune, soit 70% âgés de moins de 40 ans. Ce n’est pas le cas des EE.UU ou USA où l’espérance de vie à Boston, Massachusetts, par exemple, est de 95 ans pour les femmes et 91 ans pour les hommes.

Nous n’avons pas le problème de l’obésité comme c’est le cas aux EE.UU  et en Italie, etc.

La frayeur s’installant très tôt dans les cœurs et les âmes, la population avait pris peur : les écoles étaient fermées, les mesures barrières étaient rigoureusement observées, masque, lavage des mains, etc., y compris la distanciation.

Pas de problème de transport comme les EE.UU ou l’Europe : des millions de gens dans les trains : une personne tousse ou éternue et infecte des centaines à la fois.

Nous n’avons pas de grandes salles de spectacle, de grands stadiums et des restaurants assemblant beaucoup de personnes entassées comme des sardines comme aux EE.UU et en Europe.

Les Haïtiens marchent beaucoup malgré l’existence de taxi moto. Nous avions toujours estimé que l’Haïtien, surtout en campagne, marche dix kilomètres par jour, soit l’équivalent de presque deux marathons par semaine. La marche renforce le système immunitaire.

La chaleur époustouflante en Haïti atténue la virulence du virus.

Mars-avril, coïncidant avec l’arrivée de la Covid en Haïti, représente le plein printemps avec sa surabondance de fruits dont : mangots, avocats, tamarins qui renforcent le système immunitaire et protègent contre l’incubation de la Covid. Une mangue Francisque de Gros-Morne, Artibonite, pourvoit à l’individu consommateur 800 calories et les vitamines A, B, C et D et aussi des micronutriments et minéraux tels que le zinc, le magnésium, le manganèse, recommandés pour combattre la Covid.

La médecine traditionnelle a, elle aussi, joué sa partition pour conjurer la virulence de la Covid : les thés chauds en général aident voir publication de Marilise Rouzier. (Plantes médicinales : l’expérience d’Haïti pour contrôler la Covid) L-Express.ca, le 6 juin 2021.

La situation actuelle

Depuis 3 semaines, sans bruit ni trompette, on assiste à une soudaine recrudescence des cas de Covid-19, emportant des figures de proue, des officiels du gouvernement, des médecins, de hautes autorités et ecclésiastiques créant une panique. Les variants anglais et brésiliens sont identifiés ici, comme a témoigné le Dr Jacques Boncy, chef du Laboratoire national. Ces variants sont plus contagieux et dubitativement plus virulents selon certains, bien que contestés par d’autres.

En effet certaines des personnalités disparues dont : Frantz Verret, ancien président du Conseil électoral provisoire ; Chesnel Pierre, directeur général de l’ONA ; Dr Marie Yolène Vaval Suréna, l’une des plus belles intelligences du monde médical ; Mgr Sylvain Ducange, évêque auxiliaire de PAP ; le Dr Robert Joseph, Vice-Recteur Université Épiscopale d’Haïti ; Lucien Jean-Bernard, recteur Université épiscopale d’Haïti ; Pradel Pompilus, directeur du Centre d’études secondaires, ont fait les frais de la pandémie.

Pour cette deuxième vague de Covid nous enregistrons à date 16 079 cas confirmés et 346 décès. Un échantillonnage au hasard (random sampling) du rythme de décès entre la première vague et la deuxième révèle une létalité double pour cette deuxième vague.

L’apocalypse actuelle en Haïti

La mort enveloppe la ville, écrit le Nouvelliste pour décrire la catastrophe actuelle de LA Covid. Des hôpitaux sont saturés et refusent de nouveaux cas. Par exemple, les hôpitaux accrédités « Centre Covid » par le MSPP, dont l’Hôpital universitaire de Mirebalais (HUM) et l’hôpital St-Luc, disposent de 100 lits affectés strictement à la Covid. Soit un total de 200 lits. L'HUM dispose de 300 bonbonnes d’oxygène et St-Luc 200.

Un malade peut avoir à utiliser 3-4 bonbonnes d’O2 par jour. Dans le cas d'une saturation des deux hôpitaux, le besoin en bonbonnes serait de 800. D’où un déficit de 300 bonbonnes à combler.

Les fournisseurs d’O2 sont Parc industriel et Gas Industrial Dynamics. Ils ont la capacité à chacun de produire ou remplir 400 bonbonnes par jour. Si le besoin augmente, il faut en faire chercher en République dominicaine.

Donc la production en quantité suffisante est aléatoire ou laisse poser un problème, si le besoin augmente.

