EmploiAnnonces
Le Nouvelliste
S'identifier
  • À la une
  • À la minute
  • Culture
  • Economie
  • Editorial
  • International
  • Les remous de l'actualité
  • National
  • Opinions
  • Sport
  • Ticket Mag
Le Nouvelliste

© Le Nouvelliste 2026

Les sections du site

CultureEconomieÉditorialNational
OpinionsSociétéSportTicket

Les services

L'applicationContactez nousDeuilsPetites annonces
Annonces immobilièresToutes nos archivesRSS

Groupe Le Nouvelliste

Magik9Printemps de l'artTélé 20
Livres en folieArtisanat en fête
FacebookInstagramTwitterYoutube
Conditions générales d'utilisationPolitique de confidentialitéConditions générales d'abonnementSuppression de compte
FR|EN
Opinions

   Conjoncture et posture

LN
Le Nouvelliste

June 14, 2024 · Lecture : 21 min

🇫🇷Lire en français
Suivre sur Google Actualités

Dans notre souci de patriotisme, de pédagogie, notre souci de vérité et de lumière, nous aimerions attirer l'attention de nos chères et chers compatriotes sur la conjoncture et la posture que nous pourrions adopter ensemble, en toute sincérité, au profit de la mère patrie.

Les puissances occidentales abhorrent tellement Haïti et le peuple haïtien à cause de la révolution haïtienne de 1804 qui a révolutionné l'ordre socioéconomique et politique mondial, qu'elles ont tout fait pour plomber les ailes du développement national et ont fini par nous ignorer. Les politiciens haïtiens ont tellement trahi notre pays et notre peuple pour porter « des chaînes d’or », qu'ils se sont trahis eux-mêmes, qu'ils ont précipité notre pays et notre peuple en enfer au profit de l'étranger. C'est ce qui fait que Washington, avec l'appui de ses alliés occidentaux, nous impose une énième fois sa volonté contrairement aux principes de souveraineté nationale et d'autodétermination des peuples.

Point besoin de préciser que Dr. Garry CONILLE, notre compatriote (quelles que soient les autres citoyennetés qu'il pourrait avoir), est un Premier ministre président, un Premier ministre tout-puissant qui est placé aux timons des affaires par et pour Washington au nom de Haïti. Et c'est ce "au nom de Haïti" qui lie le peuple haïtien au Premier ministre Garry CONILLE et lui permet d’agir avec intelligence et détermination pour que le Premier ministre, malgré l'ingérence étasunienne à laquelle les pseudos dirigeants et leaders politiques haïtiens prêtent le flanc, peut gouverner pour Washington et Haïti. Nous reconnaissons les intérêts du tout-puissant grand voisin chez nous, d'autant plus que nous avons des millions de compatriotes chez lui, mais ces intérêts étasuniens ne doivent, en aucun cas, continuer à supplanter les nôtres chez nous. Haïti est trop riche pour être si appauvrie. Haïti et le peuple haïtien ont besoin de dirigeants et de leaders qui ont le courage et l’honneur d’être libres et d’être eux-mêmes, au service de notre chère  patrie.

300 × 250

Haïti et le peuple haïtien ont besoin de dirigeants et de leaders à même de négocier et gouverner, avec science et conscience, le développement national et l'épanouissement du peuple haïtien, compte tenu de nos réels besoins, compte tenu de notre histoire riche et remarquable et notre précieux apport universel inégalé aux droits humains, aux droits de l'autre, compte tenu des contraintes diplomatiques, géopolitiques et de la prédation impérialiste qui s'exacerbe par les temps de reconfiguration de l'ordre mondial, compte tenu du réveil africain, compte tenu des grands enjeux politiques, socioéconomiques et climatiques, ... etc.

