« Vous êtes des Dieux, vous êtes tous des fils du Très-Haut. Cependant vous mourrez comme des humains. »
Psaumes 82:6
« J'établirai ma loi pour être la lumière des peuples. »
« Dieu est lumière, et il n'y a point en lui de ténèbres. »
« Je suis la lumière du monde, dit Jésus. »
« Jésus dit à ses disciples : 'Vous êtes la lumière du monde'. »
Esaïe 51:4, 1Jean 1:5, Jean 8:12 et Matthieu 5:14
« Soyez des imitateurs de Dieu. »
Éphésiens 5:1
Selon ces passages, l'humain serait potentiellement divin sinon divin. Tout au moins, sa vocation serait divine, même si sa condition actuelle n'est pas toujours au rendez-vous.
En fait, le Jésus biblique appelle ses disciples à se diviniser et, comme lui, à assumer leur divinité. Il visualise une communion parfaite entre l'homme et son Dieu.
« ... Comme toi, tu es en moi, et comme je suis en toi, qu'eux aussi soient un en nous. »
Jean 17:21
« Soyez parfait comme Dieu est parfait. »
Matthieu 5:48
Ensuite, le Dieu que le pape François exhorte ses fidèles à louer est immanent, selon l'auteur de l'Épître aux Éphésiens. Ce Dieu est tout en tous ; d'où sa transcendance.
« Dieu est au-dessus de tous, parmi tous et en tous. »
Éphésiens 4:6
Dans le même sens, « l'esprit de Dieu » et « le royaume de Dieu » renvoient à l'intérieur.
« Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que l'esprit de Dieu habite en vous ? »
1Corinthiens 3:16
« Le royaume de Dieu est au-dedans de vous. »
Luc 17:20-21
Pareil pour « le messie de Dieu », un potentiel inné.
« Le messie, en vous, est tout en tous. »
Colossiens 1:27 et Colossiens 3:11
L'auteur de l'Épître de Jean va jusqu'à suggérer que le Dieu biblique réside dans ses manifestations.
« Personne n'a jamais vu Dieu. Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous et son amour est parfait en nous... Si quelqu'un dit : 'J’aime Dieu', alors qu'il déteste son frère, c'est un menteur. En effet, si quelqu’un n'aime pas son frère qu'il voit, comment peut-il aimer Dieu qu'il ne voit pas ? »
1Jean 4:12, 20
La vision exprimée dans le verset plus haut s'accorde avec ces extraits du cantique catholique intitulé Dieu Est Amour.
« Si nous vivons au cœur du monde, nous vivons au cœur de Dieu. »
De plus, le pape François exhorte à louer un Dieu qui est comme au service de l'humain. Ce Dieu accorde toute son attention à l'homme et le valorise au plus haut point. Les auteurs du Livre des Psaumes, du Livre attribué à Matthieu et du Livre attribué à Luc ne laissent point de doute à ce sujet.
« Yahvé Dieu, tu me sondes et tu me connais, tu sais quand je m’assieds et quand je me lève, tu pénètres de loin ma pensée; tu sais quand je marche et quand je me couche, et tu pénètres toutes mes voies...
Tu m’entoures par derrière et par devant,
Et tu mets ta main sur moi...
Si je monte aux cieux, tu es là; si je me couche au séjour des morts, te voilà... »
Psaumes 139:1-14
« Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment ni ne moissonnent, et ils n’amassent rien dans des greniers ; et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ?
Et pourquoi vous inquiéter au sujet du vêtement ? Considérez comment croissent les lis des champs : ils ne travaillent ni ne filent... Si Dieu revêt ainsi l’herbe des champs, qui existe aujourd’hui et qui demain sera jetée au four, ne vous vêtira-t-il pas à plus forte raison ? Ne vous inquiétez donc point, et ne dites pas : Que mangerons-nous ? Que boirons-nous ? De quoi serons-nous vêtus ? »
Matthieu 6:26-31
« Ne vend-on pas cinq passereaux pour deux sous ? Cependant, aucun d’eux n’est oublié devant Dieu. Et même vos cheveux sont tous comptés. Ne craignez donc point : vous valez plus que beaucoup de passereaux. »
Luc 12:6-7
Naturellement, d'autres passages bibliques créent un énorme fossé entre l'homme et son Dieu. En témoignent :
« ... Dieu est au ciel, et toi sur la terre... »
Ecclésiaste 5:2
« Mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies, dit Yahvé Dieu. Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant mes voies sont élevées au-dessus de vos voies, et mes pensées au-dessus de vos pensées. »
Esaïe 55:8-9
Certains passages mettent l'homme en dualité avec le Dieu biblique, vu tantôt comme antagonique, tantôt comme indifférent.
