« Hâtez-vous lentement ; et, sans perdre courage, vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage : polissez-le sans cesse et le repolissez ; ajoutez quelque fois, et souvent effacez », dit Nicolas Boileau dans
L'Art poétique (1674).
Les optimistes qui regardent depuis 15 jours la classe politique mettre sur pied le Conseil présidentiel de transition sont sans doute tentés de voir dans les délais pris une bonne chose.
Les futurs présidents d’Haïti veulent bien faire, refusent de confondre vitesse et précipitation. Ils avancent pour arriver à bon port.
Les pessimistes voient tout le contraire. Ils accusent les conseillers présidentiels de confondre prudence et insouciance. Ils leur reproche de ne pas être attentif à l’urgence de la situation sanitaire, humanitaire, sécuritaire, sociale et économique.
Ceux qui ont la dent dure dénoncent les nouveaux Ariel Henry qui comme le précédent croient qu’ils disposent de tout le temps nécessaire pour broder des solutions sur mesure à la crise.
Il y a urgence en Haïti. Urgence de bien faire et de bien ficeler le Conseil présidentiel de transition mais aussi urgence de répondre aux attentes de la population.
Si les conseillers n’arrivent pas à concilier les deux défis -bien faire et vite faire- ils perdront le petit momentum disponible.
C’est la première fois que le pays aura à sa tête un aussi large Conseil présidentiel mais c’est aussi la première fois que mettre en place une transition prend autant de temps.





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