Notre peuple martyr doit enfin connaître une autre ère, vivre en aires sécurisées et respirer un autre air. Le fait que le Premier ministre Garry CONILLE, même s'il a le même patron que Sweet Micky parachuté président par Washington en 2011, était boycotté par Sweet Micky, est un indice qu'il voulait gouverner autrement (septembre 2011 - mai 2012). Fort de cet indice, aujourd'hui le peuple haïtien, malgré sa méfiance de Washington, justifiée par l’histoire et l’ingérence chronique suffocante et mortifère, doit prendre conscience et s'organiser pour que le Premier ministre Garry Conille mette à contribution sa science et sa conscience, sa nationalité haïtienne, son amour de la patrie et ses valeurs chrétiennes, afin qu'en servant Washington, son pays Haïti puisse respirer un peu. Et que l'élite politique corrompue, « restavèk » et criminelle, l'élite économique pléonexique, corruptrice et criminelle, l'élite intellectuelle dégénérée, traîtresse et criminelle, et l'impérialisme occidental prédateur, raciste et criminel ne maintiennent plus leur genou sur le cou de notre pays et de notre peuple… Pour cette émancipation totale du peuple haïtien, le réveil des citoyennes et citoyens haïtiens doit prioriser l’éducation de qualité qui tient compte de toutes les dimensions de la personne, notamment sa dimension éthique. L’action organisée doit donc compter sur des femmes et des hommes de caractère qui ne corrompent pas et ne peuvent être corrompus, qui inspirent confiance en se définissant par l’intégration mathématique de ce qu’ils pensent, disent, font et sont.

Nous n'écrivons pas pour attirer l'attention du pouvoir en vue d'obtenir des postes et jouir de privilèges de clan au détriment de l’intérêt supérieur de la nation et en amplifiant les multiples maux du peuple opprimé, mais comme d'habitude, pour partager une lumière utile à nos compatriotes, pour défendre et servir l'intérêt général. Notre cheval de bataille est l'Education et le Travail, conformément aux 3ème et 2ème strophes de La Dessalinienne, qui constituent un hymne respectivement à l'Éducation et au Travail. C’est bien donc le cheval de la LIBERTÉ. L’Education et le Travail, sources de prospérité et de stabilité, l’Education et le Travail, sources d’égalité ; l’Education et le Travail, sources de solidarité et de fraternité ; l’Education et le Travail, sources de souveraineté nationale, l’Education et le Travail, sources de modernité et de progrès… Cette redécouverte de notre hymne national prélude l’avènement de la nouvelle Haïti (qui ne doit pas être un slogan de démagogues défenseurs subtils du statu quo ou une vaine parole). Cette redécouverte de notre hymne national nous interpelle tous, chers concitoyennes et concitoyens, pour la réappropriation et la promotion des valeurs de notre devise républicaine : Liberté, Egalité, Fraternité.

Le philosophe Clément d'ALEXANDRIE présente le Travail comme "l'école de la justice sociale". Donc, le Travail est non seulement affaire d'Etat par la promotion, la gestion et la politique de l'emploi, mais encore devoir de la citoyenne, du citoyen qui s'engage à s’investir pour répondre à ses besoins et désirs, et s'insérer utilement au corps social en agissant avec la conscience d’une action sociétale responsable et solidaire.

Nous promouvons l'Education et le Travail pour que chaque citoyen soit fier de vivre des fruits légitimes de son travail, de son métier, de sa profession, au lieu de chercher à tout prix à vivre de la politique comme métier. Notre pays et notre peuple ont besoin de femmes et d'hommes politiques qui vivent de leur métier, de leur profession, et font la politique par passion de défendre et servir l'intérêt supérieur de la nation. Le révérend Dr. pasteur Martin Luther KING nous édifie en nous enseignant que l’excellence ne réside que dans le service. Ainsi, Martin Luther KING invite les dirigeants et leaders politiques haïtiens, nous invite tous, compatriotes haïtiennes et haïtiens, à l’humanité, à l’amour qui, non seulement est ce sentiment sublime qui unit femmes et hommes, mais encore consiste en cet état de conscience qui nous porte à l’empathie, à toucher positivement la vie des gens et à faire et promouvoir le bien autour de nous.

