Selon que nous savons de l’histoire universelle, il nous semble que la pratique de la dictature constitue le paradigme classique de nos gouvernements à l’échelle du globe. A ce que nous sachions, cette méthode de gouvernement n’a jamais quitté la civilisation dans ses différents contextes temporels. La division du travail comme la division de la société en classes en expliquent pour l’essentiel le caractère dictatorial des Républiques bourgeoises modernes. L’on observe le phénomène de la dictature depuis la rupture ou la décomposition de nos premières organisations humaines qui furent d’ailleurs de véritables sociétés démocratiques fondées sur le socle du droit des gens, de la solidarité sociale et de l’égalité humaine. En ce temps-là, l’argent n’avait pas encore existé. Si son utilité paraît être avérée dans le monde moderne comme monnaie d’échange ci-après troc qui servait dans le mode de production de nos premières formations économiques et sociales selon le mot de Karl Marx, il n’en demeure pas moins que l’argent est responsable de la pollution de l’opinion et de la déshumanisation continuelle de la société humaine.
Sans entrer dans les détails que nous réservons pour une autre fois, dictature et dictateur comme démocratie et démocrate sont des phénomènes inséparables. Il dépend de la nature du contenu que celle ou celui qui les exerce leur donne, c’est-à-dire tel dictateur ou tel démocrate peut marquer la différence par rapport à un autre. Au regard de l’expérience historique des méthodes de gouvernement, la dictature et la démocratie ne sont pas des phénomènes exclusifs de tel ou tel groupe social, ou de tel ou tel groupe d’États. Ces deux méthodes traditionnelles s’appliquent et sont appliquées dans les modèles de gouvernement que la conscience de l’humanité expérimente et/ou a expérimentés dans son histoire ancienne et moderne. D’un point de vue historique, la démocratie athénienne – Grèce antique – admit l’esclavage des humains, et la démocratie bourgeoise moderne admet aussi l’esclavage. Par conséquent, il faut qu’on soit dictateur pour imposer la servitude à l’être humain, en faisant de l’esclavage une catégorie économique particulière dans laquelle l’esclave est utilisé comme bras servile. Donc travail sans payer.
Là où s’exerce la dictature, y apparaît aussi la démocratie. Ainsi de suite. Il va dépendre en outre de ce que l’on entend par dictature et par démocratie. Nous répétons que ces deux modes de gouvernement sont inséparables. Qu’est-ce à dire ? A notre temps, il existe des États qui s’adjugent le droit et la puissance d’exporter « la démocratie » vers d’autres peuples et nations dont ils jugent rétifs ou sauvages : par là même, ils se rendent coupables de la dictature, et, in fine, portent le nom d’États dictateurs. Encore que nous ne soyons même pas sûrs que ces États exportateurs exercent la démocratie de l’intérieur, qui les exonérerait des critiques. Nous doutons aussi qu’on puisse par la force imposer ses vues à autrui, ce qui serait perçu comme une méthode dictatoriale.





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