Ils étaient une dizaine de jeunes avocats en provenance de France, Martinique, Belgique, Suisse et d'Haïti ayant été retenus pour participer à la 34e finale du concours de plaidoirie pour les droits de l’homme. L’un après l’autre, ils ont été entendus plaider la cause d’un ou de plusieurs cas de personnes dont les droits les plus fondamentaux ont été bafoués. En effet, le triste sort de dix-sept prisonniers à la prison civile de Jacmel a particulièrement attiré l’attention de la jeune avocate qui vient de réaliser son master en droits des ONG de l’humanitaire et des droits de l’homme à l’université de Strasbourg.

Dans son discours « Ils se regardaient mourir », Stéphanie Saint-Surin a dénoncé les « conditions abominables » dans lesquelles vivotent les détenus à la prison civile de Jacmel. Sa plaidoirie, faite avec prouesse et élégance, a brossé un tableau sombre d’une réalité  similaire à celle de plusieurs autres centres carcéraux dans le pays. « De janvier à septembre 2022,  17 détenus souffrant de malnutrition et de difficultés respiratoires sont morts à la prison civile de Jacmel. Oui, 17. Ils se regardaient mourir avec impuissance », dit-elle, après avoir expliqué que la vie, considérée comme le premier des droits de l’homme, ne tient pourtant qu’à un fil à la prison civile de Jacmel. « Chaque jour, martèle l’avocate, vient avec son lot d’incertitudes. Chaque minute est une éternité et l’espoir se mesure à l’aune de l’instabilité ».