Le sort d’Haïti est et restera principalement entre les mains des Haïtiennes et des Haïtiens. Le sort d’Haïti repose principalement sur la volonté de ses filles et de ses fils. Nous subissons une hémorragie terrible de ressources humaines. Une majorité de filles et de fils du pays ont pris et continuent à prendre le chemin de l’étranger. Cela a un coût, des conséquences, des répercussions et par-dessus tous des causes profondes.
De même qu’à la Crête-à-Pierrot et les autres combats pour la liberté et l’Indépendance, le Général Dessalines, ne pouvait pas compter sur l’ensemble des esclaves mais plutôt sur les plus aguerris et les plus convaincus, nous aussi nous devons faire pareil. Nous compter, compter ceux, d’ici et d’ailleurs qui lient leur sort au sort d’Haïti, sont prêts à sacrifier leurs intérêts, leur carrière, leurs égoïstes ambitions, leurs ambitions tout court etc. pour se mettre au service de leur patrie, ceux qui ont conscience que s’ils ne se lèvent pas pour Haïti, ils finiront broyés par la bête immonde qui y sévit actuellement.
Combien sommes-nous? Certainement nous ne sommes pas majoritaires, mais de notre détermination dépend le sort d’Haïti et cela suffira.
Comment combattre l’insécurité ?
1 Le panorama
De même que la terreur que nous vivons et appelons communément insécurité n’est pas apparue du jour au lendemain, la combattre ne peut se faire également du jour au lendemain. L’insécurité a des racines qui remontent certainement à l’esclavage et même plus loin à la déportation de nos ancêtres en Amérique. Elle s’est nourrie de la mauvaise gouvernance, des catastrophes naturelles, de nos luttes intestines, des injustices subies sur le plan international, de l’ordre mondial instauré par les occidentaux, de notre position dans la Caraïbe, au cœur du triangle de la drogue, mais aussi et surtout de la bêtise de nos dirigeants, de leurs égoïstes ambitions, de leur absence de vision à long terme, de l’absence de projet national, des dictatures, des failles ou plutôt des trous béants du système d’éducation nationale, de l’absence de politique sociale et économique endogène, de l’absence d’infrastructures, d’urbanismes etc. La cerise sur le gâteau est venue avec l’ampleur de la corruption. Elle est partout et gangrène toute vie politique, économique et sociale. Elle a achevé de nous rendre insensibles, inhumains même parfois jusqu’à ce que le malheur sonne à nos portes.
Cette situation est fille légitime des injustices sociales, des inégalités sociales, d’une mauvaise distribution voire d’une concentration excessive des richesses, de l’arrogance des élites, des nantis qui se croient au-dessus des lois, de l’impunité, d’un stupide système patriarcal, du machisme, d’une croissance économique, les rares fois où elle est là, trop molle face à une démographie galopante, d’un scandaleux taux de chômage, d’une production agricole qui se réduit en peau de chagrin, d’une économie foncièrement informelle et mortellement ouverte, de l’emprise totale des religions et des croyances les plus échevelées sur la pensée sociale , Bondye Bon. Mathématiquement, sans même l’intervention de dieux colériques ou de loas vengeurs, un tel cocktail ne pouvait donner qu’une tragédie de cette ampleur.
Nous avons vu dans un précédent article ref. https://lenouvelliste.com/article/247841/haiti-avons-nous un plan B, Nouvelliste du 24 avril dernier, qu’il ne s’agit plus de classique insécurité mais bien de terreur et de folie. Les ennemis ne tuent plus pour voler, rançonner ou parce qu’ils ont des différends, un contentieux à régler avec leurs victimes, ni parce qu’ils ne sont pas de même religion, de même ethnie, ne parlent pas la même langue, mais pour le plaisir de nous voir souffrir. La Police nationale, malgré ses efforts, n’est ni formée, ni outillée pour faire face à cette situation. Les corps d’intervention de la Police nationale, même s’ils arrivent dans bien des cas, à faire reculer les terroristes, ils ne peuvent garder le terrain. Ils ne peuvent mener que des stratégies d’endiguement et cela avec toutes les insuffisances que l’on constate. Il nous faut absolument des troupes pour tenir les terrains reconquis.
