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Opinions

Haïti : insécurité, l’armée comme seule solution est écartée

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Alceus Dilson, Communicologue, juriste 

August 27, 2025 · Lecture : 2 min

🇫🇷Lire en français
Soldats des Forces Armées d'Haïti
Soldats des Forces Armées d'Haïti
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Une force armée est la colonne vertébrale de toute société.En Haïti, la question de la sécurité nationale demeure plus un slogan qu’une réalité concrète. La force armée, censée protéger le pays et garantir l’ordre, est aujourd’hui marginalisée par le gouvernement. Aucun hélicoptère de combat n’a été acquis, aucun char blindé n’a été livré, et aucun recrutement massif n’a été annoncé.

Avec seulement 1 300 soldats en service pour une population d’environ 11,8 millions d’habitants, cela représente un soldat pour près de 9 000 citoyens. Pour mettre cela en perspective, les armées de pays voisins ou comparables disposent généralement d’un soldat pour 100 à 500 habitants. Ce ratio montre à quel point l’armée haïtienne est sous-dimensionnée pour assurer la sécurité nationale.

Les autorités semblent privilégier une stratégie de recrutement au compte-gouttes, intégrant à peine quelques centaines de nouvelles recrues. Les formations à l’étranger, menées discrètement, traduisent une absence de vision claire pour construire une force réellement opérationnelle.

300 × 250

Selon Carl von Clausewitz, célèbre théoricien militaire prussien, « la guerre n’est que la continuation de la politique par d’autres moyens » : une armée faible ou mal équipée perd sa fonction essentielle, qui est d’assurer la sécurité de l’État et la stabilité sociale. Cette idée rejoint la doctrine de Sun Tzu, qui insiste sur l’importance de la préparation, de la visibilité et de la dissuasion : une force non visible ne peut ni protéger ni dissuader.

La théorie moderne de la force minimale souligne qu’un nombre restreint de troupes peut être efficace à condition d’être bien formé, équipé et moralement motivé. Or, l’armée haïtienne, éclatée et peu visible, ne remplit aucun de ces critères, laissant le pays vulnérable face aux groupes criminels et à l’insécurité croissante.

En outre, selon la théorie du morale des troupes, une armée crédible inspire confiance à la population et dissuade l’adversaire. Haïti, avec ses 1 300 soldats pour près de 12 millions de citoyens, illustre tragiquement ce principe : l’armée existe sur le papier, mais son incapacité à intervenir réduit sa valeur stratégique.

Pire encore, cette approche laisse la population et les soldats dans l’incertitude. Une armée en voie de formation devrait être visible et attractive, encourageant les jeunes Haïtiens à s’engager par milliers. À défaut, elle reste fantomatique et prive le pays d’une structure militaire crédible.

Le problème n’est pas seulement matériel ou logistique. Il est politique et stratégique : comment bâtir une armée si aucune volonté réelle ne guide sa construction ? Comment garantir la sécurité nationale si les forces qui devraient protéger le pays sont reléguées au silence ?

Haïti ne peut se permettre de continuer ainsi. Le pays mérite une armée capable, structurée et motivée, qui soit à la hauteur des défis sécuritaires actuels. Ignorer cette nécessité, c’est condamner la nation à l’impuissance face aux crises qui la menacent.

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