Ce sont des villes qui appartiennent à trois pays de continents différents. Elles ne sont pas connues pour être des lieux de villégiature estivale ou des sites touristiques, mais ont plutôt joué un rôle crucial dans l'histoire de ces peuples, y compris à niveau mondial. Il y a des années, elles ont occupé, chacune à son époque, les premières pages de différents médias. Il s´agit de Les Gonaïves, de Timisoara et de Benghazi, situées respectivement en Amérique, en Europe et en Afrique, concrètement en Haïti, en Roumanie et en Libye. Mais quelle similitude y a-t-il entre ces trois contrées, malgré la distance géographique, les coutumes et la culture qui les séparent ?
Les Gonaïves, une ville d´Haïti, située à deux heures et demie de bus de Port-au-Prince, la capitale de la République, est réputée pour être le berceau de la souveraineté nationale, puisque c'est là que fut rédigé et signé l'Acte d' Indépendance du pays. Jean-Jacques Dessalines, l'un des généraux qui menèrent la lutte acharnée contre le système esclavagiste français, déclara qu' Haïti était indépendant de la France, après avoir lu le document le 1er janvier 1804. Ainsi naquit et s´apprêta à faire ses premiers pas la première nation noire libre du monde, un fait qui continue d'être, en raison des circonstances qui donnèrent lieu à l'événement, un jalon sans précédent jusqu'à présent dans l'histoire de l'Humanité. Les Gonaïves, de nouveau, défraya la chronique, puisqu'elle fut le point de départ de la révolte qui conduisit à la fuite du pays vers la France du rejeton de Papa Doc, le satrape Jean-Claude Duvalier, aux premières heures du 7 février 1986, après plusieurs jours de manifestations de rue. Trente-six ans après le départ du dictateur, alors que le peuple pensait que le système d’exploitation et d' oppression du pays par ses élites était révolu, la suite des événements prouva le contraire. Victime d'actes de violence, accompagnés de multiples malheurs causés par des gouvernements dictatoriaux qui ont pillé ses caisses publiques, Haïti manque des structures minimales pouvant garantir le bien-être de son peuple. Il occupe actuellement l'une des pires positions de l´Indice de Développement Humain et ne s'est toujours pas remis de l'assassinat odieux de son président, Jovenel Moïse, survenu le 7 juillet de l´année dernière, et est loin de retrouver son rôle d'avant-garde dans la lutte pour les droits humains.
Timisoara, une province située dans la partie occidentale du pays d' Europe de l' est appelé Roumanie, qui était gouverné par les Ceausescus, influa beaucoup sur la chute de la dictature communiste de 42 ans, dont 22 se trouvaient sous l'autorité des Ceausescus à la première magistrature de l'État qu'ils dirigèrent d'une main de fer de 1967 à 1989. À la mi-décembre de cette dernière année, les premières manifestations eurent lieu à Timisoara et se propagèrent au reste du pays, aboutissant à l'évasion du couple présidentiel du gouvernement de la République. Un fait à noter sont les huées bruyantes de la foule à la capitale, Bucarest, au dictateur, alors qu'il prononçait un discours accompagné de sa femme, le 21 décembre de cette année. Ce fut un signe sans équivoque de l'effondrement du pouvoir de l'un des dirigeants communistes les plus redoutés. L'action de la Securitate, la police politique, pour arrêter l'expansion du soulèvement et contrôler ainsi la situation échoua, car elle s'avéra incapable d'empêcher la chute du régime. Le président et son épouse, Elena, complètement abasourdis par la tournure de la situation, furent capturés le 22 décembre 1989. Soumis à un procès sommaire et accusé, entre autres, de génocide et d'enrichissement illicite, le couple, déclaré coupable, fut condamné à mort et fusillé trois jours plus tard, le jour de Noël. La Roumanie est actuellement une république parlementaire, membre de l'Union européenne.





Commentaires
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.