L’embryon de force internationale, la MMS n’est là que pour donner bonne conscience aux occidentaux. Les Kenyans, eux aussi, ont été dupes dans ce poker menteur. Ils n’ont pas les moyens pour faire basculer la situation afin au moins de permettre à la peur de changer de camp.
Il en est de même, sinon pire, pour les forces armées d’Haïti. Mais ces derniers ont l’avantage de connaitre la population, le terrain et de n’avoir pas de billet de retour. Au pied du mur, ils combattront avec plus de vigueur, quitte à modérer leur ardeur si besoin est.
Les forces terroristes ont certes des armes longs, des munitions, mais ne sont pas formées, n’ont aucune discipline, ne connaissent aucune tactique de guerre. Leur succès est plus du, aux lacunes, aux incompétences et à la corruption au sein des forces légales ainsi qu’à la corruption, l’incompétence et les contradictions des Gouvernements successifs qui sont aussi autant de freins à l’efficacité du travail des forces de l’ordre.
1ere phase
Comment mettre hors d’état de nuire la coalition terroriste
Il nous faut un Gouvernement d’Exception et sa première mesure sera de décréter la loi martiale dans zones occupées par les terroristes. Comment peut-on continuer à vivre sous le joug des terroristes ? Comment peut-on imaginer continuer à faire affaire de quelque nature que ce soit, à mener une activité quotidienne dans l’environnement des terroristes ? Seulement en espérant que cette fois-ci, la mort, la barbarie, les tragédies visiteront les voisins et pas sa maison. D’ailleurs je prie assez pour cela, je jette de l’eau tous les matins. Bon Dieu Bon!
Pendant ce temps, la République compte ses cadavres, Des centaines de milliers de familles sont à la rue. Les Gouvernements sortent les mêmes communiqués désuets, insensibles, cyniques où ils dénoncent, condamnent fermement, passent des instructions sans dire lesquelles et promettent. Il est bien connu que les promesses n’engagent que ceux qui y croient.
Il y a peu nous avons fait l’expérience d’un Gouvernement de transition avec Ariel HENRI, Premier Ministre- Roi d’Haïti qui devait durer très peu, le temps imparti par la Constitution amendée, soit 120 jours. 3 ans après, ses maîtres, les faiseurs de Prince d’Haïti, l’ont lâché en rase-campagne, l’ont même exilé et notre situation s’est empirée.
Pour donner le change, ils ont imaginé l’attelage la plus complexe qui soit en politique, particulièrement en Haïti. Une présidence à 9 têtes, où ils espéraient que tous les chevaux ayant de l’herbe dans la bouche, ils ne penseront pas à ruer dans les brancards. Et comme cocher, ils ont dépêché l’un de leurs plus valeureux atouts à couleur locale, leur fidèle, obéissant et gentil Gary Conille. Même lui, il s’est senti tellement corseté, dupé qu’il a fini par se faire exfiltré une deuxième fois. Ne parlons pas du feuilleton indigeste des 3 conseillers pris la main dans le sac. Partiront, partiront pas, iront en prison, iront jouir de leur fortune mal acquise en attendant que la roue du pouvoir pointe à nouveau dans leur direction? C’est à vous donner la nausée. Mais ce feuilleton a le mérite de révéler au grand jour les immenses privilèges dont jouissent nos dirigeants et le honteux gaspillage de moyens alors que la population s’enfonce dans la misère, que les forces de l’ordre manquent cruellement de moyens.
