La demande du recteur de l’Université Quisqueya sonne comme l’expression d’un ras-le-bol. « J’appelle le gouvernement actuel, qui détient tout le pouvoir, à organiser un dialogue humble, vrai. Ce n’est pas un héritage naturel, une royauté, un droit divin qui l’a mis au pouvoir, mais un tweet. Vous n’avez pas la légitimité de garder tout le pouvoir. Ensuite, vous êtes inefficace, sans perspective de sortie de crise. Il faut que le Premier ministre actuel prenne l’initiative d’organiser un vrai dialogue. Il a tout en sa possession, c'est lui qui a à donner. Il faut qu’il fasse des négociations politiques, de partage de pouvoir en étant le plus ouvert possible pour trouver un consensus minimal avec la classe politique, aller vers les élections pour mettre en place un gouvernement élu avec la légitimité suffisante pour remembrer la nation, prendre toutes les décisions difficiles en faveur de la nation », a réclamé le recteur.

Selon M. Lumarque, c’est pour la première fois qu’il y a dans le pays une structure politique sans contre-pouvoirs, sans aucune balance de pouvoir. « Il n'y a aucun élu en Haïti. La personne qui dirige actuellement le pays n’est pas un choix de la population. C’est le choix d’un organe international à travers un tweet. On peut questionner sa légitimité. Donc lorsqu'on n'est pas légitime avec tout ce pouvoir c'est grave. C’est un danger, pas seulement pour Haïti, mais aussi pour les tenants de ce pouvoir. C’est pour cela qu’il doit y avoir un vrai dialogue, il faut ouvrir le débat à une plus grande frange de la population. Lorsqu’on n’est pas légal, légitime, il faut un consensus. Même pour aller vers les élections, il faut un minimum de consensus politique, d’accord entre les parties prenantes », a-t-il mis en lumière.