L’année 2024 s’achève. Les bilans sont tristes. Déprimants. Sanglants.

Le pays a connu une sixième année de croissance négative de l’économie. - 4.2%. La pire situation depuis l’année du séisme en 2010.

Malheureusement, le nombre de nos compatriotes tués de mort violente n’a fait que croître durant la même période pendant que les institutions étatiques continuaient de perdre prise sur la protection de la population et des biens.

Dans l’édition du jour, la tragédie de la réouverture ratée de l’Hôpital général, de son nom officiel Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH), en dit long sur nos errances. Trois morts au moins, aucun bilan définitif établi par les autorités, pour ce qui aurait dû être une bonne nouvelle : la réouverture du plus grand centre hospitalier du pays, fermé depuis des mois.

Il y a aussi ce deuxième naufrage à quai dans un port haïtien,  en moins de treize mois. Des bateaux renversés pendant le chargement de leur cargaison s’ajoutent aux naufrages en pleine mer, aux bateaux attaqués en haute mer ou ceux qui le sont à l’entrée du port de Port-au-Prince. Ce 23 décembre, au moins 7 personnes ont péri dans les cales d’un navire et le bilan définitif n’est pas encore établi.

Les bateaux et les avions connaissent le même sort dans notre pays où le principal aéroport est devenu un désert sans aucun vol commercial, pour la deuxième fois cette année. Les bandits ont tiré sur des aéronefs sur le tarmac et en plein vol, à l’approche de la piste.

Nos routes ne sont pas plus sûres. La piste qui conduit au Cap-Haïtien en passant par Hinche, Pignon, St Raphaël- on ne peut pas l’appeler route nationale- est impraticable depuis des mois et en attente de construction depuis avant l’Indépendance…

Cette route embourbée à la moindre averse est le symbole de notre réseau routier abandonné par les instances chargées des travaux d’entretien ou de construction. Autant l’Union européenne ne peut achever la route nationale numéro 3, autant le ministère des Transports publics, Transports et Communications ne peut entretenir le reste du réseau.

Le plus grave problème des transporteurs est cependant l’insécurité. En 2024, un seul syndicat a recensé 30 chauffeurs tués, dont 3 brûlés vifs, tandis que 9 autres ont été enlevés. 576 véhicules ont été incendiés , 246 complètement détruits, et 167 volés. En outre, 37 immeubles abritant des bureaux de compagnies de transport ou de syndicats ont été vandalisés.

Comme si la violence des hommes ne suffisait pas, la nature aussi se mêle de la partie. Les inondations ont causé des pertes en vies humaines toute l’année et des dégâts considérables. La semaine écoulée,  13 personnes ont été emportées par les eaux en furie. Port de paix a payé le plus lourd tribut.

Les bilans malheureux s’étirent sans fin. Dans tous les secteurs, sous tous les angles, trouver du positif est rare en Haïti en cette fin de 2024.