EmploiAnnonces
Le Nouvelliste
S'identifier
  • À la une
  • À la minute
  • Culture
  • Economie
  • Editorial
  • International
  • Les remous de l'actualité
  • National
  • Opinions
  • Sport
  • Ticket Mag
Le Nouvelliste

© Le Nouvelliste 2026

Les sections du site

CultureEconomieÉditorialNational
OpinionsSociétéSportTicket

Les services

L'applicationContactez nousDeuilsPetites annonces
Annonces immobilièresToutes nos archivesRSS

Groupe Le Nouvelliste

Magik9Printemps de l'artTélé 20
Livres en folieArtisanat en fête
FacebookInstagramTwitterYoutube
Conditions générales d'utilisationPolitique de confidentialitéConditions générales d'abonnementSuppression de compte
FR|EN
Opinions

Lettre aux militants et militantes de Montana et à tous les autres Compatriotes Haïtiens et Haitiennes, Chers Frères et Sœurs,

DC
Dr Charles Tardieu

December 29, 2025 · Lecture : 8 min

🇫🇷Lire en français
Des acteurs de l'accord de Montana
Des acteurs de l'accord de Montana
Suivre sur Google Actualités

Je vous écris aujourd’hui avec le cœur lourd, mais animé d’une flamme indestructible. D’octobre 2019 au 30 août 2021, nous avons partagé ensemble des années de lutte, de débats, de sacrifices et de rêves pour un pays qui nous échappe trop souvent, mais qui demeure au centre de nos vies et de nos espérances. Montana, notre organisation, a été récupérée par des politiciens, mais son esprit citoyen, son idéal, et sa mission ne peuvent mourir. Car Montana n’était pas seulement une structure et surtout pas une organisation politique de plus : c’était une vision, une promesse, une exigence de dignité pour Haïti.

Nous avons été vigilants pendant des décennies. Nous avons vu des générations s’éteindre, des leaders tomber, des projets avorter. Pourtant, nous avons continué. Et nous devons poursuivre. Pour nos enfants, pour les enfants de nos enfants, pour que la terre d’Haïti ne soit pas condamnée à l’éternel chaos, mais qu’elle retrouve enfin la lumière de l’espérance, celle que les fondateurs/trices de notre nation nous ont léguée à Bois-Caïman en 1791, à Vertières en 1803 et aux Gonaïves en 1804 : tout moun se moun.

Aujourd’hui, je vous appelle, je vous invite à vous lever de nouveau. 

300 × 250

Le 7 février 2026 arrive à grande vitesse.Une date charnière dans l’histoire de notre pays, un tournant critique où nous devrons nommer un nouveau gouvernement. Ce moment ne peut être laissé au hasard ni abandonné aux forces destructrices qui ont trop souvent pris en otage nos efforts et notre avenir. Détruits nos rêves et nos espoirs. Si nous restons passifs, Haïti descendra encore plus bas dans l’abîme.

Il nous est donné d’observer de nombreuses initiatives et propositions de la société civile pour une sortie de crise ordonnée. Loin des perspectives et projets de se maintenir au pouvoir par les autorités en place, ces organisations œuvrent à trouver une solution bénéfique à la nation toute entière. Il nous faut impérativement regrouper, fédérer tous ces efforts autour d’un projet unique, unitaire autour du bien être de la population et de notre pays.

Aussi nous devons plus que jamais nous unir, reprendre le flambeau, empêcher cette descente aux enfers et ouvrir une nouvelle voie.

La mémoire de notre combat

Souvenez-vous de nos réunions interminables, de nos débats passionnés, de nos nuits blanches à rédiger des propositions, des chartes, des plans de sortie de crise. Souvenez-vous de la ferveur qui nous animait, de la conviction que nous pouvions bâtir un consensus national inclusif, que nous pouvions donner à Haïti une chance réelle de se relever.