De même que la confiance fonde la valeur de la monnaie, la sécurité et la stabilité sont indispensables au développement de la nation et à l’épanouissement du peuple, à la croissance économique et au progrès social. Malheureusement, les OVNI (Oppresseurs Violents Non Identifiés) au pouvoir et les pseudos leaders que notre compatriote écrivain Gary VICTOR identifie comme « faune peu recommandable… en contrôle de notre pays », ne font que jouir des privilèges du pouvoir, en marionnettes, en larbins sans aucun pouvoir réel ni aucune autorité, dans l’illégalité et l’illégitimité totales, en toute corruption, en toute impunité et en toute sécurité.

L’appauvrissement et la misère du peuple haïtien sont orchestrés pour instrumentaliser les jeunes des quartiers populaires de la république de Port-au-Prince et de tout le territoire national, jeunes embrigadés dans des bandes de bandits, dans des gangs. La violence, le kidnapping, l’insécurité sont utilisés pour s’accaparer du pouvoir, pour garder le pouvoir qui, pourtant, est dépouillé de sa substance… Les gangs infiltrent la Police Nationale d’Haïti (PNH) alors que ce devrait être l’inverse. L’argent de l’intelligence est totalement détourné par les quatre instances de l’Etat concernés. Les « bandi legal » et les gangs contrôlent le territoire et terrorisent, en toute sécurité, en toute impunité, le peuple haïtien. L’insécurité généralisée entrave la libre circulation des personnes et des biens, et asphyxie l’économie haïtienne déjà moribonde. Les prix flambent, la gourde s’est fortement dépréciée, la rente de change est de plus en plus juteuse pour les banquiers cambistes, les affairistes et les nantis.

Alors que l’insécurité devrait être une opportunité citoyenne fédérant les forces vives du pays et la masse pour refonder la nation haïtienne ; au grand dam du peuple haïtien, l’insécurité est utilisée comme opportunité d’affaires par les affairistes et les nantis sans scrupule ignorant totalement l’éthique des affaires, la responsabilité sociétale de l’entreprise, l’éthique de responsabilité et de solidarité. Si le peuple haïtien ne fait pas attention, sa résilience causera sa ruine, car il s’habituera à la violence, au kidnapping et à l’insécurité totale, pendant que les affairistes, les nantis et les politiciens mettent en place un autre système de rente économique - nouveau fleuron de l'économie criminelle qui prévaut à Haïti - en transformant l’insécurité en industrie rentable anéantissant la classe moyenne et détruisant ce qui reste de l’économie nationale… La corruption, l’impunité, la violence et l’insécurité doivent être combattues avec la plus forte rigueur pour sauver notre pays, notre peuple et l’économie nationale de la griffe des rapaces de l’intérieur et de l’extérieur. Le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) et le Premier ministre Garry CONILLE ont bien rendez-vous avec le peuple haïtien à ce carrefour. Nous devons nous organiser et agir pour que ce rendez-vous historique soit respecté au profit de notre pays et de notre peuple.

Haïti et le peuple haïtien sont pris en otage par les élites politique, économique et intellectuelle « restavèk » des puissances occidentales ou mieux, des pays dits « amis de Haïti ». C'est une poignée d'individus qui mettent leur science sans conscience au service du mensonge, de la démagogie, de la manipulation, de l’exploitation, de la malpropreté, de l’injustice, de la violence, de la corruption, de l’impunité, … etc. Ces élites sont sans patriotisme, sans conscience, sans cœur, sans honneur, … sans tout, sans rien. Elles ont trahi, selon Frantz FANON, leur vocation d’accompagner le peuple en toute dignité. Elles constituent le véritable problème de notre pays, le mal de notre pays. Albert EINSTEIN nous apprend à propos : « On ne peut pas résoudre un problème avec le même mode de pensée que celui qui a généré le problème… Il ne faut pas compter sur ceux qui ont créé les problèmes pour les résoudre. »