« Yahvé Dieu dit : Voici que l’homme est devenu comme l’un de nous, pour la connaissance du bien et du mal. Empêchons-le maintenant d’avancer sa main, de prendre de l’arbre de vie, d’en manger et de vivre éternellement... »
Genesis 3:22
« Nous ne saurions parvenir jusqu'au Tout-Puissant. Grand par la force, par la justice, par le droit souverain, il ne répond pas ! »
Job 37:23
« Considère les cieux, et regarde !
Vois les nuées, comme elles sont au-dessus de toi !
Si tu pèches, quel tort lui causes-tu ?
Et quand tes péchés se multiplient, que lui fais-tu ?
Si tu es juste, que lui donnes-tu ?
Que reçoit-il de ta main ?
Ta méchanceté ne peut nuire qu’à ton semblable,
Ta justice n’est utile qu'au fils de l'homme. »
Job 35:5-8
Il n'y a rien d'étonnant au fait que la Bible projette tantôt un Dieu impersonnel, immanent, impliqué, consubstantiel à l'univers, tantôt un Dieu anthropomorphique, antagonique et distant. À cause des multiples transcriptions et traductions, ces livres regorgent de discordances en matière de croyances dogmatiques et d'observances traditionnelles. Toutefois, généralement, ces interventions affectent peu ou pas les principes de sagesse universels relayés dans la Bible judéo-chrétienne.
La façon dont l'homme conçoit son Dieu guide sa façon de le louer et donne une mesure de son niveau de conscience, de son âge spirituel, selon qu'il en soit au « lait », ou qu'il soit passé à la « nourriture solide », comme souligné dans Hébreux 5:12-14 et Hébreux 6:1-3 ; deux passages à examiner attentivement.
Si Dieu est immanent et consubstantiel, le louer reviendrait à vivre en harmonie avec soi-même et son environnement, à se réconcilier avec soi-même, à prendre conscience de soi-même, soit à se connaître soi-même, un enseignement universel ainsi formulé sur le temple de Delphes : « Connais-toi toi-même et tu connaîtras l'univers et les Dieux ». Il sagirait de prier sans cesse à travers la méditation, le silence et la pleine conscience. Tout au plus, rendre grâce serait de mise. Mais le pape François n'a pas élaboré à ce sujet, sauf que sa lettre apostolique contient un vibrant plaidoyer pour la gestion responsable et la protection de l'environnement.
Dans le cas d'un Dieu distant, la louange prendrait la forme extérieure de la piété, assortie de prières-sollicitation (glorification, invocation, supplication, actions de grâce, récitation d'oraisons, de litanies, de Psaumes, de cantiques...). Le pape François a également omis d'élaborer sur ce point dans son exhortation, mais il endosse vraisemblablement le concept d'un Dieu distant, en dualité avec l'humain. Curieusement, dans le 65ème paragraphe de sa lettre apostolique, le pape François reconnaît que « ... l’univers se déploie en Dieu, qui le remplit tout entier... » Est-ce là une incohérence, ou bien un lapsus ?
Il existe une autre différence palpable entre ceux qui conçoivent un Dieu immanent et ceux qui le perçoivent comme distant. Celui qui fait l'expérience d'un Dieu immanent et consubstantiel vit en pleine confiance dans la plénitude de l'instant présent ; il ne manque de rien, tout comme le poisson dans la mer n'a pas soif. Comme dit l'auteur de l'Épître aux Corinthiens, « tout est à lui ». Il suit la loi de son cœur et vit par la foi, non pas dans le sens de espérance, mais dans le sens de contentement serein. Il est libéré.
Par contre, celui qui fait l'expérience d'un Dieu distant entretient avec cette entité un rapport transactionnel. Il vit dans l'attente de faveurs ainsi que de promesses posthumes. Il doit également suivre la loi des guides qui disent connaître le chemin vers Dieu et qui se proclament ses ministres ou administrateurs. À la longue, certains croyants finissent par tomber dans le culte de la personne vis-à-vis de ces médiateurs, contrairement aux prescrits iconoclastes de Jésus dans Matthieu 23:8-10.
