Au plan politique, les représentants de l’accord de Montana et celui de la Primature ont décidé de s’asseoir sur la table de négociations pour trouver une issue à la crise. Rares sont ceux qui seraient prêts à parier « diskòb » sur une issue heureuse et responsable conduisant à une certaine lisibilité sur l’avenir afin de revenir à l’ordre démocratique, à une normalité institutionnelle, des conditions indispensables pour recommencer à s’atteler de manière relativement sérieuse aux défis économiques et sécuritaires. Les sceptiques, assez distants du déroulé des négociations, sont formels: l’exercice, destiné à consommation internationale, vise à gagner du temps, à prendre l’autre à défaut, à exposer intransigeance et refus à faire des concessions.        

L’accord de Montana, après avoir évoqué la nécessité que le PM Ariel Henry réponde aux questions de la justice, aurait plus à perdre. Si les sceptiques ont raison, l’international dont la ligne est « solution haïtienne aux problèmes haïtiens », aura le loisir d’expérimenter, une nouvelle fois, le temps haïtien, le « pa prese », le «  kite l mache, pouvwa m nan men m », mantra de ceux qui sont au pouvoir, et l’ambition des faibles de Montana, la grenouille qui se prend pour une vache. Face à cette hypothèse, il y a de fortes chances que l’international, loin d’être un bloc homogène, affiche son indifférence. Avec Haïti, le mot résultat n’est plus dans le vocabulaire. Sinon, Michèle B. Sison, Helen Meagher La Lime se feraient gronder pour un carnet à la Toto, bardé de zéros.