Dans la conjoncture actuelle, outre la léthargie que connait l’Etat haïtien dans la préservation de la paix publique, surgit un cuisant dossier diplomatique entre Haïti et la République Dominicaine. Il s’agit de l’opposition de l’Etat dominicain à un travail de canalisation pour irriguer 3,000 hectares de terre dans la partie haïtienne, dans la plaine Maribahoux plus précisément, à partir de la rivière Massacre qui est un patrimoine commun. Les tensions datent déjà de 2021 quand le président haïtien d’alors devait construire le barrage de Marion dans la région du nord-est. Ce qui était l’objet d’arrangement entre les deux Etats dans une entente momentanée, apparemment précaire si l’on considère l’embrasement dans les relations entre les deux Etats en question par rapport à la construction d’un canal jugé préjudiciable aux intérêts dominicains en termes politique et environnemental.
Nous avons suivi les échanges houleux de l’ordre de polémiques et d’hostilités de part et d’autre autour de ce dossier qui met en cause l’exploitation d’une ressource stratégique par l’une des parties signataires du Traité de Paix, d’Amitié et d’arbitrage entre la République dominicaine et Haïti du 20 février 1929. Ce Traité a été prévalu à travers des positionnements de membres de la société civile haïtienne et d’anciens sénateurs de grand nord que ceux des autorités dominicaines notamment. Les autorités haïtiennes sont timides jusqu’à date. Elles devaient participer à une rencontre avec les officiels dominicains dans les présents moments.
Nous voudrions dans le présent article mettre en exergue l’importance des ressources stratégiques dont sont dotées Haïti par rapport à celles de la République dominicaine de la perspective du capitalisme-monopoliste. Le nouveau dossier de la rivière Massacre est d’une portée technique, stratégique et écologique qui peut être renversée au regard des intérêts politiques et économiques des uns ou des autres. Avant toute autre considération, il est de bon ton d’approprier la rivière Massacre comme le patrimoine commun des peuples dominicain et haïtien. En effet, cette rivière prend sa source du Pic Gallo en République dominicaine dans la cordillère centrale. Puis, elle suit le tracé septentrional de la frontière entre Haïti et la République dominicaine, située dans le département du nord-est et après avoir touché les terres haïtiennes reprend le cours de la République dominicaine tout en étant alimentée par les eaux de la rivière de Capotille, de la rivière Gens-de-Nantes et de la rivière Lamatry. Elle se jette dans la Mer des Caraïbes après avoir traversé la partie dominicaine. D’où la nécessité de médiation continue entre les deux Etats pour préserver ce patrimoine collectif dans une perspective de développement durable.





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