La piété extérieure est la voie royale de l'idolâtrie, du genre d'adoration décrié dans les Livres d'Ésaïe et d'Amos, entre autres.
« Cessez d'apporter de vaines offrandes : J'ai en horreur l'encens, les sabbats et les assemblées.
Je hais vos fêtes.
Quand vous étendez vos mains, je détourne de vous mes yeux ; quand vous multipliez les prières, je n'écoute pas.
Apprenez à faire le bien, recherchez la justice, protégez l'opprimé; faites droit à l'orphelin, défendez la veuve. »
Esaïe 1:11-17
« Je méprise vos fêtes, je ne puis sentir vos assemblées.
Éloigne de moi le bruit de vos cantiques ; je n'écoute pas le son de vos luths.
Mais que la droiture soit comme un courant d'eau, et la justice comme un torrent qui jamais ne tarit. »
Amos 5:21-24
D'un côté, l'auteur du Livre d'Esaïe met en garde contre la piété extérieure ou la louange à l'oral.
« Ce peuple m'honore de la bouche et des lèvres, mais son cœur est éloigné de moi, et la crainte qu'il a de moi n'est qu'un commandement humain, une leçon apprise... »
Esaïe 29:13
D'un autre côté, selon l'auteur du Livre de Actes, le Dieu que le pape François exhorte à louer n'a pas besoin de louanges.
«... Le Dieu qui a fait le monde et tout ce qui s’y trouve, n’habite point dans des temples faits de main d’homme ; il n’est point servi par des mains humaines, comme s’il avait besoin de quoi que ce soit, lui qui donne à tous la vie, la respiration et toutes choses... »
Actes 17:24-25
De son côté, Jésus exhorte à la louange spirituelle.
« ... Dieu est esprit. Les vrais adorateurs adorent Dieu en esprit et en vérité. »
Jean 4: 23-24
« Mon Père est glorifié en ceci : que vous portiez beaucoup de fruit, et que vous soyez mes disciples. »
Jean 15:8
L'auteur de l'Épître aux Galates précise le produit fini de la fructification spirituelle.
« Le fruit de l'esprit c'est l'amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la foi, la douceur, la maîtrise de soi. »
Galates 5:22
L'auteur du Livre attribué à Jean précise ce qui est le trait essentiel du disciple de Jésus.
« Tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples si vous avez de l'amour les uns pour les autres. »
Jean 13:35
Dans cette perspective, l'auteur de l'Épître de Jean conclut ceci :
« Quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu. Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour. »
1Jean 4:7-8
À ce propos, pour couper court aux spéculations fantaisistes concernant l'amour authentique, l'auteur de l'Épître aux Corinthiens ajoute :
« L'amour est patient, il est plein de bonté ; l'amour ne jalouse point ; l'amour ne se vante pas, il ne s'enfle pas d'orgueil, il ne fait rien de malhonnête, il ne cherche pas son intérêt, il ne s'irrite pas, il ne soupçonne pas le mal, il ne se réjouit pas de l'injustice, il se réjouit de la vérité ; il pardonne tout, il croit tout, il espère tout, il supporte tout. L'amour ne passe jamais. »
1Corinthiens 13:4-8
Dans son exhortation, le pape François n'a pas dit s'il invitait ses fidèles à la louange spirituelle, vecteur d'amour, ou à la louange rituelle, conduisant à l'idolâtrie. Il prêche « louez Dieu » sans donner de directives d'accompagnement. Contrairement à certains auteurs bibliques, le pape François semble souscrire à la notion d'un Dieu distant en dualité avec l'homme ; il nie sommairement le potentiel divin de l'humain. Comme démontré ici, son exhortation est déficiente à plusieurs égards. Pour combler de telles lacunes et édifier les croyants, le chef suprême de l'Église Catholique apportera-t-il des clarifications à sa déclaration ? En attendant, celle-ci pourrait avoir au moins une vertu : celle de désamorcer la mégalomanie, l'élitisme et le narcissisme pour renforcer la sagesse de l'humilité. La citation suivante, extraite du 68ème paragraphe de la lettre apostolique, en fait foi.
« ... Nous mettons fin à l’idée d’un être humain autonome, tout-puissant et illimité, et nous nous repensons pour nous comprendre d’une manière plus humble et plus riche. »
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