Même si le Premier ministre Garry CONILLE est de Washington, il est également de Haïti, il est avant tout Haïtien, et le peuple haïtien doit s’organiser avec intelligence et conscience pour exprimer sans équivoque ses attentes légitimes de transition de rupture et obtenir gain de cause : rupture d’avec le système d'impunité, de corruption, d'injustices, de privilèges, d'inégalités, d’exploitation, de violences, et d’insécurité, … etc. ; rejet sans complaisance ni exception des acteurs et gardiens de ce système abject et infernal. Vòlò pa dwe alèz pou kontinye ap rele bare vòlò, kòwonpi ak kòriptè pa dwe alèz pou kontinye fè tèt yo pase pou moun k ap denonse e konbat kòripsyon. Les citoyennes et citoyens haïtiens, les jeunes haïtiennes et haïtiens doivent s’organiser pour avoir les dirigeants et les leaders qu’il faut et veiller à ce que ces derniers ne se métamorphosent plus en « assassins d’aube » qui volent leurs rêves, leurs projets, leurs efforts, leur mérite, leur famille, leurs ami(e)s.

Notre pays et notre peuple ont besoin d'une politique de sécurité volontariste. Il faut dépolitiser la sécurité. Il faut dépolitiser la Police Nationale d'Haïti (PNH). De plus, Haïti enfantée par l’armée indigène, a besoin de son armée, une armée professionnelle au service de la souveraineté et du développement nationaux. Alors que des armes de guerre envahissent notre pays et les quartiers populaires pour le déstabiliser totalement notre pays et détruire notre peuple, il existe un embargo sur les armes empêchant l’Etat haïtien d’équiper les Forces Armées d’Haïti (FAd’H) et la Police Nationale d’Haïti (PNH) ! Quelle hypocrisie ! Quelle honte ! Quel crime ! Les dirigeants et leaders politiques du Burkina Faso ont raison. Et Einstein nous met en garde : comble de malheur si nous croyons que ceux qui ont déstabilisé notre pays (en utilisant, certes, nos propres compatriotes dégénérés), viendront le stabiliser pour nous ! Les forces étrangères souillent une énième fois le sol de DESSALINES pour parachever l’exécution du plan macabre commencé avec l’assassinat du père fondateur de la nation. L’impérialisme pratique non seulement le génocide par la violence armée (forfaits des gangs et des policiers dégénérés) en tuant et chassant les populations de certaines zones qui regorgent de ressources naturelles, mais encore, selon Aimé Césaire, le « génocide par substitution » avec le programme « Humanitarian parole » (pwogram Biden).

La politique de rupture, la politique volontariste que le peuple haïtien exige du Conseil Présidentiel de Transition et du Chef du Gouvernement de Transition, doit mettre l'accent sur la lutte pour la justice et la bonne gouvernance (lutte contre l’impunité, la corruption, les inégalités flagrantes), sur la lutte pour la sécurité, sur la culture de la paix et de la non-violence (lutte contre la violence et l’insécurité). Le système économique criminel de rentes, de monopoles, d’oligopoles et de privilèges doit être démantelé. Le peuple haïtien opprimé ne doit plus continuer à se résigner dans la misère sordide qui lui est imposée par les oligarques politiques, économiques et intellectuels.

Nous ne voulons pas de lutte pour la réduction de la violence et de l'insécurité, qui non seulement est une pratique réductrice, mais encore constitue un business criminel. Notre pays et notre peuple ont besoin d'un plan de sécurité pour la stabilité politique, économique et sociale. Dans ce chaos dont ils sont l'un des principaux acteurs, les dits "pays amis" de Haïti, continuent à piller les cerveaux de notre pays (anpil konpatriyòt ayisyen fòme e konpetan pral wè Biden, yo bliye Ayiti alòske peyi de rechanj pa egziste). Alors que l’aphorisme de l'économiste et philosophe Jean BAUDIN, confirme : "Il n'est de richesse que d'hommes.", Haïti, pays appauvri, pays le plus pauvre de l'hémisphère, à cause, entre autres, de la violence structurelle et de l’insécurité commanditée, continue à donner au monde entier la ressource la plus rare : les Haïtiens formés. Comment Haïti peut-elle se développer avec le faix de la rançon de l’Indépendance et le fétichisme financier imposés par la France ? Comment Haïti peut-elle se développer avec le vol de ses réserves d’or, l’occupation étasunienne et le pillage de ses ressources naturelles ? Comment Haïti peut-elle se développer alors que la grande majorité de ses cerveaux vit à l’extérieur et le reste continue à émigrer, chassé par « Humanitarian parole » et par les gangs au service des élites criminelles et du pouvoir parachuté et supporté par Washington et ses alliés du syndicat CORE Group ?