La formule CPT est en mode échec absolu. La seule alternative qui nous reste, est la Cour de Cassation. Le Premier Ministre actuel comme les autres, promet monts et merveilles. L’International exige au plus vite des élections. Qu’elles soient mal préparées, mal organisées, que la population n’y participe pas ou ne se retrouve pas dans les résultats, ne compte pas. L’essentiel est de sauver la façade. Le risque est donc grand de voir après ces fameuses élections la fracture sociale s’agrandir, les contestations reprendre et la violence recommencer. A quoi bon sacrifier encore et encore des générations? La population, elle, demande la sécurité, la paix en premier lieu et non des élections. Les conditions ne sont pas non plus réunies pour une conférence nationale devant déboucher sur l’adoption d’une nouvelle Constitution. Cette conférence ne peut être suivie et concoctée que par une minorité de « atoufè-sanzave-malpouwont-sanwont-madigra-avadra-sanzonè-delenkan-matuvu », le verbe haut et les larmes de crocodile aux coins de l’œil, costumés et cravatés pour l’occasion. Les mêmes qui nous ont plongé dans cette situation et qui n’auront d’autres objectifs que de piller encore plus la République, pérenniser leurs privilèges, leur entre-soi, tout en jetant de la poudre aux yeux de la population. A qui des dirigeants qui se respectent, devaient-ils obéir ? à sa population ou à l’International qui le rejettera à la première occasion, à la moindre tentative de regarder « le blanc » dans les yeux?
Ce gouvernement devra prendre des décrets criminalisant à l’extrême non seulement les terroristes mais aussi tous ceux qui s’associent à leurs actions, les supportent d’une façon ou d’une autre. Personne ne devait s’enrichir du malheur d’Haïti et des Haïtiens. Nous devons donner une attention spéciale à toute activité liée à l’insécurité, à toute richesse liée à l’insécurité, qu’elle soit d’apparence légale ou non. La situation persiste aussi parce qu’elle profite à trop de personnes. Nous devons absolument arrêter, en guise de solutions, de nous satisfaire d’actions illégales menées par les forces de l’ordre ou des représentants de la loi, d’exécutions sommaires, de barbaries qui risquent de nous mettre au même niveau que les terroristes.
2ème Phase
Établir le service militaire pour 5 à 10 milles jeunes chaque année.
A la faveur de la fameuse bataille pour le Canal dans le nord-est du pays, alors que face aux outrances, arrogances, violations des droits de l’homme, violations des traités internationaux, cruautés de l’État Dominicain, le Gouvernement d’Ariel Henri avait choisi de faire profil bas, la population avait choisi de faire face et de faire prévaloir ses droits. Pour leur présence, « la garde civile » du BESAP est devenue à cette occasion très populaire et ses dirigeants se sont engouffrés dans le vide laissé par l’État haïtien. De nombreux jeunes se sont « enrôlés ». Cela traduit une certaine volonté de la jeunesse de participer à la lutte contre l’insécurité.
Fort heureusement et opportunément, la Constitution de 1987 stipule dans son article 52-3:
« Il est établi un service civique mixte obligatoire dont les conditions de fonctionnement sont établies par la loi. »
La Constitution amendée, elle va plus loin dans son article 268:
« Dans le cadre d’un Service National Civique mixte obligatoire, prévu par la Constitution à l’article 52-3, les Forces Armées participent à l’organisation et à la supervision de ce service.
Le service Militaire est obligatoire pour tous les Haïtiens âgés au moins de 18 ans.
La loi fixe le mode de recrutement, la durée et les règles de fonctionnement de ces services. »
Statistiquement, avec une population de 12 millions de personne, un taux de natalité assez élevé, il est fort probable que nous avons au minimum 50 milles jeunes qui arrivent à l’âge adulte de 18 ans , chaque année. Parmi ces 50 milles, soyons optimistes, un bon tiers réussira à intégrer une école supérieure, une école professionnelle, trouvera un emploi rémunéré ou embrassera une activité rémunératrice, un autre tiers quittera le pays, légalement ou illégalement et le dernier tiers sera livré à lui-même. Il s’agit bien entendu d’approximations que seule, soit les travaux de l’IHSI ou une autre étude sérieuse pourra confirmer ou infirmer.
