EmploiAnnonces
Le Nouvelliste
S'identifier
  • À la une
  • À la minute
  • Culture
  • Economie
  • Editorial
  • International
  • Les remous de l'actualité
  • National
  • Opinions
  • Sport
  • Ticket Mag
Le Nouvelliste

© Le Nouvelliste 2026

Les sections du site

CultureEconomieÉditorialNational
OpinionsSociétéSportTicket

Les services

L'applicationContactez nousDeuilsPetites annonces
Annonces immobilièresToutes nos archivesRSS

Groupe Le Nouvelliste

Magik9Printemps de l'artTélé 20
Livres en folieArtisanat en fête
FacebookInstagramTwitterYoutube
Conditions générales d'utilisationPolitique de confidentialitéConditions générales d'abonnementSuppression de compte
FR|EN
Opinions

Rapports de puissance et souveraineté : la position d’Haïti face aux États-Uni

AD
Alceus Dilson, Communicologue, Juriste 

January 13, 2026 · Lecture : 3 min

🇫🇷Lire en français
Facade de l'ambassade d'Haïti aux Etats-Unis
Facade de l'ambassade d'Haïti aux Etats-Unis
Suivre sur Google Actualités

La position d’Haïti face aux États-Unis dans le système international contemporain s’inscrit dans un rapport de force asymétrique, caractéristique des relations entre une grande puissance et un État périphérique. Toutefois, cette asymétrie ne signifie pas une absence totale de marge de manœuvre pour Haïti. Plusieurs théories des relations internationales permettent de comprendre cette réalité et d’identifier des stratégies possibles pour la défense de l’intérêt national haïtien.

Haïti, en tant qu’État faible sur le plan militaire, ne peut rivaliser directement avec les États-Unis par la force. Cependant, le réalisme enseigne également que la survie d’un État dépend de sa capacité à défendre ses intérêts essentiels, même face à une grande puissance. L’absence de résistance ou de volonté politique affaiblit davantage la position d’Haïti, car dans la logique réaliste, un État qui ne défend pas ses intérêts devient un objet, et non un acteur, des relations internationales.

Une théorie de la dépendance, développée par des auteurs comme André Gunder Frank et Samir Amin, permet d’expliquer la relation structurellement inégale entre Haïti et les États-Unis. Haïti se situe dans une position périphérique, économiquement dépendante, tandis que les États-Unis occupent la position centrale du système.Cette dépendance économique et politique limite la capacité de négociation d’Haïti et favorise l’ingérence extérieure. Tant que Haïti ne cherche pas à réduire cette dépendance par la diversification de ses partenariats internationaux et le renforcement de son autonomie économique, elle restera vulnérable aux pressions diplomatiques et politiques 

300 × 250

Les États faibles peuvent survivre dans un système dominé par des grandes puissances en jouant habilement sur les équilibres régionaux et internationaux. Dans ce cadre, Haïti n’a pas besoin d’une armée surdimensionnée pour exister, mais d’une diplomatie stratégique capable de multiplier les alliances et de diversifier ses partenaires.

L’exemple du Venezuela illustre cette logique : face à la pression américaine, la résistance interne et le soutien externe ont permis au régime de maintenir son existence politique. Cette stratégie correspond à une forme de balancing indirect, où un État utilise des appuis diplomatiques, économiques et politiques pour contrebalancer l’influence d’une puissance dominante.

Nous pouvons déconstruire notre mauvaise conception avec les États Unis.

Le constructivisme, défendu par Alexander Wendt, insiste sur le rôle des idées, des représentations et des discours dans les relations internationales. En Haïti, l’idée largement répandue selon laquelle il serait impossible de s’opposer aux États-Unis constitue une construction sociale qui affaiblit l’action politique nationale.

Cette idéologie de la peur, intériorisée par l’élite et une partie de la population, limite la capacité d’Haïti à concevoir des politiques étrangères audacieuses. Or, si les identités et les intérêts sont socialement construits, ils peuvent également être déconstruits. Une redéfinition du discours national autour de la souveraineté, de la dignité et de l’intérêt national .Cependant, cette approche n’est efficace que si elle est soutenue par une vision claire de l’intérêt national. Sans projet politique cohérent, les institutions internationales deviennent des instruments de domination plutôt que de coopération.Dans le discours dominant occidental, la démocratie est souvent réduite à des procédures électorales. Or, du point de vue haïtien, la démocratie doit être redéfinie selon une approche substantive, proche des théories critiques de la démocratie.

Pour Haïti, la démocratie signifie :

• l’accès à l’emploi pour les jeunes,

• la sécurité publique,

• le contrôle effectif du territoire,

• l’existence d’une armée nationale forte et crédible.

Cette conception de la démocratie entre souvent en tension avec la vision promue par les États-Unis, ce qui explique de nombreuses incompréhensions diplomatiques.

À la lumière des théories des relations internationales, la relation entre Haïti et les États-Unis ne doit ni être perçue comme une fatalité ni comme une confrontation frontale inévitable. Haïti doit adopter une posture réaliste, réduire sa dépendance structurelle, déconstruire la culture de la peur, activer une diplomatie stratégique et redéfinir sa conception de la démocratie.

Haïti peut et doit négocier avec les États-Unis, non pas dans la soumission, mais dans la défense ferme et lucide de son intérêt national.

Suivez-nous sur WhatsApp
Etats-UnisHaitiCooperation

Lire aussi

Opinions4 novembre 2026

IA et éthique : un redoutable piège pour les pays du Sud

Opinions4 novembre 2026

Le secret de polichinelle

Opinions4 novembre 2026

Le monde universitaire et le barreau de Port-au-Prince en deuil : Me Claudette Belfont nous a quittés

Opinions3 novembre 2026

Nan kè nou tankou nan tèt nou: avni peyi a dwe jwenn plas li merite a…

Commentaires

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.

Les commentaires sont modérés avant publication. Votre e-mail n'est pas publié.