Les gens du bas-Delmas et des zones avoisinantes furent contraints de vider leurs maisons et leurs quartiers au début de l'année 2025 après de fortes résistances civiles. Dans le feu, dans le sang, sous les balles, les habitants ont pris la fuite avec leurs mains vides pour échapper à la fureur des bandes armées. Ils s'étaient séparés des mémoires individuelles, des mémoires collectives et de lourds patrimoines matériels laissés à la merci des bandes armées. Ils ont laissé des proches assassinés. Ils se sonr séparés des corps calcinés avec le cœur brisé. Ils s’en allaient orphelins, veuves, veufs, handicapés physiques, mentaux et sensoriels. Les bourreaux hantent leurs pensées dans les camps de refuge ou chez un proche dans la promiscuité. Chaque jours, ils s’impatientent de faire le deuil des proches assassinés sous les balles des bandes. Chaque jour, ils espèrent revoir des proches disparus, des enfants dispersés et separés de leur parents, tombés dans le filet des bandits. Ils sont recrutés ou s’y sont enrôlés.
Le bas-Delmas et ses zones avoisinantes et tout ce qui s’y trouve furent tombés sous le contrôle des bandes armées, inscrits dans le registre des territoires perdus. Comme la bande de Gaza sous les bombes des forces coloniales israéliennes, les villes sont ruinées. L'État répond avec des coups d’arrêtés de renouvellement d'état d’urgence tout en insérant de nouveau département, de nouvelles communes au rythme des territoires perdus. Les forces de police, l’armée et les forces d’autodéfense civile se sont révélées impuissantes. Les déplacés internes et les camps se multiplient à un rythme vertigineux. L’espoir s’amoindrit. La désolation s’empare des gens à chaque nouvelle attaque, à chaque annexion de nouveau quartier par les bandes armées. La situation est hors de contrôle. Dans le moment le plus ténébreux, dans la situation la plus macabre, une étincelle de lumière s’affiche à l’horizon. Dans l’ombre, quelque chose se tramerait. Un dénouement de la situation s’affiche. Ce n’est pas l’État qui annonce le denouement. C’est le chef des bandes armées qui contrôlent la quasi-totalité de la zone métropolitaine. Un chef de bandes a permis aux déplacés internes de souffler avec l’annonce du retrait des bandits des zones de Delmas 30, de Christ-Roi, de Nazon, entre autres.
Inattendument, depuis cette annonce, les gangs armées font demi-tour sur les zones susmentionnées. Le mercredi 27 août 2025, les images de malfrats abandonnant le champ de bataille tournaient en boucle sur les réseaux sociaux. Sont-ils partis avec le sentiment du devoir accompli ? Comment les chefs de bandes les ont-ils accueillis après ce boulot ? Des questions pleuvent sur les motivations des bandes armées. Le scepticisme imprègne les gens. Ceux qui les pourchassent, les traumatisent comme de vilains ennemis, les invitent incessamment à regagner leurs maisons délabrées et pillées. C’est énigmatique. Certains déplacés hésitent. D’autres s’aventurent, défilent dans les zones et découvrent des quartiers inaccessibles et dévastés. Les zones délaissées affichent le théâtre d’une troisième guerre mondiale. Des bombes atomiques semblent être tombées ci et là. Les causes du retrait sont à élucider mais les conséquences sont déjá constatées et incalculables. D’innombrables maisons, institutions publiques, entreprises privées ont été pillées, incendiées, trouées et détruites. Les infortunés qui s’étaient réfugiées dans les camps misérables pleurent sur des débris. Les survivants sont tourmentés après avoir découvert qu'une bonne partie de la mémoire a été emportée ou est partie en fumée. Des rues et des ruelles sombres barricardées par des carcasses de toutes sortes sont méconnaissables. Des arbres et des herbes sauvages jonchent bon nombre de quartiers. Le recul des bandes armées, nous portent à croire qu'il ne reste rien dans les communes de Mirebalais, de Saut-d’Eau, de La Chapelle. Quant à la DCPJ, elle appelle les déplacés à ne pas aller dans les zones à risque. Il y a le risque qu’ils servent de bouclier humain dans les combats entre les bandes armées et les forces de l’ordre. Les paroles des forces de l’ordre, des autorités haïtiennes sont souvent l'objet de moquerie en Haïti, car sans effet. Les déplacés internes sont déjà dans les zones dévastées. À l’évidence, certains ont tout perdu. Il faut repartir à zero. Certains ont perdu même la tête. Reconstruire la vie dans une zone à haut risque exige du courage. Encore, les bandes armées dévastatrices, avec leur arsenal, regardent les personnes retournées par la fenêtre comme de petits proies.





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