Dans « Allégorie de la Caverne », Platon distingue deux mondes : celui des idées, qui est le monde des lumières, et celui des apparences, qui est le monde des ombres. Nous vivons dans une société de réputation. Dans notre société haïtienne, pour notre malheur, le monde des apparences prime celui des idées ; le monde des ténèbres l’emporte sur celui des lumières. Ce qui compte, malheureusement, c’est le paraître et non l’être. Aujourd’hui, le Haïtien est prêt à tout pour avoir, et il n’est disposé à rien faire pour être. Car, chez nous, l’avoir définit l’être,  l’avoir c’est la fin qui justifie les moyens. Quel que soit le degré d’exploitation, quelle que soit l’ampleur de la corruption, quel que soit le crime, l’avoir n’a jamais l’odeur ni le goût de l’inhumanité, l’avoir n’a jamais l’odeur ni le goût de la corruption, l’avoir n’a jamais l’odeur ni le goût du sang. La Justice - tout comme la société - est en faillite : aucune sanction légale, aucune sanction sociale… Jean-Jacques ROUSSEAU et Dantès BELLEGARDE nous mettent en garde respectivement :

  • « On a de tout avec de l’argent, hormis des mœurs et des citoyens. »
  • « L’argent ne peut évidemment remplacer l’honneur et la liberté, mais il y a en Haïti... des personnes assez basses pour… porter des chaînes pourvu que ces chaînes soient d’or. »

Notre compatriote chercheur, Dr. Legrand BIJOUX (médecin psychiatre), dans son livre intitulé « Des mœurs qui blessent un pays » a, entre autres, procédé à l’autopsie de la mentalité haïtienne. Professeur BIJOUX conclut que nous sommes en proie à plusieurs maladies graves, atavisme de l’horreur coloniale et esclavagiste, et conséquences de nos pratiques déshumanisantes. Parmi ces maladies, nous retenons « le complexe de la pintade sauvage » défini comme la tendance à l’utilisation massive de la ruse dans nos rapports. En un mot, professeur BIJOUX, dans son diagnostic de notre mentalité de peuple, précise que nou se yon pèp koken, yon pèp mètdam. Chak Ayisyen ki an kontak avèk yon Ayisyen parèy li, youn pran lòt pou bouki. Nou fè anviwon 225 lane (2 siècles ¼) nan pratik malis/bouki sa ki se youn nan koz fondamantal ki kondui nou nan lanfè n ap sibi nan peyi nou, ki presipite nou nan labim nou ye jodi a kote n ap desann pi fon chak jou.

Les valeurs sont inversées. Cette banalisation ambiante est mortifère. Même l’Eglise pactise avec le mal qui gangrène le pays, car l’Eglise est presque toujours du côté du pouvoir oppresseur au lieu de défendre le peuple opprimé conformément aux prescrits scripturaires. Ces pratiques anormales, immorales et inhumaines ont fini par déformer notre mentalité de peuple : malgre pèp la viktim de enpinite ak kòripsyon, si yon moun ou t a pase nan pouvwa ou pa vòlò, ou pa rich pou tout la vi w e pou mil jenerasyon, pèp la trete moun sa de egare ki pa konn lajan… Jodi a, pou se yon gran politisyen, fòk ou se yon blofè, yon mantè, yon lalozè, yon manipilatè, fòk ou se yon kòwonpi, yon kòriptè, yon vòlò, fòk ou se yon chèf gang, yon papa bandi, ke w te o pouvwa, ke w te nan swadizan opozisyon. Un grand politicien haïtien, c’est celui  qui développe une expertise hors pair en mensonge, en démagogie, en manipulation, en corruption, en vol, en audace avilissante, en intolérance, en violence, en criminalité, en ignorance, … etc.

