Port-au-Prince a vécu une troisième journée au ralenti ce mercredi 13 novembre 2024. Les activités commerciales et scolaires étaient rares, et dans plusieurs quartiers les détonations n’ont cessé de résonner.
On tire beaucoup depuis dimanche soir dans la capitale haïtienne. Et on se perd en conjectures quant aux motifs de ces nouveaux déchaînements de violence.
Si les acteurs politiques s’activent à changer de gouvernement, les tracas de la population sont les mêmes. Il y a des morts, des blessés, des déplacés.
Selon l’Organisation internationale de la migration, près de 4,500 personnes ont quitté leur domicile les deux derniers jours pour tenter de se mettre à l’abri.
« Ces informations ont été recueillies à la suite des violences armées survenues depuis le 11 novembre 2024 dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, particulièrement dans les communes de Delmas (quartiers de Delmas 13 et Delmas 28), Tabarre (quartier de Tabarre 27) et Port-au-Prince (quartiers de Solino et Fort National).
Il faut souligner que les déplacements se poursuivaient au moment de la rédaction de ce rapport et que des mises à jour devraient être publiées prochainement. Par ailleurs, dans plusieurs quartiers, des informateurs font savoir que les populations ne sont pas en mesure de fuir en raison de l’intensité des violences et de l’existence de barricades », peut-on lire dans le rapport partagé par l’OIM.
Pour avoir une idée de la gravité de la situation, les troupes des Bahamas venues prêter main forte à la Mission Multinationale d’Appui à la Sécurité ont été libérées de leur engagement par leur gouvernement.
« Le ministre des Affaires étrangères des Bahamas, Fred Mitchell, a déclaré que les membres de la Force de défense royale des Bahamas peuvent quitter Haïti à tout moment sans l'approbation du gouvernement s'ils ne se sentent pas en sécurité », a rapporté le journal Jamaica Gleaner.
Y avait-il eu une évaluation sérieuse de la situation par les composantes de la MMAS ?
La mission des troupes des Bahamas n'était-elle pas d’aider les forces de l’ordre à rétablir la sécurité ?
Ce même mercredi, l’Organisation des États Américains (OEA) a adopté une résolution qui appuie la demande d'Haïti de transformation de la MMAS en une Opération de maintien de la paix (OMP).
Ce tournant confirme, s’il en était besoin, que la MMAS ne remplit pas son rôle et que l’avenir est sombre car aucune transformation de la mission ne sera effective avant des mois.
Le temps des territoires perdus a été inauguré sous la présidence du président Jovenel Moïse en 2021. Les trois ans d’Ariel Henry ont accéléré le mouvement. Le pays a continué à perdre des territoires sous la présidence du CPT-PM 1. Tout indique que le duo CPT-PM 2 n’a pas encore de moyens pour renverser la vapeur pour le moment.
Les politiques au pouvoir depuis bientôt sept mois avaient attribué l’absence de résultats dans la lutte contre l’insécurité à un manque de volonté politique de leurs prédécesseurs. Avec beaucoup plus de moyens que par le passé et quasiment pas d’opposition, la situation ne fait que se dégrader depuis sept mois.
En Haïti, les chefs changent, les problèmes demeurent. Et même augmentent de manière exponentielle.





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