Assassinats. Viols. Enlèvements. Se faire dépouiller. Tous les crimes sont permis et deviennent normaux à Martissant, un quartier de Port-au-Prince. Ce tronçon de la route nationale numéro 2 est abandonné par les autorités depuis le 1er juin 2021 quand trois groupes armés de Village-de-Dieu, de Grand-Ravine et de TiBwa sont entrés en guerre pour le contrôle de la zone. Par milliers, les habitants ont dû fuir leurs maisons pour se réfugier au centre sportif de Carrefour ou chez des particuliers. Depuis, les forces de l’ordre n’ont jamais pu reprendre le contrôle de ce quartier devenu un « No man’s land ».

Jaquelin, un chauffeur de bus qui assurait le trajet Port-au-Prince-Jacmel depuis plus de 15 ans s’est déjà fait attaquer deux fois par les bandits armés qui se positionnent à Martissant 23 et à Martissant 4. « La première fois, on a eu beaucoup de chance. Les hommes armés ont juste dépouillé les passagers et touché les parties intimes des femmes dans le bus avant de nous laisser passer. Mais le mois dernier, (NDLR : janvier 2022) on n’a pas eu autant de chance. Ils ont ouvert le feu sur nous. Un des passagers a été tué et plusieurs autres blessés », a confié Jaquelin au Nouvelliste.