Il y a aussi les aléas de la livraison. Car les fournisseurs d’O2 se trouvent à Cité Soleil, le plus grand bidonville de PAP. Or ce quartier est occupé par les gangs qui opèrent selon le caprices ou entente avec le CNDDR du gouvernement et les fournisseurs d’armes aux gangs selon les aléas ou circonstances politiques, révèle la presse. Une trêve peut être ordonnée, comme c’est le cas avec l’arrivée de l’OEA le mardi 8 mai 2021. Pour donner le coup de grâce, les éléments sociétaux politiques souvent se surajoutent :

Le stress quotidien en Haïti et surtout à Port-au-Prince: « this life is for the birds » diraient les Anglais. On ne vit pas. N’étant pas un allié du pouvoir en place ou membre du gouvernement, on détient un visa temporaire de vie pour quelques heures, renouvelables, selon les caprices des gangs et des kidnappeurs. Ce qui accentue le phénomène d’artériosclérose et les réactions inflammatoires pour renforcer la Covid et compromet le système immunitaire.

Les agglomérations non souhaitables mais conjoncturelles ou forcées des gens surviennent de temps à autre sous forme de carnaval, ou manifestations contre l’insécurité, le kidnapping, le référendum, la violation de la Constitution, les massacres. Ce qui conduit à des foules non protégées : les mesures barrières sont foulées aux pieds, car les gens ne portent pas de masque et la distanciation n’est pas observée.

L’imbroglio politique versus covid n’aide pas non plus : les gens pensent que la Covid en accélération mentionnée à la télévision et la radio par le président et les autorités est une arme politique du gouvernement : les mesures barrières ne sont pas respectées dans les marchés,  à l’église : pas de masque, de distanciation non plus.

La cherté de la vie est un déterrent contre la protection contre la covid : linsécurité alimentaire bat son plein en Haïti, soit cinq millions de gens en insécurité alimentaire, affirme la FAO. La faim, les déficiences en nutriments rudimentaires et micro nutriments en sont des corollaires qui assombrissent le tableau de bord pour conjurer la compétence immunitaire et sonnent le glas en cas de contamination par la Covid. Ce qui induit un tableau immunitaire de pseudo sida ou cancer ou greffe d’organe pour compromettre les éléments de défense de l’organisme contre la Covid.

Le confinement obligé par la situation politique, sociale et économique est tout aussi délétère quant à la qualité de la vie : les rues sont vides, les gens ne sortent pas à cause des gangs ou possibilité de kidnapping. Aller à l’église est un risque en soi. On se confine. Le manque d’exercice physique combiné au stress accentue le processus d’artériosclérose, les réactions inflammatoires vers la morbidité de la Covid.

Une population en proie aux comorbidités très sélectives de la Covid dont l’hypertension artérielle, le diabète, l’asthme, une diète délétère riche en sodium ou sursaturée en sodium et carbohydrate : patekòde, marinade, maïs bouilli, bon gout sel, spaghetti et ketchup.

Quels sont les besoins pour conjurer le mal ?

Ils sont :

Directs ou spécifiques

Indirects ou non spécifiques

Directs ou d’ordre médical. Nous suggérons par exemple :

assistance technique via CDC, NIH pourparfaire la technologie médicale pour les possibilités diagnostiques. Dont : les variants de Covid alpha, beta, gamma et les non identifiés, dont le sous-nommé variant anglais ;

assistance pour pouvoir tester davantage de gens et populariser les tests PCR et antigéniques de covid.

formation professionnelle pour détecter les anticorps contre les différents variants: α anglais, β Sud-Africain, Δ indien et « unnamed english », etc. ;

vaccins, soit 5 millions de dose pour vacciner 60% de la population. Les données disponibles indiquent qu’en pareil cas on ne rapporte pas de mort par Covid. De même, la situation économique pourra s’améliorer si le climat politique et les gangs et kidnappings sont sous contrôle.

Diversifier les variétés de vaccin pour augmenter, voire optimiser l’immunisation. Une étude publiée dans le Lancet indique un Moderna et un Pfizer confèrent une immunisation accrue en lieu et place de deux Moderna ou de deux Pfizer.

Nous nous arrêtons ici dans cette première partie pour compléter les recommandations dans la deuxième partie.

Roger R. Jean-Charles, MD, CM

Directeur exécutif de l’INARSSAN de l’UEH à la FDS

Suivez-nous sur WhatsApp
CORONAVIRUS

Lire aussi

Opinions5 novembre 2026

C’est maintenant ou jamais : Haïti ne peut plus se permettre de rater ce moment historique

Opinions5 novembre 2026

Haïti : jusqu'à quand normaliserons-nous l'inacceptable ?

Opinions5 novembre 2026

Raciste, moi ? Autopsie d’un déni

Opinions5 novembre 2026

Cinq milliards de dollars sous surveillance : le regard menaçant du GAFI sur l'économie haïtienne

Commentaires

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.

Les commentaires sont modérés avant publication. Votre e-mail n'est pas publié.