EmploiAnnonces
Le Nouvelliste
S'identifier
  • À la une
  • À la minute
  • Culture
  • Economie
  • Editorial
  • International
  • Les remous de l'actualité
  • National
  • Opinions
  • Sport
  • Ticket Mag
Le Nouvelliste

© Le Nouvelliste 2026

Les sections du site

CultureEconomieÉditorialNational
OpinionsSociétéSportTicket

Les services

L'applicationContactez nousDeuilsPetites annonces
Annonces immobilièresToutes nos archivesRSS

Groupe Le Nouvelliste

Magik9Printemps de l'artTélé 20
Livres en folieArtisanat en fête
FacebookInstagramTwitterYoutube
Conditions générales d'utilisationPolitique de confidentialitéConditions générales d'abonnementSuppression de compte
FR|EN
Opinions

Le politicien haïtien : du parasite de la société à un citoyen responsable, digne et soucieux du bien commun

LA
Loubet Alvarez                                     Economiste de formation Citoyen haïtien

December 8, 2025 · Lecture : 4 min

🇫🇷Lire en français
Electeur consultant une liste électorale
Electeur consultant une liste électorale
Suivre sur Google Actualités

Il est temps de dire les choses sans détour, sans haine, sans flatterie. Simplement avec la responsabilité que commande toute prise de parole citoyenne dans un pays qui vacille. Depuis plusieurs décennies, la politique haïtienne s’est éloignée de sa vocation première : servir. Elle est devenue, pour beaucoup, un raccourci vers la richesse personnelle, un espace de prédation, une fabrique d’impunités. C’est ainsi que s’est imposée, dans l’imaginaire collectif, la figure du politicien-parasite : celui qui se nourrit du système sans jamais rien lui donner, celui qui considère l’État comme un butin et non comme une charge à porter.

Mais Haïti ne peut plus se permettre cette dérive. Le pays s'étouffe. Et il est encore temps que les acteurs politiques choisissent de changer de posture, de passer du parasitisme à la responsabilité, de l’arrogance à la dignité, du calcul personnel à la construction du bien commun.

I. La politique haïtienne : un terrain miné par la prédation

300 × 250

Il faut reconnaître ce qui est. La classe politique haïtienne, dans son ensemble — avec, bien sûr, des exceptions — a contribué à l’effritement de l’État et à la normalisation du chaos.

  • Clientélisme comme mode de gestion. Les institutions deviennent des plateformes de faveurs, non des espaces de règlementation. Le service public est remplacé par le service de clan.
  • Confusion entre biens privés et biens de l’État. Beaucoup d’élus confondent leur patrimoine personnel avec les ressources publiques. L’État devient une caisse ouverte.
  • Absence de vision collective. Chaque mandat commence par un démantèlement de ce que l’autre a fait. Il n’existe ni continuité, ni plan national, ni culture d’évaluation.
  • Mépris pour la population. On gouverne sans consulter, sans écouter, sans même considérer la souffrance quotidienne des citoyens.

Ce comportement n’est pas seulement immoral : il est destructeur. Et il détruit d’abord la légitimité du politique.

II. Le politicien haïtien face à son propre effondrement moral

On observe aujourd’hui une rupture profonde entre la population et ceux qui prétendent la représenter. Le politicien haïtien contemporain souffre d’un déficit d’éthique, d’une mauvaise compréhension du pouvoir et d’une obsession malsaine pour l’argent.

  • Le pouvoir comme trophée, non comme responsabilité. Beaucoup entrent en politique pour « être quelqu’un », non pour accomplir quelque chose.
  • La parole publique dévaluée. Les promesses n’engagent que ceux qui y croient. La duplicité est devenue un mode d’action.
  • L'impunité comme oxygène du système. On agit en sachant qu’il n’y aura ni enquête, ni sanction, ni reddition de comptes.

Cette déchéance morale nourrit la colère populaire, renforce la défiance, détruit la cohésion sociale et alimente, à terme, l’effondrement de la nation.

III. Transformer la posture politique : urgence morale et nationale

Si Haïti veut se relever, la classe politique doit amorcer une transformation radicale de ses comportements. Pas demain. Pas après les prochaines élections. Maintenant.

1. Restaurer la dignité personnelle

La dignité commence par la maîtrise de soi, par le respect des règles, par l’honnêteté dans les actes. Un politicien indigne ne peut pas construire une nation digne.

2. Se former et se hisser au niveau des enjeux

Gouverner un pays en crise demande des compétences : en économie, en gestion de la chose publique, en diplomatie, en sécurité, en planification, en finances.
Un politicien qui ne se forme pas est déjà un danger public.

3. Servir, et non se servir

L’État n’est pas un buffet ouvert. C’est une institution fragile qui appartient à 12 millions de personnes.
La fonction publique n’est pas un instrument d’enrichissement, mais un sacrifice consenti au nom du pays.

4. Adopter une éthique de la transparence

Rendre compte, expliquer, publier les dépenses, se soumettre aux audits, reconnaître ses erreurs : ce n’est pas s’affaiblir, c’est s’honorer.

5. Travailler pour le long terme

Haïti n’a pas besoin de politiciens qui pensent en cycles électoraux. Elle a besoin de femmes et d’hommes capables d’inscrire leurs actions dans une perspective de 20, 30, 40 ans.

IV. Vers un politicien nouveau : responsable, digne, utile

Le politicien haïtien de demain doit incarner l’inverse de ce que le pays a trop longtemps connu :

  • Un constructeur, non un démolisseur.
  • Un citoyen responsable, non un parasite de l’État.
  • Un passeur d’avenir, non un gardien de privilèges.
  • Un serviteur du bien commun, non un comptable d’intérêts privés.

Il doit comprendre que son rôle est d’incarner l’espérance du peuple, non de l’étouffer. Qu’être au pouvoir, c’est accepter d’être jugé, contesté, contrôlé, évalué. Qu’Haïti ne pourra se sauver qu’à travers l'émergence une nouvelle culture politique fondée sur l’éthique, la compétence et la responsabilité.

Conclusion : un appel à la hauteur

Cet article n’est pas une condamnation. C’est un appel. Un appel à la hauteur, à l’honneur, à la reconstruction morale de la politique haïtienne.
Le pays n’a pas besoin de politiciens parfaits : il a besoin de politiciens responsables.
Il n’a pas besoin de héros : il a besoin de citoyens engagés.
Il n’a pas besoin de beaux discours : il a besoin d’actes courageux, incarnés, cohérents.

À la classe politique haïtienne, ce message est clair :
Il n’est plus question de parasiter la société. Il est temps de la servir. Il est temps d’être dignes. Il est temps d’être à la hauteur du peuple que vous prétendez représenter.

Loubet Alvarez                                    

Economiste de formation

Citoyen haïtien

Suivez-nous sur WhatsApp
politicien haïtienpolitique haïtienne

Lire aussi

Opinions4 novembre 2026

IA et éthique : un redoutable piège pour les pays du Sud

Opinions4 novembre 2026

Le secret de polichinelle

Opinions4 novembre 2026

Le monde universitaire et le barreau de Port-au-Prince en deuil : Me Claudette Belfont nous a quittés

Opinions3 novembre 2026

Nan kè nou tankou nan tèt nou: avni peyi a dwe jwenn plas li merite a…

Commentaires

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.

Les commentaires sont modérés avant publication. Votre e-mail n'est pas publié.