Le soleil s’est levé sur Samarie, quartier du Cap-Haïtien où le silence de la nuit a été déchiré par l’explosion d’un camion-citerne transportant de la gazoline. Entre émoi, consternation et pleurs, les Capois et tout le pays ont découvert des dizaines de corps, certains calcinés, raides, figés, gisant sur le sol et au bout de corridors. Parmi ces victimes, se défilent des hommes, des femmes, des enfants, déchiquetés par le souffle de l’explosion de ce camion, accidenté, sur lequel se sont rués des riverains en quête de gazoline, un produit qui vaut de l’or en ces temps de pénurie dans certaines villes de province.

En face de maisons aux murs enduits de fumée des brasiers de la veille, les sapeurs-pompiers ont fait la navette. Un à un, des corps ont été retirés et placés au milieu de la rue, au milieu d’un pâté de maisons qui semblent avoir été bombardées au napalm. Lentement, des employés de la mairie, mués en fossoyeurs, ont fait la collecte des cadavres placés dans des sacs mortuaires. « Le bilan est de 62 morts », a confié au Nouvelliste le maire adjoint de Cap-Haïtien, Patrick Almonor. « Ces cadavres sont inhumés dans une fosse commune au cimetière en attendant l’organisation de funérailles symboliques », a-t-il ajouté.