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Opinions

Thèse de la création vs thèse de l’évolution

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Le Nouvelliste

October 29, 2021 · Lecture : 7 min

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(Première partie)

Par Jean-Marie Beaudouin

La civilisation humaine et ses conquêtes

300 × 250

Ce présent article n’a pas la prétention d’être une réflexion exhaustive du sujet en référence, lequel exigerait d’ailleurs des tomes et des tomes compte tenu de l’ampleur du sujet lui-même. Mais il se propose d’en introduire quelques marqueurs caractéristiques de la nature contradictoire d’un tel débat osé dans un monde conquis par la religion en tant que telle. Notamment les monothéismes Judaïsme, Christianisme et Islam qui dominent la scène religieuse. Qui dit religion dit superstition, croyance ; +Divinités ou êtres surnaturels, invisibles, incorporels et immortels. Ils sont donc des phénomènes indémontrables et inconnaissables de la raison humaine.

L’espèce humaine est souveraine dans l’Histoire. C’est elle qui commence l’Histoire, qui l’oriente, qui l’établit et qui l’enregistre pour elle et pour sa prospérité. Elle dirige son destin; elle se le représente en siècles et se réserve la faculté de le conduire vers les plus hauts sommets de la civilisation dont elle est, elle-même, l’incarnation. Dans l’espèce humaine, se détache le couple de départ femme-homme qui va donner naissance à la grande famille humaine que la science donne le nom générique: Humanité. Sous le Paléolithique – pierre taillée, l’espèce humaine vivait de la cueillette et de la chasse. Elle s’enchaine en découvrant l’eau et en inventant le feu, également. Des progrès importants pour sa survie, car les conditions climatiques représentaient un danger réel passible de son extinction.Aussi la nature vit-elle s’éteindre plusieurs espèces homos avant la perpétuation de l’Homo sapiens, c’est-à-dire l’homme anatomiquement moderne que nous sommes aujourd’hui. La paternité revient à l’homme seul.

Ce mode de vie précaire ne convenait pas à l’espèce humaine, mais il fallait qu’elle s’en accommodât en attendant que d’heureuses périodes voient le jour.  Elle s’y est attardée pendant longtemps avant qu’elle n’exploite les plantes et les arbres, qu’elle mit à profit sous forme de travail social collectif. Processus historique de production qui va déboucher inévitablement sur l’agriculture, une conquête exponentielle des plus extraordinaires dont nos tripes et notre santé en dépendent. Plus tard, elle se met à travailler sur l’exploitation du bétail, des volailles et de la pêche – des produits marins comestibles – qui compléteront l’alimentation du genre humain. Les notions de race, d’ethnie, de classe sociale et la division du travail qui sont les semences de division dans la société humaine, n’avaient pas encore existé. On peut donc jauger la valeur des idées reçues, si tant est à ce but que sectatrices et sectateurs de l’idéologie dominante visent. Recherche et lecture comparée nous semblent plausibles dans la quête de la vérité.

L’histoire renseigne que l’invention de l’écriture clôt la période primitive. S’ouvre l’ère de l’Antiquité, porteuse des sciences exactes, des sciences humaines, des sciences sociales et des arts. La civilisation humaine s’y trouva profondément émancipée pour le bonheur de l’humanité. Les Niliens y jouèrent un rôle fondateur, notamment ceux d’Égypte à qui la civilisation doit beaucoup et lui sont redevables. Suivent le Moyen Âge, la Renaissance, l’époque des Lumières et la modernité triomphante actuelle. L’espèce humaine a conquis la surface de la terre, ainsi que les océans et les mers. Son industrie aéronautique a déjà conquis l’espace aérien par ses avions de ligne. Depuis peu, elle part à la conquête des planètes situées hors zone de l’atmosphère terrestre dans le cadre de l’ère spatiale. En clair, l’espèce humaine, par l’action historique continue de son couple femme-homme, est donc toute l’Histoire.

La Création – Mythes et légendes – La création, avec un grand C, est le nom dogmatique que la doxa dominante donne à l’œuvre de Dieu. Dans le royaume des Divinités, Dieu pote lamayòl. Il est reconnu dans la tradition monothéiste comme le Créateur universel, ou le Divin Créateur. Il aurait créé l’Univers y compris tout ce qui l’entoure: le ciel, la terre, les mers et les océans, les arbres et les plantes, et les animaux de toutes les espèces. Cet ensemble complexe fait de certitude, complexe particulièrement pour l’intelligence humaine mais élémentaire pour la connaissance infiniment grande de Dieu, eût cristallisé l’ultime et dernière épreuve de la création lorsque le Créateur-Demiurge créât l’homme et la femme. Selon les théologies monothéistes, l’Éternel, à qui elles attribuent une connaissance et un savoir qui dépassent de loin la science infuse, eût été capable d’extraire par quelle magie une côte de l’homme pour faire la femme. « Il n’est pas bon que l’homme soit seul » dit le Seigneur Dieu. Depuis cette opération chirurgicale sans bloc opératoire ni checklist, la femme est donc soumise à l’homme ; la livrée qu’elle porte en est le symbole de soumission féminine. D’où naissent le sexisme et la misogynie qui sont exercés dans les structures bourgeoises et religieuses, dont les capitaines d’industrie et les clergés ne s’en privent jamais.

