« Nous sommes au 6e mois de l’exercice fiscal, comme nous le savons, Haïti n'a pas enregistré de croissance économique positive depuis cinq ans. Nous détruisons notre richesse à un rythme de 2% l'an. Nous pouvons conclure que le pays connaîtra une sixième année consécutive de croissance négative », a alerté l’économiste Kesner Pharel, soulignant que la situation peut s’aggraver davantage. « Aujourd’hui, l’économie du pays reçoit des chocs. Nous avons fait face à des épisodes de blocages du pays, des mouvements populaires qui entravent la libre circulation. Cela renvoie également à un choc externe. Actuellement, cela fait trois semaines que l'aéroport de Port-au-Prince ne fonctionne plus, les ports de la région métropolitaine sont en grande difficulté. Lorsque la chaîne d’approvisionnement, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, ne fonctionne pas, c'est comme un corps humain sans circulation sanguine. Nous nous dirigeons vers une 6e année consécutive de croissance négative ; lorsque cela se produit, on enregistre des pertes d’emplois et une inflation. Le tremblement de terre dure quelques secondes, mais cette crise économique peut avoir le même effet car réellement, l’économie haïtienne se contracte à un rythme considérable.
À la fin du premier semestre de l'exercice fiscal, l'économiste Kesner Pharel dresse un bilan sombre de la situation économique du pays. « Le bilan se porte sur deux parties : les actifs et les passifs. Aujourd'hui, on s'attaque aux actifs dans le pays, que ce soient les écoles, les universités, des biens de l'État ou privés, alors que nous avons besoin de ces actifs pour relancer l'économie et réaliser les activités économiques. Lorsqu’on détruit, la croissance devient difficile. Quelles que soient les solutions proposées, on ne peut pas dire qu’on fera table rase pour recommencer à zéro. Qui financera ? Avec les mouvements géopolitiques mondiaux (Ukraine, Gaza), les pays qui nous venaient en aide sont attirés par d’autres problèmes. Comment trouverons-nous des moyens de financer l’économie au lendemain de la révolution ? », s’est-il demandé, précisant que pour sortir de la crise qui se profile à l’horizon, Haïti aura besoin d’une injection considérable de fonds.






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