Le temps passe. Nos problèmes s’aggravent. Les cas de mort violente, les personnes kidnappées se comptent par milliers à Port-au-Prince et dans l’Artibonite. Plus de 4.5 millions d’Haïtiens ne mangent pas à leur faim. L’agriculture haïtienne -de subsistance-, déjà mise à mal par l’explosion démographique et la réduction des parcelles cultivables, crève à petit feu. Le nombre de mototaxis explose. Les bras fuient la terre, des intrants essentiels sont hors de prix. Les coûts de production flambent pour les cultivateurs, seuls à affronter les incertitudes liées aux aléas climatiques, aux pertes de récoltes, au « lòk », aux prix cassés imposés, synonymes de faillite.
Dans cet écosystème où presque tout joue contre le producteur local, les prix de beaucoup de produits de consommation de masse sont des repoussoirs pour des ménages dont le pouvoir d’achat fond comme du beurre au soleil. Les importations, en parallèle, ont chuté drastiquement, confirmant que le pire est encore un horizontal non dépassé par l’économie haïtienne, en récession depuis un quinquennat. Abandonnées à leur sort depuis trop longtemps, les filières locales, oubliées par l’Etat et la finance, peinent à inventer un momentum. La sainte colère provoquée par l’arrogance de ce monsieur de l’Est, sans les cerveaux, les ressources financières, matérielles, de vraies politiques agricoles, de politiques fiscales et commerciales adaptées aux nouvelles ambitions que l’on voudra bien se donner, ne sera d’aucune utilité.






Commentaires
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.