Sur la place Saint-Pierre, à Pétion-Ville, il est 13h, ce lundi 16 janvier 2023. C’est l’heure du déjeuner pour la plupart des gens qui fréquentent quotidiennement cet espace public. Des marchands d'aleken défilent, d’autres s’installent dans leur coin respectif. Certains commencent à peine à vendre leur premier plat alors que d’autres attendent encore quelques clients pour pouvoir vider leur chaudière. Ils sont des dizaines sur cette place publique située à proximité de l'église Saint-Pierre. Les plats se vendent entre 100 et 150 gourdes, dépendamment du pouvoir d’achat du client. Une chaudière de riz national, un seau rempli de sauce ou de légumes, des assiettes en carton, ainsi est équipée chaque brouette. Des passants s'arrêtent pour acheter. Parmi eux, des élèves en uniforme, des cireurs de bottes, des piétons tout comme des gens en voiture.

Si certains marchands préparent eux-mêmes les repas, d’autres sont embauchés par une petite compagnie qui les recrute pour s’occuper seulement de la vente. Cette compagnie se charge de la préparation de la nourriture et des matériels nécessaires à la vente dont la brouette et les assiettes. C’est le cas de Renelson Jean François qui pratique cette activité depuis 2021. Il travaille pour une compagnie localisée au local de l’ancien cimetière de Pétion-Ville. “La-bas, ils cuisinent une quantité de riz par jour et me donnent à vendre. Après chaque vente, je leur remet l’argent collecté et ils me paient entre 500 et 750 gourdes par jour”, confie-t-il, ajoutant que cette activité lui permet de répondre aux besoins de sa famille.