Dieu n’aurait donc besoin que de six jours pour accomplir Son Œuvre colossale, quitte à donner une valeur en chiffre de mille ans pour un jour selon la croyance déiste.Le caractère univoque de la démarche avait été si simple qu’on se croirait au théâtre :  toute la création se fonde sur le vocable bien connu : « Dieu dit ». Les Saintes Écritures, qui répertorient la chaine de transmission des mythes et des légendes et qui les donnent un cadre littéraire, historique et poétique, affirment que l’Éternel se fût reposé le septième jour. Sa fatigue a dû être pour le moins imaginaire.

L’Évolution – Recherches, études et observations– L’on entend par l’évolution humaine l’ensemble des études produites autour de l’apparition de la vie sur terre y compris les êtres vivants et éteints, notamment les végétaux et les animaux. Lamarck (Jean-Baptiste de : 1744 – 1829) est peut-être le premier scientifique naturaliste qui travailla sur la transformation évolutive des êtres vivants à travers le temps et l’espace. Il est également l’inventeur de la science du monde vivant, soit la biologie dont il explique de la manière suivante :

« Tout ce qui est généralement commun aux végétaux et aux animaux, comme toutes les facultés qui sont propres à chacun de ces êtres sans exception, doit constituer l'unique et vaste objet d'une science particulière qui n'est pas encore fondée, qui n'a même pas de nom, et à laquelle je donnerai le nom de biologie. »

Histoire naturelle des animaux sans vertèbres (1815) de Lamarck[

Charles Darwin (1809 – 1882), naturaliste et paléontologue, est passé dans la communauté scientifique comme celui qui, par ses recherches et ses expéditions, a produit des études fortes relatives à l’hypothèse savante selon laquelle la faune et la flore ont constamment évolué, dont la descendance animale du genre humain n’échappe pas à la transformation historique évolutive des êtres vivants. Ses expériences lui permettent d’avancer ceci : « Quiconque a vu un sauvage dans son pays natal n’éprouvera aucune honte à reconnaître que le sang de quelque être inférieur coule dans ses veines. »La descendance de l’homme et la sélection sexuelle (1876), page 752.

Aussi vrai que, dans la civilisation moderne actuelle, les bestiaux comme les sauvages ont fini par conquérir l’attention et l’affection naturelle de l’être humain. Au point que la tendance au végétalisme universel est en passe de devenir une perspective à laquelle l’espèce humaine semble tendre inexorablement. Des partis politiques pour la défense des droits des Animaux voient le jour et comptent déjà des représentants dans les Assemblées nationales. Les écologistes trouvent en eux un allié à la fois doux et amer. Peut-être que, à l’avenir, ils se fusionneront.

Plus loin, Charles Darwin évoque la présence de l’homme dans la hiérarchie du règne animal et le place au sommet, dont voici le cheminement de sa pensée vis-à-vis de la théologie des êtres vivants créés par Dieu :

« On peut excuser l’homme d’éprouver quelque fierté de ce qu’il s’est élevé, quoique ce ne soit pas par ses propres efforts, au sommet véritable de l’échelle organique ; et le fait qu’il s’y est ainsi élevé, au lieu d’y avoir été placé primitivement, peut lui faire espérer une destinée encore plus haute dans un avenir éloigné. Mais nous n’avons à nous occuper ici ni d’espérances, ni de craintes, mais seulement de la vérité, dans les limites où notre raison nous permet de la découvrir. » Ibid(même œuvre, même page et même auteur – Charles Darwin)

La connaissance n’est pas la croyance. La croyance n’est pas la connaissance. La connaissance, c’est le rapport des faits étayés par des arguments historiques et intellectuels pouvant soutenir ce que l’on avance. La croyance est d’origine subjective et personnelle. La croyance religieuse a tendance à porter l’individu ou la personne morale, qui l’exerce, à la passion obsessionnelle, au fanatisme aveugle jusqu’à la haine et la violence. Les croisades sanglantes du catholicisme au Moyen Âge et le djihad ou guerre sainte islamique actuelle en sont explicatifs.

A suivre…

Jean-Marie Beaudouin

Octobre 2021 ; coifopcha@yahoo.fr

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Ce mode de vie précaire

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