C’est de ce dernier tiers qu’il s’agit en priorité. La sécurité, si elle n’est pas la solution à tous nos problèmes, elle est la clé angulaire qui doit ouvrir la porte vers la rénovation de l’État. Si nous laissons ces jeunes livrés à eux-mêmes, ils peuvent être la proie toute trouvée, des gangs et autres associations de malfaiteurs. La nation haïtienne non seulement perdra le bénéfice du peu d’investissement qu’elle a fait en eux, elle devra s’attendre aussi à subir ses assauts cruels, voire un matricide. La Constitution amandée donne à l’Armée d’Haïti le droit de participer à l’organisation et à la supervision de ce service. Puisse cette armée, qui pour le moment, est toujours en gestation, s’organiser pour recruter et prendre en charge ces jeunes femmes et ces jeunes hommes, intéressés par le service militaire, pour leur inculquer des notions civiques, particulièrement les règles de la démocratie et les droits de l’Homme, la discipline, le respect des normes, des règles et de la hiérarchie, les combats physiques, le maniement des armes, les tactiques des combats armés etc. pour en faire une armée de réserve, une Garde Nationale.
Aux forces spéciales de la PNH, de l’Armée et des forces internationales quelles qu’elles soient, d’attaquer les terroristes, de les déloger, de les pourchasser sur tout le territoire national. A cette Garde Nationale encadrée par des militaires de profession, d’assurer la protection de la zone, d’empêcher leur retour ou toute infiltration, à la police administrative de gérer la sécurité à l’intérieur de la zone. Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons enfin récupérer les territoires perdus et rétablir et assurer la souveraineté de l’État sur toute l’étendue de notre territoire.
La paix et la sécurité revenue, cette force sera toujours importante et utile au pays. Par exemple, lors d’élections, lors de catastrophes naturelles, quand la police est dépassée , pour sécuriser nos frontières, dans la lutte contre le trafic d’armes et de stupéfiants etc.
Combien cela nous coûtera-t-il, de loger, nourrir, équiper, entraîner militairement, former 5 à 10 milles jeunes?
Ici, je m’intéresse pour le moment particulièrement au service militaire, mais je signale que le service civique civil est tout aussi important et même permettra à l’État de remplir ses obligations envers sa population.
Cette formule si elle est bien exécutée, offrira divers avantages tout aussi importants, tels que
1) cadrer des jeunes femmes et hommes
2) En faisant se rencontrer, obéir aux mêmes règles, suivre la même formation, pas forcément dans son lieu d’origine, des jeunes d’horizons divers et de conditions sociales différentes, nous pourrions assurer une certaine homogénéité nationale et une cohésion sociale.
3)Renforcer les niveaux de la notion de citoyenneté
4) Retirer au mieux de l’oisiveté, du désœuvrement, du chômage, au pire du banditisme, de la prostitution cachée ou ouverte, du trafic de drogue et des gangs toute une frange de la population.
5)Ce sera pour eux l’occasion de renforcer leurs capacités physiques et théoriques
5) Leur donner la possibilité de donner un sens à leur existence en servant leur pays tout en construisant leur avenir.
6) Nous pourrons en profiter pour les réorienter professionnellement à la fin du service.
Très certainement la communauté internationale ne nous soutiendra pas dans une telle démarche. Mais je remarque aussi qu’idéalement, dessaliliennement, ce serait mieux si c’est un programme national, souverain.
Pour cela, des bureaux de recrutement devront être établis dans toutes les communes. Des camps d’entrainement seront établis dans tous les départements, libres de terreur. L’apport de nos nationaux qui ont eu des expériences dans des armées professionnelles étrangères, sera le bienvenu.
Dans tous les cas , cette formule nous reviendra beaucoup moins cher que les catastrophes récurrentes causées par l’insécurité, le trafic de la drogue, la contrebande, la corruption, le chômage, l’oisiveté, le désœuvrement, la prostitution etc.
A nous de choisir.
Citoyen engagé
jojeanbaptiste@yahoo.com
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