A l’Université, nous devons former non seulement l’intelligence, mais encore la conscience des jeunes haïtiens conformément aux réels besoins de notre société et des prescrits du Grand Dictionnaire de Culture Générale qui précise que « L’éducation de qualité prend en compte toutes les dimensions de la personne, notamment sa dimension éthique. » Et l’ancien président étasunien Theodore ROOSVELT confirme et nous édifie : « Eduquer une femme ou un homme sur le plan intellectuel sans penser à l’aspect éthique de sa personne, c’est former un individu qui sera une menace pour la société. » Cette éducation totale est indispensable au bien-vivre ensemble et à la réussite collective. L’élite intellectuelle haïtienne doit prioriser l’esprit critique, l’autonomie de la conscience, le primat de la vérité sur l’utilité, l’éthique de la connaissance. L’élite intellectuelle haïtienne doit penser, travailler, produire et agir avec la conscience d’une action sociétale responsable et solidaire pour ne plus continuer à trahir sa noble mission consistant à guider le peuple vers la lumière de la dignité, de la modernité, du progrès sous-tendue par les valeurs républicaines comme la Liberté, la Sécurité, La Justice, l’Education, le Travail, l’Equité, … etc.

Les dirigeants, les femmes et hommes politiques haïtiens doivent s’inspirer de l’éthique kantienne qui nous enseigne qu’une action éthique se mesure par la fin visée et qu’elle ne saurait être un moyen. Ainsi, ceux qui sont au pouvoir sont appelés à œuvrer à l’Etat de droit, à la bonne gouvernance, à la sécurité (nettoyage et réforme en profondeur de la Police Nationale d’Haïti (PNH) infestée de gangs et édification des Forces Armées d’Haïti (FAd’H) au profit, entre autres, du développement national), à la justice sociale, afin d’avoir la confiance du peuple qui se méfie de l’étranger qui est le grand patron des dirigeants et des leaders politiques haïtiens antinationaux et corrompus.

Alors que Napoléon BONAPARTE déclare  qu’« On gouverne mieux les hommes par leurs vices que par leurs vertus. », Baruch SPINOZA nous apprend que la meilleure façon de condamner les vices, la corruption, la violence, c’est de pratiquer et d’enseigner les vertus. L’Université haïtienne, par l’enseignement adéquat, la recherche (parent pauvre du système) et les services à la société, doit répondre présente au rendez-vous historique de l’éthique pour la reconstruction de notre nation et la revitalisation de notre société. La promotion et la culture de l’éthique, du mérite doivent pénétrer la fonction publique et les différentes corporations des métiers et des professions libérales dans notre société haïtienne. La révolution éthique, la culture de l’éthique contribuera grandement à pacifier les rapports sociaux et à faciliter le vivre-ensemble.

Notre pays et notre peuple ont besoin de citoyennes et citoyens patriotes, compétents et intègres. Les héros haïtiens ne doivent plus appartenir seulement à l’histoire ni exister seulement dans les livres ! Aujourd’hui, plus que jamais, notre pays a besoin de héros, modèles accessibles au quotidien dans notre société totalement désarticulée. Le héros s’attaque à des défis, car les forces du mal qui enchaînent le peuple haïtien dans la violence et la crasse, sont insatiables, coriaces et cruelles. Les membres du Conseil Présidentiel de Transition, malgré leur participation ou celle de leur structure aux malheurs du peuple haïtien, le Premier ministre Garry CONILLE, malgré son lien solide avec Washington et une frange de la communauté internationale qui n’inspirent pas confiance, les ministres du nouveau gouvernement, malgré la tradition et la « culture » de corruption, ont la grande opportunité historique d’être les héros du peuple haïtien qui souffre terriblement et qui, pourtant, n’est pas exigeant.

