EmploiAnnonces
Le Nouvelliste
S'identifier
  • À la une
  • À la minute
  • Culture
  • Economie
  • Editorial
  • International
  • Les remous de l'actualité
  • National
  • Opinions
  • Sport
  • Ticket Mag
Le Nouvelliste

© Le Nouvelliste 2026

Les sections du site

CultureEconomieÉditorialNational
OpinionsSociétéSportTicket

Les services

L'applicationContactez nousDeuilsPetites annonces
Annonces immobilièresToutes nos archivesRSS

Groupe Le Nouvelliste

Magik9Printemps de l'artTélé 20
Livres en folieArtisanat en fête
FacebookInstagramTwitterYoutube
Conditions générales d'utilisationPolitique de confidentialitéConditions générales d'abonnementSuppression de compte
FR|EN
Opinions

Haïti : douze millions d’âmes, mais combien de citoyens ?

Pour une renaissance de la citoyenneté et du destin collectif

LA
Loubet Alvarez Citoyen haïtien Économiste de formation

December 26, 2025 · Lecture : 3 min

🇫🇷Lire en français
Maisons du quartier de Jalouzi
Maisons du quartier de Jalouzi
Suivre sur Google Actualités

Il y a des phrases qui dérangent mais qui libèrent. Dire qu’Haïti est un pays de douze millions d’habitants avec très peu de citoyens n’est pas une provocation gratuite. C’est un constat amer, mais salutaire, qui pointe notre plus grande faiblesse : l’absence d’un véritable pacte civique. Depuis trop longtemps, nous vivons côte à côte sans vivre ensemble ; nous partageons un territoire sans partager un projet ; nous occupons une République sans nous comporter comme les héritiers d’un peuple qui a brisé les chaînes pour fonder sa liberté.

Être haïtien n’est pas seulement un fait de naissance, c’est un engagement. C’est la responsabilité d’assurer la dignité humaine, la solidarité sociale, la protection du bien commun et la défense de l’intérêt collectif. C’est accepter que notre destin individuel est inséparable du destin national. Or, depuis plusieurs décennies, la citoyenneté s’est érodée, remplacée par un individualisme affamé, un cynisme corrosif et une méfiance généralisée envers l’État comme envers l’autre.

Le recul de la citoyenneté : une blessure profonde

300 × 250

Nous sommes devenus un pays où chacun tente de survivre seul, où le succès individuel est souvent bâti sur l’effondrement collectif, et où la loi du plus fort a pris la place du contrat social. Ce n’est pas la faute d’un seul groupe ; c’est une spirale qui a englouti l’État, les élites, les institutions, l’école, les familles et les communautés.

— Quand la corruption devient une norme tacite, la citoyenneté s’effondre.
— Quand l’impunité règne, le civisme disparaît.
— Quand la pauvreté extrême devient un piège générationnel, le devoir civique perd son              sens.
— Quand l’État n’offre ni sécurité, ni justice, ni avenir, l’individu se replie sur lui-même.

Pourtant, il y a dans la population haïtienne une réserve de dignité, d’intelligence, de courage et de créativité qui ne demande qu’à être réveillée. La citoyenneté n’est pas morte : elle sommeille.

Restaurer la citoyenneté : un impératif national

La restauration de la citoyenneté n’est pas un luxe intellectuel. C’est la clé de tout : sécurité, stabilité, développement, prospérité, justice sociale. Sans citoyens, il n’y a pas d’État ; sans État, il n’y a pas de nation.

Restaurer la citoyenneté suppose :

1. Réapprendre la solidarité

Haïti ne se relèvera jamais si chacun ne pense qu'à sa propre survie. La solidarité n’est pas une charité improvisée ; c’est une éthique collective. C’est l’idée que personne ne doit être abandonné, que la réussite de l’un ne doit pas être construite sur la misère de l’autre.

2. Reconstruire la responsabilité

Être citoyen, c’est accepter que nos actions ont des conséquences sur l’ensemble. C’est refuser la facilité, la corruption, le clanisme, l’abus. C’est défendre ce qui est juste, même lorsque personne ne regarde.

3. Valoriser le bien commun

Routes, écoles, hôpitaux, justice, sécurité, environnement : ce sont des biens collectifs, pas des privilèges individuels. Les protéger, les renforcer, les exiger : voilà le cœur de la citoyenneté.

4. Bâtir une culture du développement durable

Haïti ne peut plus se permettre les solutions temporaires, les bricolages politiques, les compromis toxiques. La citoyenneté nouvelle exige une vision longue : protéger les ressources naturelles, renforcer les institutions, moderniser l’économie, valoriser le travail et l’éducation.

Un appel à l’orgueil national

Haïti n’est pas condamnée. Elle attend une génération capable de comprendre que le patriotisme n’est pas une émotion, mais une responsabilité quotidienne. Nous ne devons pas être les enfants indifférents d’un peuple qui a ébloui l’humanité en 1804. Nous devons redevenir dignes de cet héritage.

La citoyenneté haïtienne doit redevenir un honneur, un devoir, une fierté. L’heure n’est plus aux lamentations, mais à la prise de conscience. Construire Haïti autrement n’est pas le travail d’un gouvernement, mais l’œuvre d’un peuple.

Haïti ne renaîtra que lorsque chaque habitant décidera de devenir un citoyen.
Et cela commence maintenant.

Loubet Alvarez

Citoyen haïtien

Économiste de formation

Suivez-nous sur WhatsApp
citoyencitoyennetébien commun

Lire aussi

Opinions4 novembre 2026

IA et éthique : un redoutable piège pour les pays du Sud

Opinions4 novembre 2026

Le secret de polichinelle

Opinions4 novembre 2026

Le monde universitaire et le barreau de Port-au-Prince en deuil : Me Claudette Belfont nous a quittés

Opinions3 novembre 2026

Nan kè nou tankou nan tèt nou: avni peyi a dwe jwenn plas li merite a…

Commentaires

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.

Les commentaires sont modérés avant publication. Votre e-mail n'est pas publié.