Les Éminentes personnalités de la Caricom sont reparties bredouilles après une énième mission de bons offices. Si leurs efforts diplomatiques n’ont toujours pas permis de déboucher sur un « accord politique » entre les « forces en présence », il convient cependant de saluer leur patience et leur engagement. L’échec de ce round de discussions n’enlève rien au caractère exaltant, solidaire de l’implication de ces frères de la Caraïbe à aider à une résolution de la crise dont les conséquences, multiples, sont préjudiciables pour Haïti et d’autres pays de la région.

Sur le chemin du retour, peut-être que ces personnalités feront un débriefing, une revue des causes de l’échec de ce round de discussion. Le résultat d’un tel exercice, bien entendu, ne devrait pas être rendu public. Mais d’autres, - observateurs, analystes - affranchis de l’exigence de discrétion entourant tout effort diplomatique, peuvent s’interroger ouvertement, librement. La Caricom a-t-elle les coudées franches? N’est-elle pas un simple sous-traitant, engagée parce que la diplomatie américaine et celle du Canada ont d’autres priorités, parce que l’OEA n’a plus aucune crédibilité en Haïti ? Sans bâton, sans carotte, comment la Caricom peut-elle faire bouger les lignes dans des discussions où il semble y avoir un sujet tabou, un incontournable dans la poursuite de la transition : Ariel Henry ? Est-ce que le timing de « l’opinion » exprimée par Mme Isabel Salvador, représentante du secrétaire général de l’ONU sur la transition, perçue comme favorable au maintien de l’exécutif en l’état pour aller aux élections, a pesé négativement sur ces discussions ? Si c’est la cas, quelles sont les motivations de Mme Salvador qui, en parallèle, a bien raison de prendre fait et cause pour les élections? Avoir raison et alimenter le raidissement de l’opposition, était-ce un pari à prendre dans ce contexte précis ? Mme Salvor n’a-t-elle pas tout simplement torpillé ce round de discussion ? Comment la Caricom peut-elle être efficace dans des discussions politiques quand il y a des positions arrêtées sur la transition comme elle est, avec le PM Henry mais pas sur sa durée, sans des échéanciers et des résultats concrets et précis à atteindre ? Pourquoi la barre des exigences n’est pas placée à la même hauteur pour tous les protagonistes? Il y a en réalité plus de questions que de réponses. Mais la seule certitude est que tous les protagonistes sont dans leur zone de confort.