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Opinions

Haïti

Les politiciens haïtiens, une autre catégorie d’hommes !

LN
Le Nouvelliste

January 11, 2022 · Lecture : 4 min

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Par Savannah SAVARY

Aujourd’hui, le Parlement haïtien est amputé de la Chambre des députés et d’un président élu. Il reste de la 50e législature, un Sénat dysfonctionnel. Tenaces de leurs prérogatives, les dix sénateurs ne déméritent pas de leur réputation établie de ne pas négocier les avantages dont ils sont friands. Ils se veulent indispensables à la bonne marche du pays, une pièce maîtresse dans les rouages de la machine politique. Le 7 février 2022 est tout proche et un glas sonne dans toutes les cervelles branchées Radio Élections. Dans les salons de la rue, les réunions au sommet, les analyses sur les articles de la Constitution de 1987 traitant du sujet ne tarissent pas. Le décret électoral de mars 2015 semble ne pas entrer dans les analyses effectuées par bon nombre « d’experts » sur le sujet sensible et épineux à l’extrême, de la fin du mandat constitutionnel des élus du tiers du Sénat. Une approche qui se veut conforme à la Constitution de 1987 affirme que le mandat des dix sénateurs en fonction arrivera à terme le deuxième lundi du mois de janvier 2023 et non comme le disent certains, le 10 janvier 2022.

Pourtant. Il est stipulé clairement dans le journal officiel de la République d'Haïti Le Moniteur du 2 mars 2015, Numéro spécial, Décret Michel Joseph Martelly président, à l’article reproduit ci-dessous :

300 × 250

Article 239.- Afin d’harmoniser le temps constitutionnel et le temps électoral, à l’occasion d’élections organisées en dehors du temps constitutionnel, pour quelque raison que ce soit, les mandats des élus arrivent à terme de la manière suivante :

a) Le mandat du président de la République prend fin obligatoirement le sept février de la cinquième année de son mandat quelle que soit la date de son entrée en fonction ;

b) Le mandat des sénateurs prend fin le deuxième lundi de janvier de la sixième année de leur mandat quelle que soit la date de leur entrée en fonction, sous réserves de l’application des articles 50.3 à 50.7 du présent décret ;

c) Le mandat des députés prend fin le deuxième lundi de janvier de la quatrième année de leur mandat quelle que soit la date de leur entrée en fonction ; d) Le mandat des élus des collectivités territoriales prend fin au cours du mois de janvier de la quatrième année de leur mandat.

D’après l’article 239.-b, le mandat des sénateurs prend fin le deuxième lundi de janvier de la sixième année de leur mandat quelle que soit la date de leur entrée en fonction, sous réserves de l’application des articles 50.3 à 50.7 du présent décret ; le mandat de ces messieurs prend fin le 7 février 2022.

À bien y réfléchir, le dernier tiers restant des sénateurs tient à percevoir les alléchantes indemnités payées par la sueur de la grande majorité nationale. À chacun : $ 40,000 américains pour se procurer un véhicule de fonction, et sur une base mensuelle : 250,000 gourdes pour les fêtes patronales. 250,000 gourdes pour une résidence secondaire. 70,000 gourdes pour frais de carburant. 250,000 gourdes pour un bureau dans son département… Les tourmenteurs du peuple persistent dans leur gourmandise inextinguible ! Une raison supplémentaire, une raison comme une autre, pour que chaque département de la République ait des griefs contre les anciens élus !

Un questionnement s’impose définitivement pour statuer sur la 50e législature, pour ne point appréhender la 51e à venir. Les débilités, la malveillance collective de la 50e seront retenues par l’histoire aux fins d’éviter de reconduire leur genre à des postes gouvernementaux. Des barrages doivent être mis en place : l’éducation, une sensibilisation sur les qualités attendues d’un élu, pour que la grande majorité nationale empêche l’accession d’individus indignes, inaptes à représenter des populations aux prochaines élections, pour que la république n’ait pas à rougir une fois de trop devant Alexandre Sabès Pétion.

Inadmissible, inattendu, décevant, il ne reste malheureusement chez nous, la célèbre Première République nègre du monde, que la mémoire, pour apprécier des concepts venus des premiers temps de gloire de l’établissement des sociétés organisées. Et, du parlementarisme de la Grèce antique à la république de Pétion, de toute cette magnificence auréolant ce grand corps, depuis les fameuses 46e et 48e législatures haïtiennes dignes de ce nom, il ne subsiste plus pour relater la noblesse du Sénat haïtien, que la fameuse chanson vodou popularisée par la Grande Lumane Casimir « Papa Gede, bèl gason, Gede Nibo bèl gason, abiye toutanblan pou l al monte o palè. Lè l abiyè tou tan blan li sanble yon depite, lè l abiyè tout an nwa li sanble yon senatè… »

savannahsavary@yahoo.com

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