En Haïti, la misère matérielle et la misère morale s’épousent
La misère matérielle s’entend l’absence des besoins fondamentaux notamment la nourriture et le logement, peut-on observer et constater dans les classes populaires où nos compatriotes vivent dans la pauvreté la plus totale. La misère morale, elle, est l’état dans lequel les privations affectent la dignité des filles et des fils du pays national sur le plan psychologique et intellectuel. Au vu de l’expérience vécue au quotidien, la combinaison des deux condamne nos compatriotes à vivre d’expédients, au précariat permanent pour ainsi dire. Il nous semble que la misère morale soit au service de la misère matérielle ; toutes les deux sont le produit des classes dirigeantes qui gouvernent invariablement l’État d’une seule classe, la classe d’intérêts ou la bourgeoisie dominante. Le fossé qui existe entre les membres de la puissante oligarchie et les masses populaires démunies, se creuse de plus en plus. Et les gens de la sphère aisée ne se soucient guère de la situation chaotique qu’ils ont eux-mêmes créée dans la société, à cause de leur cupidité et de leur égoïsme historique. Pareille situation d’inégalité criante aurait dû enlever le sommeil à la bourgeoisie possédante, si la religion d’État n’avait pas usé de son influence pour garantir la paix bourgeoise.
La religion, dite révélée, est ce phénomène spirituel qui incarne la misère morale. Elle est surtout présente dans les milieux pauvres, car les milieux aisés sont de moins en moins disposés à entendre ou écouter la parole de l’Évangile. A notre temps, la bonne parole de l’Évangile s’avère un véritable paradoxe dans la mesure où, en son temps, Jésus avait fait de la pauvreté une quête de lutte permanente à l’instar de son enseignement sur les conditions de vie de l’époque. A l’inverse, l’Église constantinienne, théoricienne historique du christianisme occidental, dérogea d’emblée au principe de l’enseignement central du Bon Pasteur et opta pour le capital et l’argent. Selon elle, la vie spirituelle ne correspond pas à la vraie vie opposée à la vie virtuelle, à l’au-delà. Dès les parvis du Vatican, centre mondial de la chrétienté, on est en contact avec l’immense richesse matérielle de l’Église de Rome : il y en a tellement de belles œuvres picturales, des frasques et de saintes reliques à voir dans les somptueux salons des musés d’exposition de l’art chrétien, que le citoyen pauvre des deux genres aurait eu tendance à voir sa foi s’ébranler, s’il pouvait payer le luxe d’aller y visiter. L’Église catholique romaine a, depuis la nuit des siècles, divorcé d’avec le discours des pauvres qu’incarnait le ministère du Bon Berger, ainsi que d’avec l’Église primitive dont les apôtres étaient témoins de Jésus de Nazareth. Dans Évangile de Jésus selon l’apôtre Jean, on lit cette forte parabole du Pasteur :





Commentaires
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.