La banderole claque au vent, à l’entrée de l’une des artères les plus fréquentées de Cité Soleil, celle qui conduit à Terre Noire, à Blanchard et qui relie la route nationale numéro 1 à la Route 9. Le message qui y est inscrit est explicite : si les vitres de votre véhicule sont teintées, pour passer dans la zone, il faut les baisser.
En un mot, vous devez pouvoir être vu, recommande le gang qui contrôle ce quartier de Cité Soleil.
Plus loin, à toutes les sorties de la capitale, il faut s’acquitter des montants exigés aux différents postes de péage installés par les gangs. Depuis le 1er juin 2021, date de la prise du quartier de Martissant par les gangs, la pratique de rançonner les chauffeurs s’est étendue en plusieurs points du territoire. Payer pour passer est la nouvelle norme. Le système établi par les bandits est tellement rodé qu’il y a moyen pour des chauffeurs de transport en commun de payer sur une base mensuelle, pour ne pas avoir à s’arrêter à chaque fois.
Se déplacer coûte cher. Transporter des marchandises coûte cher. Simplement emprunter une route, à pied ou en voiture, peut coûter la vie dans l’Haïti de 2025.
Utiliser le transport maritime n’est pas non plus de tout repos, les voyageurs qui ont recours à cette voie peuvent subir des attaques en pleine traversée ou faire face à des aléas techniques qui provoquent des naufrages à quai ou en pleine mer.
Le 11 novembre 2024 a même démontré que les avions n’étaient pas à l’abri des débordements de violence. Ce jour-là, trois aéronefs ont essuyé des tirs à l’arme automatique. Ont été touchés. Il n’y a pas eu de mort ni d’accident, mais le pays est passé à un cheveu de catastrophes aériennes majeures.
Pour faire le bilan 2024 du secteur transport, un article en Une de cette édition résume les péripéties que connaissent les usagers et les opérateurs; mais, il y a un acteur majeur qui passe à travers les mailles du filet : le ministère des Travaux publics, Transports et Communications. Le MTPTC semble avoir jeté l’éponge.
Les nids de poule deviennent des nids d’éléphants dans les rues encore fréquentées de la capitale. Les routes nouvelles, ouvertes pour éviter les chemins contrôlés par les gangs, ne sont ni entretenues ni réparées, encore moins construites, le cabotage n’est ni soutenu ni réorganisé et aucune annonce sérieuse n’a été faite pour renseigner sur les mesures prises pour relancer le transport aérien à Port-au-Prince.
Cela ne va pas pour le secteur des transports dans la région métropolitaine. Ce n’est pas brillant en province non plus. Partout, le réseau se dégrade et les infrastructures se détériorent.





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