En sept mois, l’enquête sur l’assassinat du président Jovenel Moïse a été déjà confiée à trois juges d’instruction.  Mathieu Chanlatte, Garry Orélien et Chavannes Etienne. Comme une patate chaude, ces trois magistrats instructeurs se sont soit déportés de l’affaire ou ont été écartés par le doyen, comme c’est le cas du juge Garry Orélien. Aujourd’hui, personne en Haïti n’enquête sur l’assassinat du feu chef de l’Etat. Les quelque 25 juges d’instruction au tribunal de première instance de Port-au-Prince ne se bousculent pas pour faire la lumière sur l’assassinat  de Jovenel Moïse.

« Nous sommes une trentaine de juges d’instruction au tribunal de première instance de Port-au-Prince. Cependant, il y en a dont le mandat est en attente de renouvellement et d’autres qui ne viennent jamais au tribunal parce qu’il est situé dans une zone contrôlée par des gangs armés. Ceux qui viennent travailler au tribunal sont très peu », a expliqué au Nouvelliste un juge d’instruction dans la juridiction de Port-au-Prince.