L'année 2024 marque un tournant historique du problème migratoire dans le monde en général et en Haïti en particulier. Des déportations et rapatriements massifs ont dominé le paysage social. La part du lion revient à la République dominicaine qui a décidé, par l’entremise du Conseil national de sécurité et de défense, le mercredi 2 octobre 2024, de procéder à une opération visant à rapatrier jusqu’à 10 000 migrantes et migrants haïtiens par semaine. Dans le même contexte, des flux importants de déplacements internes sont dus au climat d’insécurité et de banditisme en Haïti. Entre-temps, l’administration américaine Biden-Harris établit le programme « Humanitarian Parole » qui vise à promouvoir l’entrée aux Etats-Unis durant une période de deux ans de ressortissants de quatre pays de la Caraïbe, dont Haïti. L’effectif des ressortissants haïtiens qui ont voyagé dans le cadre de ce programme tend à atteindre des chiffres records de l’ordre de 200 000 au mois de décembre 2024, ce qui dénote le caractère d’une hémoragie si l’on se réfère à la fuite importante de nos cerveaux dans un laps de temps.
La migration haïtienne emprunte de nos jours toutes les directions, soient les pays développés et les pays en voie de développement. Les migrantes et migrants s’aventurent jusqu’en Turquie, dans le Moyen-Orient, voire dans quelques pays d’Asie, de l’Afrique et des balkans, ce qui tient lieu de nouvelles routes migratoires autrefois négligées. L’ampleur de la situation nous porte à explorer de nouveaux concepts pour nommer le phénomène en question autrefois apparenté à une crise migratoire. Nous nous rendons compte que cette situation correspond aux "Errances migratoires" et au développement de poches de population pris en otages par des caïds dans des zones assiégées. Les gens sont donc des réfugiés internes. Ainsi, Haïti est dans le dernier carré de la migration.
La situation migratoire a été historiquement caractérisée par un double mouvement : d'une part, la rétention dans l’accord Duvalier-Reagan en 1981 concernant le refoulement des immigrants illégaux soupconnés de se diriger vers les Etats-Unis d’Amérique (Dewind et Kinley III,1988:37) et de l'autre, la migration forcée ou provoquée. En effet, les deux principales tendances évoquées seront liées à de nouvelles variantes qui ne vont pas changer pour autant la structure en question. Il se définit les tendances suivantes : 1) la migration massive rurale-urbaine ; 2) des échanges formels de travailleurs migrants à statut de braceros à Cuba puis en République dominicaine; 3) le laissez-faire migratoire; 4) la migration forcée ; 5) la rétention migratoire ; 6) la promotion explicite de l'émigration de professionnles qualifiés et 7) l'adhésion de fait au programme humanitaire de migration internationale.





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