L’Institut médico-légal agonise, pourtant il représente le bras médical de la justice haïtienne. Le dysfonctionnement de cette institution pourrait constituer un handicap pour la justice haïtienne qui a l’habitude de s’en passer. « La médecine légale est une spécialité de la médecine dont la mission est de fournir des informations à la justice au sujet d’une personne vivante ou morte. Souvent on l’associe à la médecine légale de la mort. Non, c’est la médecine de la violence. Etant donné que les juges ne peuvent pas examiner les personnes, ils font appel à cette spécialité pour évaluer la violence et ses conséquences sur la personne concernée, qu’elle soit vivante ou morte », a expliqué le médecin légiste Jean Armel Demorcy, soulignant qu’« il y a la médecine légale du vivant et la médecine légale du mort. La médecine légale du vivant se retrouve dans tous les cas où les personnes objet de violence sont blessées, donc on a besoin de les évaluer pour connaitre l’impact des dommages et les réparer ultérieurement, que ce soit une agression sexuelle. [..] la médecine légale du mort se présente dans tous les cas de violence dont une personne est l’objet et qui a entraîné la mort. Tous les cas de mort suspecte rentrent dans cette catégorie. On fait appel aux médecins légistes qui doivent donner des informations claires qui permettront à la justice de retracer le coupable et de réparer les parents, etc. », a-t-il élucidé.
Il existe deux médecins légistes en Haïti, en l'occurrence Marjorie Joseph et le Dr Jean Armel Demorcy. Cependant, a souligné ce dernier, la justice fait appel aux médecins légistes chaque jour. « Ce n’est pas parce que la justice est intéressée, mais parce que la population a une demande de justice. Quelle que soit la personne qui est morte de mort suspecte, les gens manifestent la volonté d'en connaître les raisons. Et à ce moment ils se tournent vers la justice qui n’a d’autre choix que de faire appel aux médecins légistes », a expliqué le Dr Demorcy, qui, toutefois, a révélé que la justice utilise rarement leur service. « Cela fait 22 ans que j’exerce la médecine légale en Haïti. Pour les autopsies que j’ai réalisées, pas une fois en 22 ans la justice a fait appel à moi dans le cadre d’un procès pour fournir des informations. Il n’y a pas de justice en Haïti. L’État n’a pas encore intégré la justice comme un outil pour régler les conflits dans le pays », a soutenu le médecin.






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