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Opinions

Communication et société civile : un mémoire qui éclaire la période du pays lock de 2019

BJ
Branderas Jean Louis

September 15, 2025 · Lecture : 3 min

🇫🇷Lire en français
L'étudiant Terry Vebert Belfleur (3ème à partir de la gauche)
L'étudiant Terry Vebert Belfleur (3ème à partir de la gauche)
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Malgré la situation préoccupante que traverse la zone métropolitaine de Port-au-Prince, certains étudiants refusent d’abandonner leur rêve : contribuer à la recherche scientifique. C’est le cas de Terry Vebert Belfleur, issu de la promotion 2018-2022 de la Faculté des Sciences Humaines (FASCH). Le 6 août 2025, il a présenté et soutenu son mémoire de fin d'études au département de communication sociale de la FASCH.

Son travail de recherche intitulé : « Communication et société civile. Une lecture au travers des notes de presse des associations de la société civile haïtienne durant la période dénommée “pays lock” en 2019 » lui a valu la note 82 sur 100. La soutenance s’est tenue dans les locaux du Rectorat de l’Université d’État d’Haïti (RUEH) par devant un jury composé des professeurs Jean Romel Rodney (président), Josué Vaval (lecteur critique) et Luné Roc Pierre Louis (directeur de mémoire).

Le travail de recherche de l'étudiant s’accentue sur la période dénommée « pays lock » en 2019, notamment au cours des mois de septembre à octobre, qui était caractérisée par la violence quotidienne et le blocage systématique des rues de la capitale et de certaines villes de province. Il a analysé le contenu d'un ensemble de notes de presse ou de communiqués de presse diffusés par des organes de la société civile haïtienne. D'où sa question de recherche : dans quelle mesure ces notes de presse respectent-elles la mission qui incombe à la société civile, qui consiste notamment en la formation et en la publicisation de l’opinion ?

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Si en termes de communication axée sur la société civile, le sujet n’est pas nouveau, l’approche adoptée par Terry à travers l’analyse des notes de presse issues de la société civile se révèle à la fois originale et pertinente. Surtout dans le contexte actuel. L’étude a porté sur des notes de presse émises et diffusées par neuf entités majeures du pays provenant de divers secteurs tels que droits humains, paysannerie, culture, éducation, justice.

En se basant sur la méthode herméneutique de la compréhension du sens, le jeune chercheur en communication sociale a décelé que les associations de la société civile prises en compte dans son étude font l'assomption d’actes de langage perlocutoires qui expriment une visée téléologique et d'un discours conjoncturel à teneur populiste. Autrement dit, l’analyse des notes de presse révèle que les associations de la société civile visaient à séduire, à influencer et à inciter les lecteurs à agir dans leurs intérêts jusqu'à leur imposer leurs points de vue au lieu de chercher à lancer une discussion dans l’espace public haïtien afin de trouver une entente entre les différents acteurs. 

Dans son analyse, le jeune chercheur conclut que les associations de la société civile, à titre de tissu associatif autonome, qui doivent favoriser, communicationnellement, l’intercompréhension entre les différents acteurs, s’enlisent dans un discours conjoncturel à teneur populiste. Il rappelle aussi que le discours de la société civile doit viser à interpeller, à revendiquer et à contester, mais sans vouloir s’entremêler à la sphère politique.

Grâce à cette soutenance, Terry Vebert Belfleur est désormais licencié en communication. Cette étape franchie ouvre la voie à de futures études dans le domaine de la communication pouvant favoriser la réflexion académique sur la société haïtienne.

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