Nous avons affronté les moqueries, les menaces, les découragements. Nous avons vu des amis partir, des camarades se fatiguer, des voix s’éteindre. Mais nous avons aussi vu naître des étincelles d’espérance, des moments où la société civile haïtienne a montré qu’elle pouvait être forte, qu’elle pouvait proposer des solutions là où l’État échouait, là où les politiciens traditionnels échouaient, eux aussi, lamentablement.

Montana était cela : une preuve vivante que la société civile pouvait se lever et dire «assez ! ». Un espoir! Une preuve que nous pouvions rêver d’un pays gouverné par la raison, la justice et la solidarité, dans l’unité.

Ne pas céder au désespoir

Aujourd’hui, beaucoup parmi nous sont fatigués. Certains disent : « Nous avons essayé, nous avons échoué, il n’y a plus rien à faire. » Mais je vous le dis avec force : céder au désespoir, c’est trahir nos enfants. C’est abandonner Haïti à la fatalité. Et nous n’avons pas le droit d’abandonner.

Nos enfants nous regardent. Ils voient nos luttes, nos renoncements, nos silences. Que voulons-nous leur transmettre ? Une terre ravagée, un pays sans horizon ? Ou bien une flamme, une conviction, une promesse que malgré les épreuves, nous avons tenu bon ?

Nous devons leur dire : « Oui, nous avons souffert. Oui, nous avons perdu plusieurs batailles, parfois. Mais jamais nous n’avons cessé de croire. Jamais nous n’avons cessé de nous battre. Et jamais nous n’arrêterons jusqu’à la victoire finale! Puisque nous allons gagner.

Aujourd’hui, nous sommes témoins de la chasse aux immigrants dans un nombre grandissant de ces sociétés bâties et maintenant prospères par la sueur des peuples d’Asie, d’Afrique et du Moyen-Orient. Pour nous autres Haïtiens, cette chasse aux immigrants correspond aussi au rejet manifeste de notre victoire en 1803 sur les troupes de Napoléon. Il y a quelque part cette détermination à présenter la Révolution haïtienne comme un échec pitoyable, une expérience à ne pas suivre.

L’année 2026 et le 7 février 2026 : un tournant

L’année 2026 et le 7 février 2026 ne sont pas des anniversaires comme les autres. Le 222e anniversaire de notre indépendance marque un tournant majeur, une croisée des chemins dans l’histoire de notre pays. Le symbole vivant de la rencontre des trois mondes qui fonde la Nation haïtienne et qui a marqué l’Humanité : 1) l’héritage africain du Mandé de 1236 par la mémoire de la liberté arrachée à l’esclavage; 2) les racines indigènes des Taïnos qui marquent la résistance première et l’ancrage à la terre; et 3) l’espérance chrétienne qui exprime la dignité humaine et la justice comme horizon moral.

Au 7 février, Haïti devra nommer un nouveau gouvernement. La mission initiale de celui-ci consistera à arrêter la progression vertigineuse vers les profondeurs obscures où nous entraînent les dirigeants actuels et engager le redressement inéluctable.

Nous savons trop bien ce qui se passe quand nous restons spectateurs : les mêmes forces corrompues s’emparent du pouvoir, les mêmes logiques de violence et de prédation se perpétuent. Les mêmes causes produisent les mêmes effets! Mais si nous nous mobilisons, si nous faisons entendre nos voix, si nous proposons une alternative crédible, nous pouvons infléchir le cours de l’histoire.

Chers amis.es et compatriotes de Montana, je vous appelle donc à rejoindre un mouvement pour le changement. Pas un mouvement de façade, pas une coalition de circonstance, mais un véritable engagement citoyen, enraciné dans nos valeurs, dans notre mémoire, dans notre amour pour Haïti.

Un appel à l’unité

Nous avons connu nos divisions, nos désaccords, nos querelles. Mais aujourd’hui, l’heure n’est plus aux disputes. L’heure est à l’unité. Car seul un peuple uni peut empêcher la descente aux enfers.

