EmploiAnnonces
Le Nouvelliste
S'identifier
  • À la une
  • À la minute
  • Culture
  • Economie
  • Editorial
  • International
  • Les remous de l'actualité
  • National
  • Opinions
  • Sport
  • Ticket Mag
Le Nouvelliste

© Le Nouvelliste 2026

Les sections du site

CultureEconomieÉditorialNational
OpinionsSociétéSportTicket

Les services

L'applicationContactez nousDeuilsPetites annonces
Annonces immobilièresToutes nos archivesRSS

Groupe Le Nouvelliste

Magik9Printemps de l'artTélé 20
Livres en folieArtisanat en fête
FacebookInstagramTwitterYoutube
Conditions générales d'utilisationPolitique de confidentialitéConditions générales d'abonnementSuppression de compte
FR|EN
Opinions

Roger Colas en capsules

IL
Islam Louis Etienne

January 5, 2026 · Lecture : 7 min

🇫🇷Lire en français
Roger Colas (image retouchée)
Roger Colas (image retouchée)
Suivre sur Google Actualités

 

Roger Colas, poète haïtien de la mémoire et du souffle,l’un des artistes chanteurs les plus percutants de son epoque, a inscrit dans ses  compositions  la dignité des humbles et la ferveur des luttes. Sa voix, à la fois intime et collective, demeure une ouverture pour ceux qui cherchent à unir beauté et résistance. Commencer l’année sous son signe, c’est choisir la clarté des mots comme chemin de la fraternité.

300 × 250

1.Le principe fondateur

Au sein de l’Orchestre Septentrional, le maestro Pierre Louis a toujours dressé une barrière contre le vedettariat. Et fort heureusement : car une telle dérive aurait pu, à terme, nuire à l’équilibre et à l’épanouissement harmonieux du groupe.

2.La règle universelle

Dans toute discipline – qu’il s’agisse de sport, d’enseignement, de politique ou d’art – il existe toujours une figure de proue. Un membre de l’équipe finit par se distinguer, par émerger du lot. L’Orchestre Septentrional n’échappe pas à cette loi universelle, bien au contraire.

Roger a porté la parole comme une torche, non pour brûler, mais pour éclairer.Dans ses compositions, la douleur devient semence, et l’espérance, une levée de soleil.

3.Les visages remarquables de Septent

  • Jacques François (TiJak piston) : son allure de vedette était manifeste. Au Cap-Haïtien, entre 1959 et 1969, il fut le seul musicien de Septent à posséder une voiture. Vers la fin de son passage, il résidait même à l’hôtel, signe d’un statut singulier.

             Jacques Jean (TiJak alto) : malgré une modestie évidente, son charisme le propulsait                       toujours, presque malgré lui, à l’avant-plan.

  • Raymond jean Louis un technicien hors- pair qui s’imposait par ses connaissances techn iques et linguistiques
  • Alfred Moise un arrangeur-compositeur qui damait le pion a Ulrick Pierre louis.
  • Pierre Jacques etait respecte comme un ouvrier du bois
  • Jean Menuau etait un professeur -decorateur qui avait gagne tous les suffrages
  • Roger Colas : avec son style soigné et son allure marquante, incarnait sans conteste le chanteur-vedette de Septentrional.il se faisait aussi connaitre comme un arrangeur- compositeur d’elite . Chaque  composition de Colas est une marche, chaque marche une mémoire, chaque mémoire une promesse : celle de ne jamais céder au silence.

4.Le choix assumé

Mettre en lumière un musicien plutôt qu’un autre ne vise pas seulement à rappeler ce qu’il fut, mais surtout à souligner ce qu’il fit durant son passage dans l’orchestre. Parmi plus d’une centaine de musiciens ayant marqué l’histoire de Septentrional, nous avons choisi d’élever Roger Colas.

5.L’hommage final

Peut-être ce choix ne rencontrera-t-il pas l’adhésion de tous. Mais si nos regards convergent, cela prouve que vous partagez avec nous le sens du goût et de l’exigence. Car élire Roger Colas au podium, c’est reconnaître en lui non seulement une figure, mais une mémoire vivante de Septentrional.

6.L’occasion et la mémoire

L’occasion est trop belle pour résister à la tentation de parler, un peu, de Roger Colas.Cette voix s’est tue un dimanche matin, le 14 septembre 1986, à l’âge de 49 ans et 252 jours, laissant dans le cœur de ses admirateurs l’arrière-goût d’une mélodie inachevée. Il a transforme la douleur en semence et l’espérance en chant partagé.

7.Le don du ciel

Naître artiste est un don gratuit du ciel. Roger Colas fut l’un de ces privilégiés naturels, prédestinés dirions-nous. Il vit le jour a Quartier Morin , un mercredi 6 janvier 1937, jour des Rois. Son passage terrestre, du berceau à ce dimanche fatal, dura moins d’un demi-siècle : treize mille trois cent quarante-neuf jours exactement.

8.Les racines et l’éducation

Issu de l’union légitime de Jean-Baptiste Colas et de Virginie Noël, Roger grandit au Cap-Haïtien. Il fréquenta l’École des Frères de l’Instruction chrétienne jusqu’au Certificat d’études primaires, puis poursuivit son secondaire au Lycée Philippe Guerrier.

C’est là qu’il apprit le solfège et révéla ses talents d’artiste lors des séances académiques et des surprises-parties. Il faut rappeler que, dans ce lycée, le solfège et le dessin occupaient une place aussi importante que le latin, le grec, les sciences naturelles, le français ou les mathématiques.