Malheur aux « analphabètes politiques » qui pensent qu'ils vivent dans un autre pays parce qu’ils détiennent le pouvoir ou sont au pouvoir et ne font qu’en jouir au mépris total du peuple et de son sort, parce qu'ils détiennent quelques ressources bien ou mal acquises qui les différencient des masses appauvries, parce qu'ils sont relativement ou extrêmement riches, parce qu’ils sont assez ou très diplômés ! En plus de la prospérité équitablement répartie, Haïti et le peuple haïtien ont besoin de richesses intangibles et inestimables comme la Liberté, la Sécurité, la Vérité, la Justice, le Patriotisme, l'Intégrité, le Respect, la Fraternité, l'Amour…

L’Etymologie grecque nous apprend que la crise c’est le moment de la décision, le temps de l’action. Nous souhaitons ardemment que les partis politiques, les organisations sociopolitiques, les organisations communautaires de base (OCB), les écrivains, les étudiants, les artistes, les professionnels de tous genres, les détaillants, les chauffeurs de transport en commun, les artisans, les ouvriers, les journaliers, notre peuple organisent, avec intelligence dans un élan de générosité citoyenne, un véritable mouvement de revendications pour interpeler la conscience des dirigeants au pouvoir et des leaders politiques, voire les contraindre à rationnaliser la gouvernance et changer positivement la vie du peuple haïtien martyr. Nous convions donc toutes ces forces vives de la nation à la résistance et la mobilisation organisées et intelligentes pour libérer notre pays et notre peuple des ornières du mal.

Enfin, dans « Éloge de la dialectique », Bertolt BRECHT écrit : « L’injustice aujourd’hui s’avance d’un pas sûr. Les oppresseurs dressent leurs plans pour dix-mille ans. La force affirme : les choses resteront ce qu'elles sont... Ce qui est assuré n'est pas sûr. Les choses ne restent pas ce qu'elles sont. Quand ceux qui règnent, auront parlé, ceux sur qui ils régnaient, parleront… De qui dépend que l’oppression demeure ? De nous. De qui dépend qu’elle soit brisée ? De nous… Celui qui est perdu, qu’il lutte ! … Les vaincus d’aujourd’hui sont demain les vainqueurs. Et jamais devient aujourd’hui. »

Patrice Emery LUMUMBA, héros national et Premier ministre de la République Démocratique du Congo, assassiné par les Belges et les traîtres congolais, moins de 7 mois après l'Indépendance du Congo, insiste, persiste et signe : « Sans la lutte, vous n'obtiendrez rien. Ni aujourd'hui, ni jamais. » Nous sommes conscients que nous sommes instruits et éduqués, et devons continuer à nous instruire et nous éduquer pour contribuer à la formation de notre peuple et pour agir : action à mener, en temps et hors de temps, avec Science et Conscience, Patriotisme et Courage, Respect et Amour. Albert CAMUS nous enseigne : « La grandeur de l'homme est dans sa décision d'être plus fort que sa condition. » Ayiti pap peri ! Hormis les dégénérés, les filles et les fils de la patrie constituent sa plus grande force, sa plus grande richesse et garantissent le renouveau envers et contre tous. Les jeunes haïtiennes et haïtiens, les compatriotes haïtiennes et haïtiens d’ici et d’ailleurs attendent les membres du Conseil Présidentiel de Transition, le Premier ministre Garry CONILLE et les membres de son gouvernement, au carrefour de la grandeur humaine et patriotique.

Non à l'occupation programmée pour continuer à contrôler et piller nos ressources naturelles !

Oui à la transition de rupture, l’Etat de droit et la bonne gouvernance !

Oui à la liberté, à la souveraineté et à l’autodétermination !

Oui à la vie et à la dignité !

Klere m, m ap klere w !

Hébert LAHATTE, MA

Secrétaire Général Kanpay pou Libète, pou Edikasyon ak Revolisyon Mantal (KLEREM)

Suivez-nous sur WhatsApp
Conjoncture Conille Gouvernance

Lire aussi

Opinions5 novembre 2026

C’est maintenant ou jamais : Haïti ne peut plus se permettre de rater ce moment historique

Opinions5 novembre 2026

Haïti : jusqu'à quand normaliserons-nous l'inacceptable ?

Opinions5 novembre 2026

Raciste, moi ? Autopsie d’un déni

Opinions5 novembre 2026

Cinq milliards de dollars sous surveillance : le regard menaçant du GAFI sur l'économie haïtienne

Commentaires

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.

Les commentaires sont modérés avant publication. Votre e-mail n'est pas publié.