Je vous exhorte à mettre de côté vos rancunes, vos blessures, vos frustrations, les sentiments d’échecs. Je vous demande de regarder plus loin, de voir l’avenir de nos enfants, de voir la dignité et la grandeur de notre nation.

Unis, nous pouvons bâtir un mouvement qui transcende les partis, les nombreuses propositions de sortie de crise, les clans, les intérêts personnels. Unis, nous allons imposer une nouvelle logique : celle du bien commun, celle de la responsabilité, celle de l’espérance et de la persévérance. La logique de la réussite collective. La construction de l’unité autour d’un seul projet de sauvetage de notre nation, comme jadis à Bois Caïman et à Vertières. 

La force de la société civile

Ne sous-estimez pas notre force. Nous ne sommes pas des politiciens professionnels, nous ne disposons pas de grandes fortunes ni d’armées. Mais nous avons quelque chose de plus précieux : la légitimité morale et la conviction citoyenne. Nous avons la confiance de ceux qui croient encore en Haïti. Nous avons la capacité de proposer des solutions, de mobiliser les consciences, de rallier les cœurs.

La société civile haïtienne a déjà montré qu’elle pouvait être une actrice décisive. Elle peut l’être encore. Mais seulement si nous acceptons de reprendre le combat, de nous organiser, de nous engager.

Un serment pour nos enfants

Je vous propose aujourd’hui un serment. Un serment simple, mais puissant : nous ne renoncerons pas.

Nous ne renoncerons pas à Haïti.

Nous ne renoncerons pas à nos enfants.

Nous ne renoncerons pas à l’espérance.

Nous ne renoncerons pas à l’héritage de la liberté, la liberté ou la mort.

Ce serment doit être notre boussole, notre force, notre raison d’être. Chaque fois que le découragement nous guette, rappelons-nous ce serment. Chaque fois que la peur nous paralyse, rappelons-nous ce serment. Chaque fois que la tentation de l’abandon nous effleure, rappelons-nous ce serment. Chaque fois que la velléité d’agir seul reprend le dessus au sein de nos organisations, rappelons-nous de Bois Caïman en 1791, Vertières en 1803 et Gonaïves le 1er janvier 1804.

Conclusion : un appel à l’action

Mes Frères et Sœurs, je vous appelle à nous rejoindre. Pas demain, pas plus tard, mais maintenant. Le temps presse. Le 7 février 2026 approche. Nous devons être prêts. Nous devons être organisés. Nous devons être unis.

Je vous demande de reprendre le flambeau de Montana, non pas comme une organisation formelle et galvaudée, mais comme cet esprit, cette mission, cette force collective que je propose de nommer : Montana-222. Je vous exhorte à vous engager dans ce mouvement pour le changement, pour empêcher la descente aux enfers de notre pays, pour ouvrir une nouvelle voie.

Haïti est à un carrefour. Elle peut sombrer ou elle peut renaître. Et ce choix dépend de nous, de la Société civile !

De Montana-222

Ne laissons pas nos enfants hériter d’un pays détruit. Levons-nous, unissons-nous, agissons.

Recréons l’histoire victorieuse de 1791, de 1803 et de 1804.

Pour Haïti. Pour nos enfants. Pour l’espérance.

Avec toute ma foi et toute ma détermination,  

Dr. Charles Tardieu

Membre fondateur de Montana du 30 août 2021, Vers le nouveau « Montana-222 »

Suivez-nous sur WhatsApp
PolitiqueMilitanceAppel

Lire aussi

Opinions4 novembre 2026

IA et éthique : un redoutable piège pour les pays du Sud

Opinions4 novembre 2026

Le secret de polichinelle

Opinions4 novembre 2026

Le monde universitaire et le barreau de Port-au-Prince en deuil : Me Claudette Belfont nous a quittés

Opinions3 novembre 2026

Nan kè nou tankou nan tèt nou: avni peyi a dwe jwenn plas li merite a…

Commentaires

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.

Les commentaires sont modérés avant publication. Votre e-mail n'est pas publié.