9. Les détours de la jeunesse

Pour des raisons encore obscures, Roger quitta le Lycée Philippe Guerrier en 1953 et acheva sa classe de seconde au Collège privé Oswald Durand. L’année suivante, il gagna Port-au-Prince pour compléter ses études classiques au Lycée Alexandre Pétion.

Mais son exode vers la capitale cachait une passion première : l’aviation. Comme Saint-Exupéry avant lui, il abandonna la rhétorique au second trimestre de l’année académique 1953-1954 pour s’enrôler au camp d’aviation militaire, où il passa dix-huit mois, de mars 1954 à août 1955.

À cette époque, Roger découvrit Port-au-Prince, avec tout ce que cela signifiait pour un « petit provincial » libéré du joug parental et des contraintes scolaires. Il connaissait déjà les accords de base à la guitare et nourrissait une passion pour la langue de Cervantes. Ses sérénades, portées par une voix étonnante, surprirent plus d’un auditeur.

10.L’éveil d’un artiste complet

À 17 ans, affecté au camp d’aviation militaire, Roger Colas était déjà un jeune homme aux multiples talents : artiste-peintre, tailleur, chanteur en devenir. À l’été 1955, âgé de dix-huit ans et demi, il possédait derrière lui une solide formation académique et une expérience de vie nouvelle.

Il importe de souligner qu’au milieu des années cinquante, l’enseignement en Haïti surpassait largement celui d’aujourd’hui, tant dans les écoles classiques que dans les filières artisanales, techniques et supérieures.

11. Le concours fondateur

Profitant d’une période de relâche en août 1955, Roger Colas regagna sa ville natale, le Cap-Haïtien. Il s’inscrivit comme chanteur amateur au concours radiophonique Recherche des Étoiles, organisé par la 4VCP, La Voix du Nord, et retransmis en direct depuis la salle de projection Eden Ciné.

Le dimanche 4 septembre, accompagné de sa guitare, il interpréta avec brio une chanson ranchera. Sa voix impressionna le jury et le public : il remporta aisément le concours.

12.La rencontre décisive

Parmi les auditeurs se trouvait le maestro UlrickPierre-Louis, qui venait d’amorcer la fameuse Révolution de 55.

Séduit par cette voix singulière, il invita Roger Colas à faire un essai aux côtés de Jacob Germain et Thomas David, lors du bal dominical à Rumba. Roger accepta sans hésiter et improvisa sa première soirée avec Septentrional le 4 septembre 1955.

Dès le lendemain, il accompagna l’orchestre comme chanteur stagiaire à Limonade, pour la fête de Sainte Philomène.

13. La vocation révélée

Le glas venait de sonner sur sa carrière paramilitaire dans l’aviation. Roger Colas avait trouvé sa véritable vocation : celle de chanteur professionnel. Il porta la parole  comme  la  lumiere  d’un puissant projecteur contre l’ombre

Ce mariage d’amour avec Septentrional allait durer vingt ans, trois mois et quinze jours, du 4 septembre 1955 au 19 décembre 1975, date de son départ pour les États-Unis.

En 1984, il revint définitivement en Haïti et reprit sa place au sein de l’orchestre, jusqu’au dimanche 14 septembre 1986, où le destin cruel l’arracha à ses proches et à ses admirateurs.

14.L’exil et le retour

Son émigration aux États-Unis lui permit de travailler et d’étudier comme Nursing Assistant à l’Université de Miami. Il obtint son diplôme au Jackson Memorial Hospital au début des années 1980.

Son premier retour en Haïti, le 18 mai 1981, puis son retour définitif en 1984, furent célébrés avec faste par les musiciens et les fanatiques de Septent, qui l’accueillirent comme l’enfant prodigue.

15.L’héritage

Le 14 septembre 1986, la voix s’éteignit ,mais l’écho demeure .Un souffle s’élève encore, dans les veillées, dans les écoles,dans les cœurs qui refusent l’oubli. Roger Colas est un témoin, et son témoignage est une tranche d’histoire.

Dans les cœurs des enfants, des proches, des admirateurs. Roger Colas est une mémoire vivante de l’orchestre  Septentrional, Il est une  etoile musicale  de la culture haïtienne.il a inscrit la memoire dans ses chansons pour qu’elle ne s’efface jamais.

Refrain de clôture

Ainsi, Roger Colas demeure une présence : celle d’un  artiste-chanteur exceptionnel qui a su unir la ferveur des luttes à la douceur des mots. En ce début d’année, son héritage nous rappelle que la poésie n’est pas seulement un art, mais une manière de vivre ensemble, de résister ensemble, et d’espérer ensemble. « La voix s’est tue, mais l’écho demeure…

 

Suivez-nous sur WhatsApp
Roger ColasMusique

Lire aussi

Opinions4 novembre 2026

IA et éthique : un redoutable piège pour les pays du Sud

Opinions4 novembre 2026

Le secret de polichinelle

Opinions4 novembre 2026

Le monde universitaire et le barreau de Port-au-Prince en deuil : Me Claudette Belfont nous a quittés

Opinions3 novembre 2026

Nan kè nou tankou nan tèt nou: avni peyi a dwe jwenn plas li merite a…

Commentaires

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.

Les commentaires sont modérés avant publication. Votre e-mail n'est pas publié.