La saison des mangues en Haïti ne fait plus des heureux dans le pays. Toutes les personnes impliquées dans cette filière subissent les conséquences de l’insécurité. D’une part les fournisseurs ne peuvent plus exporter vers les Etats-Unis et d'autre part ils ne peuvent pas se rabattre sur le marché local. « En 2023, la situation est extrêmement grave. La vie des paysans est impactée parce que durant les mois d'avril et de mai de chaque année, ils nourrissent l'espoir de gagner de l'argent à l'aide de la récolte des mangues. Maintenant toutes les personnes qui sont dans la filière des mangues sont aux abois. Le département de l’Artibonite, le haut Plateau central ; c'est pratiquement tout le pays qui est touché’’, s’est plaint Ronald François, fournisseur et exportateurs de mangues durant sa participation à l’émission Panel Magik le mercredi 28 juin.

Durant la saison des mangues, M. François dit produire environ 4 à 5 000 douzaines de mangues sans compter qu’ils peuvent en acheter 60 000 douzaines à 200 gourdes la douzaine pour les revendre à des usines. Lorsque la saison des mangues approche, c’est toute une chaîne qui prend forme ou renaît. « Le fournisseur entre en négociation depuis le mois de janvier. Il contacte le producteur pour négocier le prix, signer les contrats ou parfois même faire des avances. Maintenant nous nous croisons les bras en regardant les mangues qui tombent. Cela nous tracasse », a-t-il avoué. Dans le temps, les fournisseurs vendaient les mangues qui ne passaient pas l’étape de tri à des marchands qui, eux, les revendaient sur le marché local. Cette circulation n’est plus possible à cause de l’insécurité. « Aucun marchand ne prendra le risque d’aller à Port-au-Prince » où le marché est beaucoup plus grand, et dans les autres départements du pays la circulation des biens et des personnes est paralysée aussi, car les gangs y font la loi.