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Opinions

L’heure des discours est passée, place à la santé, à la vie

CB
Claude Bernard Sérant

August 8, 2025 · Lecture : 2 min

🇫🇷Lire en français
Laurent Saint-Cyr, coordonnateur du CPT
Laurent Saint-Cyr, coordonnateur du CPT
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En Haïti, les discours de passation de pouvoir se ressemblent trop souvent : symboles d’espoir, mots forts, promesses de changement. Le jeudi 7 août 2025, à la Villa d’Accueil, un nouveau chapitre s’est ouvert avec l’entrée en fonction de Laurent Saint-Cyr à la tête du Conseil présidentiel de transition. Un visage neuf, mais un poids ancien : celui d’un pays pris en otage par la violence, l’instabilité et l’asphyxie.

À la différence de ses prédécesseurs, Saint-Cyr n’a pas promis de miracles. Il a évoqué la réalité crue : celle d’un peuple brisé par les gangs, d’une jeunesse privée d’avenir, d’un État en lambeaux. Ce réalisme peut être salutaire, mais il doit se traduire par une politique claire, résolue, centrée sur le droit fondamental à la vie, à la santé, au bien-être.

Car dans les hôpitaux fermés ou abandonnés, dans les quartiers désertés par les médecins, dans les cris silencieux des femmes accouchant sans assistance, c’est la nation entière qui perd son souffle. La santé n’est pas un luxe qu’on reporte à demain. Elle est la condition première d’un pays debout. On ne gouverne pas un peuple malade. On ne réconcilie pas un pays qui ne peut pas respirer. Le Conseil présidentiel sera jugé non pas à ses discours d’unité, mais à sa capacité à garantir la sécurité des soignants, l’accès aux soins, la protection des plus vulnérables.

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La priorité est claire : sécuriser les rues, oui — mais aussi réhabiliter les services de santé, protéger les institutions sanitaires, et donner aux professionnels la possibilité de rester, d’agir, de sauver. Trop de médecins fuient. Trop de familles pleurent faute de soins. Trop de bébés meurent à la naissance. Et trop de citoyens, aujourd’hui, n’ont même plus le rêve du bien-être.

Le secteur privé, dont est issu M. Saint-Cyr, doit comprendre ceci : la santé n’est pas une externalité, mais le socle de toute relance économique, de toute reconstruction nationale. Le droit à la santé n’est pas négociable. C’est la première richesse d’un pays.

Le flambeau a été passé. Maintenant, il ne suffit pas de courir. Il faut courir vers la vie, vers la dignité, vers la santé pour tous. Voilà ce que nous attendons. Voilà ce que nous défendrons.

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