En Haïti, les discours de passation de pouvoir se ressemblent trop souvent : symboles d’espoir, mots forts, promesses de changement. Le jeudi 7 août 2025, à la Villa d’Accueil, un nouveau chapitre s’est ouvert avec l’entrée en fonction de Laurent Saint-Cyr à la tête du Conseil présidentiel de transition. Un visage neuf, mais un poids ancien : celui d’un pays pris en otage par la violence, l’instabilité et l’asphyxie.
À la différence de ses prédécesseurs, Saint-Cyr n’a pas promis de miracles. Il a évoqué la réalité crue : celle d’un peuple brisé par les gangs, d’une jeunesse privée d’avenir, d’un État en lambeaux. Ce réalisme peut être salutaire, mais il doit se traduire par une politique claire, résolue, centrée sur le droit fondamental à la vie, à la santé, au bien-être.
Car dans les hôpitaux fermés ou abandonnés, dans les quartiers désertés par les médecins, dans les cris silencieux des femmes accouchant sans assistance, c’est la nation entière qui perd son souffle. La santé n’est pas un luxe qu’on reporte à demain. Elle est la condition première d’un pays debout. On ne gouverne pas un peuple malade. On ne réconcilie pas un pays qui ne peut pas respirer. Le Conseil présidentiel sera jugé non pas à ses discours d’unité, mais à sa capacité à garantir la sécurité des soignants, l’accès aux soins, la protection des plus vulnérables.





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